‹ L'abbaye de Saint-Martial de Limoges;Chapitre 264 sur 470 · Conservé aux Arch. de la Haute-Vienne, reg. H · texte numérisé non relu

Conservé aux Arch. de la Haute-Vienne, reg. H

Cette prévôté était située dans le Haut-Limousin, non loin des confins du Périgord, dans un district assez pauvre et exclusivement agricole. Ses tenanciers étaient pour la plupart des paysans peu fortunés. Chacun d'eux néanmoins possédait en moyenne 3 ou 4 parcelles, au sujet desquelles il devait payer des redevances au prévôt ^'^ et sans doute, il en possédait d'autres encore relevant des divers seigneurs du pays.

Ce morcellement de la propriété était dû certainement pour une part au régime successoral de la province. On voit, en effet, par les actes, à quelle complexité donnait lieu parfois le partage de certaines successions ^^\ A l'occasion de Tune d'elles, par exemple, le chapitre, donna en 1491 a l'investiture de la moytié de la cinquiesme partye de la moytié » du village de Pouillac, dans la paroisse de Lubersac ^'\ Le nouveau propriétaire dut donc payer aux moines la moitié de la cinquième partie de la moitié des redevances auxquelles étaient taxé le village. On ne doit pas s'étonner si l'abbaye, en présence de ces complications inextricables, eut fréquemment à soutenir des procès contre les censitaires qui voulaient se dérober à l'obligation de payer leurs cens.

Ces difficultés, pour déterminer la matière imposable, se compliquaient encore de la diversité des mesures. On sait que chaque localité, chaque seigneur, chaque monastère, avait ses mesures, qui variaient souvent dans des proportions très considérables. Nous connaissons les rapports qui existent entre elles et les unités du système métrique, grâce aux tableaux de concordance dressés en l'an VII dans chaque département, sur l'ordre du ministre de l'Intérieur.

La mesure de capacité la plus employée dans le Limousin était le setier, qui se divisait en deux hémines, quatre quartes et douze coupes. La mesure de superficie courante était la séterée, qui représentait plus

1. Le prévôt exactement percevait des cens sur 232 parcelles, que possédaient soixante-cinq tenanciers. Chacun d'eux possédait donc en moyenne 3 parcelles 1/2.

2. Les Gros Répertoires montrent que les mutations de la propriété immobilière à Limoges, étaient fréquentes dans les trois derniers siècles. On voit par les noms des différents propriétaires que les terres, et surtout les maisons, n'étaient pas, comme on Ta cru, religieusement conservées de père en fils dans la famille, et qu'elles étaient vendues souvent à des étrangers.

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