‹ L'abbaye de Saint-Martial de Limoges;Chapitre 69 sur 470 · Voir ci-dessus, chap. III · texte numérisé non relu

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l'abbé odolric 75

Les légendes qui couraient sur Tapostolicité .de saint Martial rehaussaient la gloire du saint, et par là môme Timportance du monastère ; les évoques en prirent donc ombrage. Pendant de longues années ils cherchèrent à combattre les prétentions des moines, et les relations entre l'abbaye et Tévêché devinrent de plus en plus tendues. On vit enfin en 1019 Tévêque Géraud se refuser à l'installation de l'abbé Hugues ; mais, la population du Château s'étant mutinée, il fut oWigé de céder devant elle^"\ La mort l'empêcha de prendre sa revanche. Son successeur, l'évêque Jourdan fut résolu à saisir la pre» mière occasion pour le venger. Elle ne tarda pas à se présenter et, dès 1023, l'orage éclata.

A cette date, les moines de Saint-Martial voulurent donner une consécration officielle aux légendes recueillies par le pseudo-Aurélien, et ils décidèrent de placer dans leurs livres liturgiques leur saint patron au rang des apôtres, au lieu de le laisser, comme auparavant, parmi les confesseurs. Cette innovation amena immédiatement des protestations indignées de l'évêque Jourdan et des chanoines de sa cathédrale ^^K Ils n'avaient pu jusqu'alors empêcher les pèlerins de se répéter de bouche en bouche les fables de l'apostolicité ; ils n'avaient pu interdire aux moines de recueillir ces fables, et d'écrire la vie de leur saint. Trouvant enfin un prétexte pour intervenir, ils le saisirent avec joie, et, comme il n'était point tenu compte des observations épiscopales, ils saisirent de la question le duc Guillaume IIP'^ d'Aquitaine, qui convoqua, la môme année un concile à Poitiers. Le concile, sur la foi d'un vieux manuscrit et sur la prétendue opinion du pape Grégoire le Grand, décida que saint Martial devait être placé parmi les apôtres ^*\

L'évêque de Limoges ne se tint pas pour vaincu. C'est en effet, selon

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