‹ L'abbaye de Saint-Martial de Limoges;Chapitre 262 sur 470 · IJ · texte numérisé non relu

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Nous voyons par ces tableaux que, malgré une faible augmentation des cens d'argent, les revenus de la prévôté avaient notamment diminué au xviii*-' siècle.

Si le fait est relativement facile à constater, ses causes sont assez malaisées à découvrir. Nous constaterons tout d'abord que, sauf de rares exceptions, la quotité des cotes n a pas varié d'une façon appréciable d'une époque à l'autre ^". Un champ, par exemple, qui devait

I. C'est ainsi que dans la paroisse de Saint-Maurice, le prévôt percevait, au xiv* siècle, des redevances dans vingt-huit localités ; au xviiie siècle, les impositions établies dans seize d'entré elles n'avaient éprouvé que des variations insensibles. Voici par exemple quelques-unes des cotes relevées dans les deux terriers de 1392 et de 1755 :

argent. seigle. avoine. gelîne.

Cens perçus dans le vil-j xives. 12 sous 6 setiers, i quarte 2 setiers o

lage de Fressange ( xviii« s. 12 sous 5 setiers, 5 quartes 2 setiers i

Dans le village de la( xives. 5 1., 8 sous 2$ setiers i S setiers 5

Bosche J XYiiF s. 3 1., 8 sous 25 setiers i setier 2

Dans le village de Pom-| xives. 2 1., 4 sous 4 setiers émines 4 setiers o

mier , ( xviiic s. 2 1., 4 sous 4 setiers, 4 boiss. 3 setiers o

Dans le village du Ser-( xives. ï 8 sous 8 setiers 5 setiers 1

rier ( xYiii^ s. 18 sous 8 setiers 4 setiers o

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une redevance de 2 sous en 1392, est marqué généralement pour la même somme dans les comptes de 1755.

Les différences que présentent entre eux les deux terriers de La Souterraine, sont donc dues, soit à la création de rentes nouvelles, soit à la disparition de rentes anciennes. Nous voyons effectivement que bien des cens en argent, mentionnés dans le registre de 1755, ne le sont pas dans celui de 1392; ils ont donc été fondés depuis le xiv^ siècle, probablement pour constituer la dotation de tel ou tel anniversaire. Par contre, bien des propriétaires, qui devaient en 1392 abandonner au prévôt une part plus ou moins considérable de leur récolte, avaient pu se soustraire, nous ignorons comment, à ces obligations, et ne payaient plus aucun cens au xviii*^ siècle ^'\

Les constatations auxquelles nous sommes arrivés par Tétude des terriers de la Souterraine, pourraient se faire également par l'examen de bien d'autres documents. Les Gros Répertoires ^^^ de l'abbaye, euxmêmes, nous montrent cette diminution des revenus.

Presque tous les cens perçus par le chapitre au xviii^ siècle, remontaient au moyen âge. C'est à peine si, sur plus de 600 cotes, nous en avons rencontré une vingtaine qui aient été constituées après la sécularisation. L'abbaye, dès la fin du xiii^ siècle, était entrée dans une profonde décadence et les embarras pécuniaires qu'elle éprouva constamment, paralysèrent tous les efforts qu'elle put faire pour se relever.

Les Anglais furent cause en partie de sa ruine. Appliquant dans le Limousin les savants procédés de destruction qu'ils avaient déjà employés dans d'autres provinces, ils dévastèrent systématiquement le pays, rasant les bâtiments, brûlant les récoltes, coupant les bois, arrachant les ceps de vigne. L'abbaye eut à souffrir de leurs incursions comme tous les autres propriétaires. Comment pouvait-elle, en effet, exiger le paiement de cens établis sur des maisons qui avaient été démolies ^'^ ?

1. Pour nous servir du même exemple que précédemment, douze localités sur vingt-huit avaient trouvé moyen, au xviiic siècle, dans la seule paroisse de Saint-Maurice, de ne plus payer aucune redevance au prévôt. Cette proportion est très forte et sans doute supérieure à la moyenne.

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