D'après les actes du ms. latin
3. Le dernier abbé qui, à notre connaissance, ait accordé une sociftaSy est l'abbé Hélie de Luys, en 1433 (Bibl. Nat., ms. lat. 5243, fol. 136 r©); mais ses prédécesseurs, sauf peut-être Guillaume de Ventadour, avaient déjà laissé tomber cet usage en désuétude.
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eu dès le moyen âge de nombreuses confréries; aujourd'hui encore, plusieurs subsistent, qui se relient par une suite presque ininterrompue d'usages et de traditions à celles du moyen âge. Les premières d'entre elles furent fondées dans la basilique de Saint-Martial. Nous ne pouvons donc les passer sous silence; mais nous ne nous attarderons pas à les étudier longuement, car un des érudits de Limoges, aux travaux duquel on est sans cesse obligé de recourir quand on s'occupe d'histoire limousine, M. Guibert, a complètement traité ce sujet dans un intéressant mémoire sur Les anciennes confréries de la basilique de Saint' Martial ^'K Nous renvoyons à ce travail les lecteurs que la question intéresserait spécialement.
La plus ancienne des confréries, dont le souvenir soit par\^enu jusqu'à nous, est celle dite du Luminaire devant le sépulcre, qui, selon un document contemporain ^^\ fut fondée par un certain Mathieu de... ? sous l'abbatiat de l'abbé Isembert (1174-1198). Elle avait pour but de concourir à la garde des reliques de saint Martial, et de contribuer à la solennité de son culte.
Une note de Bernard Itier nous apprend que, quelques années plus tard, en 1199, ^^^ confrérie dite des Oboles s'établit dans labasiHque ^'\ Devant le témoignage positif des deux textes que nous venons d'invoquer, il nous paraît impossible de faire remonter beaucoup plus haut l'origine de ces pieuses associations. Les plus anciennes ont été sans doute créées dans la seconde moitié du xii« siècle.
M. Guibert attribue à ces confréries un rôle considérable dans l'histoire politique de la ville. Elles ont été, à l'en croire, « la forme originaire de la commune du Château,... au moins le premier groupe laïque organisé, qui se soit constitué à l'ombre du clocher de Saint-
1. Extrait du Bulletin de la Soc. arcltéoL du Limousin (t. XLIII, p. 198 et ss.), et publié en volume à part (Paris, 1895).
2. Ce document est un de ces actes de societas, dont nous parlions quelques lignes plus haut. D'après sa teneur, « Ego, Isimbertus abbas, assensu tocius capituli,.. concessi... confratribus Luminarium ante sepulcrum omne spirituale beneficium ecclesie S. Martialis .... Hec sunt nomina confratrum : Matheus de ... [lacune], qui hanc confratriam incepit ...» [Suivent une douzaine d'autres noms]. Cet acte se trouve dans le ms. lat. 5243, de la Bibl. Nat. (fol. 88 vo)et a été publié par M. Guibert (op. cit. y p. loi).
3. « Confratria obolorum tune orta est » (Bernard Itier, éd. Duplès-Agier, p. 66),
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Martial » ; elles ont servi « pour ainsi dire de noyau à la future Commune » ^'\ D'après lui, les Confrères du Sépulcre <*^ s'entendaient âne pas saisir la justice du vicomte des différends qu'ils pouvaient avoir entre eux : ils nommaient des pacatoreSy sorte d'arbitres destinés à prévenir les procès, à a donner la paix » par leur médiation ^'\ Ils formaient entre eux comme une société de secours mutuels; ils s'assistaient dans leurs maladies et devaient en toutes circonstances se prêter aide et secours.
Nous devons faire une légère réserve sur cette théorie. Les confréries, nous le reconnaissons volontiers, ont eu une importance considérable. Si nous osions employer une expression moderne, nous dirions qu'elles ont essayé de résoudre certaines questions d'assistance et de prévoyance sociales. Mais nous ne croyons pas qu'elles soient intervenues effectivement dans les luttes acharnées, qui éclatèrent, à la fin du xii^ siècle, entre les bourgeois du Château, les vicomtes de Limoges et les abbés de Saint-Martial. Elles n'étaient pas en effet les seules associations existant dans la ville. A côté d'elles, se trouvaient les corporations des marchands, plus anciennes et plus puissantes. Ce sont elles sans doute qui se sont mises â la tête du mouvement populaire, et qui, avec l'appui de la monarchie anglaise, ont fondé la commune du Château,
Pendant tout le moyen âge, les confréries se multiplièrent à Saint- Martial, et furent très florissantes. Elles étaient environ au nombre d'une douzaine au xv^ siècle ^^\ Plusieurs d'entre elles, comme celle de Notre-Dame-du-Sauveur^^^ celle du Sépulcre ^^\ celle de la