Arch. de la Haute- Vienne, reg. H 9469 et
3 . On voit à plusieurs reprises dans les Gros répertoires, cette mention apposée sur la page où était inscrit le cens qu'une maison devait payer : « On n'a pu la trouver ». Cette maison avait été effectivement démolie.
Et s'il était encore possible de relever ces maisons dans un espace de temps relativement restreint, les cultures ne pouvaient être reconstituées aussi rapidement.
Bien des vignobles disparurent complètement à cette époque, et les cultivateurs, ruinés sinon découragés, n'eurent pas les moyens de replanter de nouveaux ceps ^'K Ces terres restèrent donc en friche pendant de longues années, et l'abbaye ne pouvait raisonnablement percevoir des redevances gagées sur des récoltes qui n'existaient pas. Par une conséquence directe des malheurs de la guerre, elle perdit donc dans les temps troublés du xiv^ et du xv^ siècles, une boni., partie de ses revenus.
Des difficultés rencontrées dans la perception J/\'. cens.
Plus on se rapproche des temps modernes, plus la configuration du sol change ; bien des grands domaines ont été vendus ou partagés, des terres naguère improductives ont été défoncées. L'on conçoit que dans ces conditions les cens soient souvent très difficiles à percevoir, car la matière imposable se modifie constamment.
Beaucoup de gens soutiennent aujourd'hui que la petite propriété n'existait pas au moyen âge, ou qu'elle était au moins très rare. Nous ne pouvons partager cette opinion. Chaque lopin de terre était sans doute sous la « directe » de quelque grand seigneur ou de quelque communauté ; il faisait ainsi partie — nominalement tout au moins — de quelque grand domaine. En réalité, il était possédé par un petit cultivateur qui était indépendant, sous la seule réserve de payer régulièrement à son suzerain les droits féodaux ou autres.
La petite propriété était donc constituée en fait, avant de l'être en droit et elle existait concurremment avec la grande, qui n'avait point encore disparu. On est même étonné, en étudiant certains terriers, de voir à quel degré la propriété était morcelée. Voici par exemple un terrier des revenus de la prévôté de Rosier en 1468 ^^K
1 . Les Gros Répertoires indiquent fréquemment que telle terre était « pour lors » un champ ; mais qu'elle avait été autrefois plantée en vigne.