Labbe, ibid., col
2. « Eodem modo sanctum Frontonem possumus dicere apostolum » (Labbe, ibid., col. 121 8). Les plus chaleureux partisans de Tapostolicité n'ont jamais fait grand cas des preuves apportées au concile de Limoges. M. Tabbé Duchesne a pris la peine de les étudier une à une, et il a conclu avec raison que toute l'argumentation reposait sur la légende Aurélienne (Annales du Midi, t. IV, 1892, p. 328).
3. « Bonum est eum dici apostolum, quamvis non raalum sit dici confessorem » (Labbe, Concilia, t. XI, col. 123 1).
4. L'archevêque de Bourges terminait son discours en ces termes : « Nihil itaque jam aliud restât quam ut a nobis hic, in conspectu concilii, publica damnentur excommunicatione quicumque derici de omnibus comprovincialibus nostris ulterius post hoc concilium repugnanti animo beatum Martialem, doctorem primum Aquitaniae, in alio quam in apostolorum ordine et memoria enunciaverint » (Labbe, ibid,, col. 1236). Grâce à l'intervention de l'évéque de Limoges, Jourdan, ces paroles menaçantes ne furent pas mises à exécution.
8o l'abbé odolric
qu'il fallut recourir à Tintervention pontificale et aux décrets successifs de six conciles, pour les faire accepter. Elles n'en triomphèrent pas moins d'une façon absolue ; l'Église avait parlé, chacun se soumit, jusqu'au jour où les érudits reprirent, au xvii* siècle, l'étude et la discussion des textes.
Dans ce même concile de Limoges fut traitée une seconde question autrement intéressante et profitable pour le bien général de l'Église et de la société : celle de la trêve de Dieu.
Depuis la fin du x* siècle, les évêques et les abbés du centre et du midi de la France s'étaient proposés de mettre un terme aux guerres incessantes qui dévastaient la contrée. Ils s'étaient réunis dans des synodes provinciaux, et avaient essayé d'intimider les belliqueux seigneurs de leur temps par la menace des foudres spirituelles. A Charroux, en 989, ils excommunièrent ceux qui portaient atteintes aux biens des pauvres et des laboureurs ; à Narbonne, en 990, ils poursuivirent les nobles qui osaient ravager les domaines des gens d'église ^**; nous avons vu comment, en 994, ils essayèrent, sous l'impulsion de l'évêque de Limoges et de l'abbé de Saint-Martial, de faire promettre aux seigneurs de garder la paix entre eux ^^\ Mais ces mesures ou ces promesses étaient restées inefficaces, et dans plusieurs autres conciles des dispositions nouvelles furent arrêtées : au Puy en 998, à Poitiers en Tan 1000, à Elne en 1027, à Bourges en 105 1, à Limoges, enfin quinze jours plus tard ^'\
D'après le témoignage d'Adémar ^^\ ce dernier concile aurait été tenu dans le seul but de ramener un peu d'ordre et de tranquillité dans toute la province. Aussitôt que la question de l'apostolicité eut été tranchée, l'abbé Odolric se leva, et prenant la parole il prononça en faveur de la paix de Dieu un discours éloquent ^^\ Il demanda aux évêques présents de contraindre les seigneurs, par la menace d'une
1 . Nous empruntons ces détails au livre de M. Sémichon, La Paix et la Trêve de Dieii,