Chabrignac, ce du c»" de JuîUac, arr. de Brive, Corrèze
4. Lecointe dit que la généalogie et le testament de saint Yrieix « nullius sunt fidei » {Annales ecclesiastici Francorum, t. II, p. 393).
5. M. Pardessus a réédité ce testament dans ses Diphmata(x, I, p. 136), et M. l'abbé Arbellot en a donné une traduction *et un commentaire dans le BtilL de la Soc, arclieoL du Limousin (t. XXIII, p. 175 etss.).
6. Arbellot, Livre des miracles de S. Martial^ p. 10 et éd. des Acta sanctorum, t. V de juin, p. 554, no 12.
7. « Cum quodam tempore Clotharius, rex Francorum, in suo regimine consisteret, et pontifex Lemovicum civitatis defunctus fuisset, secundum consuetudinem ad venerabile sepulcrum
sépulcre de saint Martial, appelé Loup, et deux autres prêtres. Les candidats se rendirent à la cour du roi Clotaire II ^'^ mais Loup ne trouva personne qui consentit à présenter sa requête au prince. Sur ces entrefaites le fils du roi tomba gravement malade. Ses jours furent en danger. La mère éplorée se consumait en vain dans le jeûne et la prière ; elle désespérait déjà, quand un songe lui révéla que son fils serait guéri par un prêtre de Saint Martial. La reine fit immédiatement rechercher s'il ne s'en trouvait aucun à la cour. Loup se présenta, il guérit l'enfant et Clotaire plein de joie le nomma sur-le-champ évêque. Loup revint en Limousin, les mains chargées de présents, rapportant notamment un calice d'or que lui avait donné le prince et qui se voyait encore dans le trésor de saint Martial à l'époque où écrivait l'auteur du miracle auquel nous empruntons ce récit, c'est-à-dire au viii^ siècle probablement ^^\
Cette anecdote est curieuse, non pas tant parce qu'elle relate une des plus anciennes mentions des clercs de Saint-Martial, mais parce qu'elle nous montre comment étaient nomriiés les évêques de Limoges au VII* siècle. Le clergé auquel le peuple était associé — nominalement surtout, — élisait plusieurs candidats, entre lesquels le roi choisissait. C'était du reste un usage habituel dans la plupart des diocèses, sous la dynastie mérovingienne.
Vers l'époque où Loup fut nommé au siège épiscopal de Limoges, un enfant du pays porta au loin le culte de saint Martial. Saint Éloi, cet humble artisan, qui devint un des principaux conseillers du roi Dagobert, était né, en effet, à Limoges. Dès sa jeunesse, alors qu'il n'était encore qu'un simple ouvrier attaché aux ateliers monétaires de la Cité, il témoignait déjà d'un profond amour pour le saint patron
s. Martialis concives ejus urbis deprecantes venerunt, ut quem in ipsa urbe ad episcopatus culmen ordinare deberent ostenderet. Sic cis visuin fuit ut matricularium, qui et custos sepulturse ejusdem erat, ad ipsum regem dirigèrent et nomina conscripta de duobus sacerdotibus, compresbyteris ejus, cum honore regio mitterent, et quem ipse vel optimates sui consentiebant, ipsum in prefata urbe secundum pastorale officium surrogaret » {Acta sanctonim, t. V de juin, p. 554).
1. lî s'agit bien du roi Clotaire II (sSjféiS), car ce Loup a contresigné en qualité d'évôque de Limoges le diplôme de fondation de Tabbaye de Solignac en 631 (Pardessus, DiplomatUy t. II, p. II à 13).
2. Acta sanclorum, t. V de juin, ^). 555. L'abbé Arbellot (Livre des miracles de saint Martial^ p. 10) a publié une seconde version un peu différente de celle qu'ont donnée les Acta,
de sa ville natale. Qjiand il arriva plus tard au pouvoir, un de ses premiers soins fut de faire restaurer magnifiquement l'église de Saint- Martial à Paris ^'\ Il y transporta des reliques du saint et celles-ci, à en croire la tradition, protégèrent miraculeusement l'édifice, menacé un jour par un violent incendie ^^\
Dans le même siècle, il est encore parlé du sépulcre de saint Martial, à propos d'un événement tragique qui se rattache à l'histoire générale du Limousin.
Au temps où Ébroïn était maire du palais, un certain duc Loup ^'^ se révolta dans le Midi et parvint à se faire proclamer prince de Toulouse et de Gascogne. Au moment de se mettre en campagne contre les princes francs, il voulut s'assurer par lui-même de la fidélité des villes de ses États. Il s'en vint donc à Limoges et, en entrant dans la Cité, il fit mander l'évêque et les habitants, et leur ordonna de lui prêter serment ^^\ Il alla ensuite visiter le tombeau de saint Martial et remarquant un ceinturon doré, orné de pierres précieuses ^^\ qui avait été offert au saint, il le trouva à sa convenance et s'en empara. Il sortait de la crypte emportant le fruit de son larcin, quand un habitant de la ville nommé Proculus, qui l'avait observé en silence, lui porta à la tête un grand coup d'épée. Le duc Loup, se sentant grièvement blessé, ordonna aussitôt de panser sa blessure avec l'huile qui brûlait dans la lampe suspendue devant le sépulcre. On déféra à ses ordres, mais l'huile était à peine répandue dans la plaie qu'elle s'enflamma et le duc expira sur-lé-champ, dans d'horribles souffrances '^^
1. « ... Edificavit etiam immoque renovavit basilicam in honore S. Martialis ... plumbo cjus coopeniit tecta... » (Vie de saint Éloipar saint Ouen, Recueil des Hist. de Fratu^y t. III, p. 555). Cette église s'appela dans la suite Saint-Éloy (Lebeuf, Histoire de la ville de Paris, nouv. éd.,
t. in, p. 376).