Voir ci-dessous, p. 43 et ss
4. Selon M. Tabbé Roy-Pierrefitte, Waïffre fut inhumé dans un sarcophage de granit « que V ignorance populaire dénomma depuis totnheaude Tève-le-Duc ». Avant lui, M. Grellet-Dumazeau, dans un mémoire paru en 1847 {BuîL de la Soc. archéol. du Limousin, t. II, p. 73), avait prétendu montrer par une démonstration rationnelle, que le mot Waïffre avait dû devenir Tève en dialecte limousin !
relations bien amicales. La conduite du roi Pépin en est même la meilleure preuve.
Vers Tan 763, en effet, Waïffre se révolte pour la deuxième fois. Pépin accourt à la tête d'une nombreuse armée, il ravage l'Aquitaine, assiège Limoges qui refusait de lui ouvrir ses portes, et après s'être emparé de la ville, rase ses murailles **\ Les continuateurs de Frédégaire auxquels Adémar de Chabannes a emprunté cet épisode, ne font aucune allusion au pèlerinage de Saint-Martial, situé, nous l'avons vu, à une certaine distance de la ville. Le roi Pépin n'aurait certainement pas manqué de le détruire de fond en comble, si Hatton et Altargerius y avaient été enterrés ; or nous savons au contraire, par une addition d'Adémar à cette même chronique, que, quand Pépin revint pour la quatrième fois en Aquitaine deux ans plus tard, il repassa par Limoges et fit de nombreuses libéralités à Saint-Martial. Il lui donna notamment la villa de Vaury **^ ; il lui fit encore un cadeau plus remarquable, la propre bannière de Waïffre, dont il s'était emparé dans une bataille ^^\
Comment douter dès lors que les clercs de Saint-Martial, bien loin de recevoir dans leur église les sépultures des ducs d'Aquitaine, n'aient appartenu au parti franc, ou au moins qu'ils n'aient conser\'é en sa faveur une neutralité assez bienveillante pour que Pépin les en récompensât en leur donnant la bannière de Waïffre, les dépouilles d'un de ses plus implacables ennemis ?
Les événements politiques firent changer plusieurs siècles plus tard les dispositions des moines de Saint-Martial. Qjiand la féodalité eut morcelle l'empire de Charlemagne en une série de grands fiefs quasi indépendants, l'abbaye fut rattachée, comme le Limousin, au duché d'Aquitaine. Les comtes de Poitiers la prirent dès lors sous leur
1. [Rex Pipinus]... « pervcnit usquo Lemovicas, et quia non eum susccperuni Lemovicenses in pace, fortiter expugnans cepit ipsam civitatera et muros ejus destruxit... » (Adémar de Chabannes, Chronique, \. I, chap. 58, éd. Chavannon, p. 60).