‹ L'abbaye de Saint-Martial de Limoges;Chapitre 340 sur 470 · Évêque de Limoges de 1140a · texte numérisé non relu

Évêque de Limoges de 1140a

Lastours intervint, soi-disant pour défendre le bourg, et saisit ce prétexte pour lever de lourdes taxes sur les habitants ^'\

Quelques années plus tard ^*\ en 1183, les routiers, après avoir dévasté le Périgord et le Limousin, se répandirent dans la contrée, sous la conduite d'un des leurs, le fameux Mercadier, dont M. Géraud a raconté naguère la vie ^'\

C'était la veille de la fête de saint Pardoux (5 octobre); une foule nombreuse, venue de la campagne avoisinante, se pressait en habits de fête dans le bourg d'Arnac, et devisait gaîment de la solennité du lendemain. Tout à coup une rumeur s'éleva dans le peuple : a Les routiers! les routiers! »,cria-t-on de toutes parts. Ces mots, répétés de bouche en bouche, semèrent aussitôt l'épouvante et la terreur; chacun s'enfuit au plus vite, et en quelques instants il ne resta plus personne dans les rues. La nouvelle était vraie. Les routiers étaient effectivement dans le pays, et s'avançaient. Ils ne firent heureusement que traverser Arnac, et allèrent un peu plus loin assiéger le château de Pompadour. Mais ils surent au passage extorquer du prévôt une forte « rançon », pour racheter soi-disant du pillage le bourg et le monastère. Le prévôt dut s'exécuter : il paya 3 2 livres aux trois chefs de bande : Mercadier, Constantin de Born ^^^ et Raoul de Castelnau ^^\ et donna en plus quelques sous pour obtenir la délivrance de certains de ses hommes qui avaient été faits prisonniers. Pour réunir une aussi forte somme, le prévôt dut lever sur les habitants des tailles extraordinaires. Mais les routiers auraient peut-être encore élevé leurs exigences, s'ils n'avaient été obligés de quitter le pays, pour ne point être attaqués par les troupes du roi d'Angleterre Henri II ^^K

1. Geoffroy de Vigeois, éd. Labbe, Nova Bibl. mss., t. II, p. 320.

2. Il nous faut mentionner qu*en 11 79 Tévêque de Limoges termina par un arbitrage un différend existant depuis de longues années entre le prévôt d'Arnac et l'abbé de Dalons, au sujet de quelques dîmes (Geoffroy de Vigeois, éd. Labbe, Nova Bibl. mss.y t. II, p. 325).

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