‹ L'abbaye de Saint-Martial de Limoges;Chapitre 260 sur 470 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

DES CAUSES QUI, DEPUIS LE XIII^ SIÈCLE, AMENÈRENT LA DÉPRÉCIATION DU TEMPOREL DE L'ABBAYE

Des rentes perçues par l'abbaye.

Le patrimoine de l'abbaye ne s'accrut pas d'une façon notable à partir de la fin du xin* siècle. L'enthousiasme religieux, qui avait été si vif lors des croisades et qui avait porté les fidèles à faire tant de donations aux églises, s'était en effet calmé. La foi sans doute était encore très vive mais elle était moins agissante ^'\ et les Limousins, tout en conser\^ant au fond du cœur le plus profond attachement pour leur saint patron» ne le lui témoignaient guère d'une façon eifective. Ils ne faisaient plus aux moines de l'abbaye que des libéralités de moins en moins fréquentes.

On est frappé, quand on étudie le fonds de Saint-Martial aux Archives départementales de la Haute-Vienne, de voir que, jusqu'au xiii^ siècle, Ja plupart des pièces qui nous sont parvenues sont des actes de donations. Depuis cette époque, on ne trouve guère que des reconnaissances d'actes antérieurs, ou des pièces de procédure. Ces dernières même

I , Il est curieux de constater comment, à mesure que s'affaiblit l'esprit religieux, les papes s'efforcent de le ranimer en élevant le taux des indulgences. On le voit nettement dans les bulles accordées par le Saint-Siège à l'abbaye. Tout fidèle qui s'étant confessé et ayant communié, venait visiter dévotement le chef de saint Martial, lors des ostensions septennales, gagnait :

Au début du xiv« siècle, trois ans et trois quarantaines (bulle de Clément V, aux Arch. de la Haute-Vienne, liasse H 8946) ;

En 1343, sept ans et sept quarantaines (bulle de Clément VI publiée par ArbeUot, Doc, inédits sur Y apostolat de saint Martial , p. 198) ;

En 1605, dix ans et dix quarantaines (bulle de Clément VIII, copie de Legros, aux Arch. du Grand séminaire de Limoges, ms. n» 13, p. 705);

En 1684, enfin il lui était accordé une indulgence plénière (bulle d'Innocent X, aux Arch. de la Haute-Vienne, liasse H 8970).

deviennent de plus en plus nombreuses, à mesure que Ton avance dans les temps modernes. On en peut conclure, que si dans la première période les fidèles se montrèrent d'une très grande générosité en faveur du monastère, ils mirent ensuite fort peu de bonne volonté à acquitter leurs dettes. Il fallut donc fréquemment les y contraindre par des poursuites judiciaires.

Il existe des preuves positives permettant de montrer que, depuis le xiv^ siècle, le patrimoine du monastère, bien loin de s'accroître, diminua plutôt dans des proportions assez sensibles.

On peut, en effet, par l'examen de certains registres, comme les cartulaires ou les. censiers, se rendre un compte exact des rentes que l'abbaye percevait à différentes époques dans une même paroisse. Nous avons pu procéder à une étude comparative de ce genre pour les revenus de la prévôté de La Souterraine. Les Archives départementales de la Haute-Vienne en possèdent effectivement deux terriers, l'un composé en l'année 1392 ^'\ l'autre en 1755 ^^K

En faisant le total des rentes, cens, dîmes et autres produits mentionnés dans l'un ou l'autre de ces documents, on constate que si les revenus en argent étaient plus considérables au xviii* siècle, les redevances en nature par contre étaient beaucoup moindres. Voici du reste les chiffres exacts ^^^ : ,

Rentes en argent Redevances en seigle

— en avoine

— en froment

— en gelines

Terrier de 1392

Terrier de 1755

523 setiers 140 — *

360 setiers

* Dans quinze villages le prévôt percevait en sus .1 setier d'avoine par feu. ** Dans dix villages le prévôt percevait en sus i geline par feu.

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