‹ L'abbaye de Saint-Martial de Limoges;Chapitre 312 sur 470 · LKS ANCIENS BATIMENTS CLAUSTRAUX · texte numérisé non relu

LKS ANCIENS BATIMENTS CLAUSTRAUX

quand un verrier venait vendre sa marchandise, « en la place vuydede la claustre qui est terre saincte », le sacristain commençait par sattribuer « le plus beau verre de la charge » ^'\ Ces droits étaient autant d'entraves pour le commerce ; aussi les consuls firent-ils tous leurs efforts pour les faire supprimer et évincer peu à peu Tabbaye.

Ils y réussirent, croyons-nous, dés la fin du xv^ siècle. On les voit en tout cas, dans un acte de 1527, agir comme s'ils étaient les propriétaires de l'immeuble. Un certain sieur Sandelles voulut, cette année-ld, faire consolider quelques piliers du cloître, qui étaient « pourris et corrompus », et menaçaient a de faire tomber en décadence » sa maison, appuyée en partie contre eux. Il s'adressa aux consuls qui l'autorisèrent à faire procéder aux travaux nécessaires, et lui imposèrent en retour l'obligation d' a entretenir ledict cloistre du blé, couvert en bon et compectant estât » ^^\ Les consuls devaient donc dès cette époque, et probablement depuis bien des années déjà, avoir racheté à l'abbaye son ancien cloître.

Le marché au blé fut changé de place à la fin de l'ancien régime, car il présentait de très sérieux inconvénients» Il était d'abord devenu trop étroit eu égard aux besoins grandissants de la population de Limoges; il n'avait ensuite que peu de dégagements; il était enfin entouré de maisons qui favorisaient toutes sortes de fraudes. Dès le XVI*' siècle, en effet, des vendeurs peu scrupuleux avaient imaginé de cacher leurs grains dans ces maisons avant l'ouverture du marché, et de ne les offrir aux acheteurs que quand la rareté des arrivages avait fait hausser les cours '^\ La municipalité hésita longtemps à prendre un parti. Elle fut pourtant obligée de se décider subitement, quand une portion du cloître se fut écroulée en 1774. Elle vendit alors l'immeuble qui ne tarda pas à être démoli, et installa a provisoirement » le marché au blé sur la place des Carmes. Ce « provisoire », comme il arrive souvent, a duré un siècle, de 1776 à 1875 ^^K

1. Terrier de la sacristie aux Arch. de la Haute- Vienne, reg. H 5491, fol. i et ss.

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