LES ANNIVERSAIRES
ne comportaient aucune affectation spéciale; le chapitre pouvait en disposer à son gré. Tantôt elles étaient destinées à un emploi parti* culier. C'est ainsi que l'abbé Isembert, mort en 1198, légua aux moines une rente de soixante-cinq sous, pour faire une pitance composée de flans et de sèches le jour anniversaire de son décès ^'K Un archevêque de Bordeaux ^*^ leur laissa au xiii* siècle, pour le jour commémoratif de sa mort, une pitance composée de « bon vin acheté dans la ville », et d'un générale de poisson et de fromage ^^\ De même un certain G. la Vilatte donna au chapitre une rente de cinq sous pour entrenir la lampe qui brûlait dans le cloître de l'aumônerie ^^K • Au xiv^ siècle, les anniversaires furent souvent célébrés avec un luxe extrême. Les cardinaux de Chanac ^^^ et d'Aigrefeuille ^^\ entre autres, laissèrent une rente importante pour être distribuée à tous ceux des moines assistant à leur office ; ils léguèrent en outre au chapitre des sommes considérables, qui furent 'employées, selon leurs intentions, à fonder des chapellenies, c'est-à-dire à payer des prêtres devant dire des messes à certains jours de l'année.
Toutes ces pieuses fondations s'étaient tellement multipliées, dès la fin du xii*^ siècle, que l'abbé Isembert, se trouvant dans l'impossibilité de les faire acquitter, institua une congrégation de douze prêtres séculiers pour les desservir ^"^K Les religieux de l'abbaye purent, malgré tout, être exceptionnellement titulaires d'une chapellenie. C'est ainsi qu'en 1401 l'un d'eux, Jean Botin, desservait la vicairie fondée
1. « Ad pistanciam faciendam cum fladonibus et cepiis ». Les sèches étaient une espèce de poisson assez estimée (Leroux-, op. cit.^ 1. 1, p. 21).