CHAPITRE m LA BIBLIOTHÈQUE DE L/ABBAYE
Son entrée à la Bibliothèque du Roi,
Tandis que la basilique du Sauveur et les bâtiments claustraux ont été malheureusement démolis au siècle dernier, tandis que le trésor de l'abbaye a été dispersé dès le moyen âge, nous possédons par un rare bonheur la majeure partie de l'ancienne bibliothèque des moines ^"\ A la suite de diverses péripéties, que nous allons rapporter brièvement, elle fut acquise au siècle dernier par l'abbé Bignon, bibliothécaire du Cabinet du roi. C'est grâce à cette heureuse circonstance qu'elle a dû d'échapper aux dangers de la tourmente révolutionnaire*
Après la sécularisation de l'abbaye, les chanoines laissèrent, pendant plus d'un siècle, leur riche collection à l'abandon. Ils finirent pourtant par soupçonner qu'elle avait une grande valeur, et, toujours à court d'argent, résolurent de s'en défaire. Baluze, ayant eu vent de leurs projets, manifesta aussitôt le désir de l'acquérir pour le compte de Colbert dont il était alors bibliothécaire ^^\ Les chanoines acceptèrent avec empressement ses ouvertures. Ils firent composer un catalogue par le R. P. Bonaventure de Saint-Amable, et l'envoyèrent à Baluze. Celui-ci, s'imaginant que « l'envoi du catalogue équivalait à la donation des manuscrits», s'empressa de remercier les chanoines de la part de Colbert.
Les chanoines furent stupéfaits. Ce n'était pas ainsi qu'ils avaient entendu l'aiîaire! Après mûres réflexions, ils se décidèrent à écrire
1. M. Delisle a étudi<i la bibliothèque de Saint-Martial en divers passages du Cabinet des manusertis de la BibliotJ)èque impériale (notamment 1. 1, p. 388 et ss.),et dans un mémoire publié dans le Bîdletin de la Soc, arcltéoL du Limousin, t. XLIII, p. i et ss.