Comme en font foi les récits des Ostensîons
2. « ... Capsam ex ebore preclaram Iterius de Crosent ipsis dédit, qua reliquie conderentur... » (Geoffroy de Vigeois, éd. Labbe, Nova BihL mss., t. II, p. 314).
3. a ... Richardus ... annulo s. Valérie decoratur novusque dux ab omnibus proclamatur » (Geoffroy de Vigeois, t. II, p. 319).
4- « Crematum est castrum Lemovicense et monasterii navis cum clocario et omnia signa corruerunt » (Bernard hier, éd. Duplès-Agier, p. 56. Geoffroy de Vigeois, éd. Labbe, ibid,y p. 318).
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gent, et la bibliothèque s'accrut de plusieurs manuscrits tant sacrés que profanes ^'\
L'abbé s'occupa surtout de rétablir les finances de son abbaye, qui étaient loin d'être prospères lors de son avènement. A cette époque en effets elles étaient obérées de 18.000 sous, et plusieurs prieurés comme ceux de Roussac, de Verneuil, ou de Roziers, devaient également des sommes considérables ^^\ L'abbé Pierre trouva moyen de liquider cet arriéré. Il laissa même en mourant une somme de 40 livres pour célébrer son anniversaire et une dizaine de marcs d'argent pour acquérir divers ornements sacerdotaux ^^K
Pour remettre en état les affaires de l'abbaye, l'abbé Pierre, au risque de mécontenter les populations, dut se montrer très exigeant dans la perception des droits féodaux. Aussi à la fin du carême de l'année 1171 ^^\ les bourgeois de La Souterraine ^^^ refusèrent de payer la taille qui venait d'être augmentée, probablement pour subvenir aux frais de la reconstruction de leur église. Excités par le comte de la Marche, Adalbert, ils soutinrent leurs prétentions les armes à la main, et commirent maints actes de violence. L'abbé Pierre accourut au secours du prévôt, son neveu Aymcric; mais ni l'un ni l'autre ne purent comprimer la sédition, et, en désespoir de cause, ils durent s'adresser au roi de France et lui demander son appui. Les bourgeois, fort effrayés par cette nouvelle, se préparèrent à la résistance et fortifièrent le clocher de leur église. Ils n'en furent pas moins obligés de céder devant l'intervention royale; ils durent faire leur soumission à l'abbé et lui payer les redevances accoutumées. Lors de cette révolte, un moine de l'abbaye, nommé Raymond, trouva la mort, mais ses assassins ne purent être découverts ^^K
1. Continuateurs de la Commémoration éd. Duplès-Agîer, p. 12. Geoffroy de Vigeoîs, éd. Labbe, Nova BibL mss., t. II, p. 313.
2. Continuateurs de la Commémoration p. 11. Geoffroy de Vigeois, p. 313.
3. Continuateurs de la Commémoration p. 12. Geoffroy de Vigeois, p. 314.
4. Geoffroy de Vigeois n*a pas donné la date de cette révolte, mais il a indiqué que, cette année-là, le lundi après Pâques tombait un 29 mars, ce qui à cette époque n'eut lieu qu'en l'année 1171.
5. La Souterraine, ch.-I. de c»" de l'arr. de Guéret, Creuse.
, 6. « Burgenses de Subtcrranca ad invicem juraverunt, ut nullum omnîno darent explctum, quod vocatur taillada. Agebant vero ista consiliis comitis Audeberti, qui pro lucro deput^bat dis-
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A la fin de mars 1174, Tabbé Pierre tomba gravement malade. Il voulut dire encore la messe sur le tombeau de saint Martial, au jour anniversaire de la fête du saint, le 30 juin. Ce fut la dernière cérémonie à laquelle il parut ; il mourut en effet peu après le 3 des ides de septembre (11 septembre) de la même année, après une émouvante confession publique ^'\ Il fut enterré dans le cloître, à côté du mur du chapitre, et enseveli avec sa chasuble et sa crosse ^^K Selon la coutume, le peuple eut accès dans Tabbaye et put assister à la cérémonie des funérailles •'\
Les derniers moments de Tabbé Pierre furent attristés par une révolte des bourgeois du Château. Henri Plantagenôt, comme on se le rappelle, avait rasé les fortifications de la ville en 1152^^^ Les bourgeois, à qui Tabbé Amblard avait ordonné quelques années auparavant de les construire à leurs frais, ne voulurent point recommencer une seconde fois une pareille dépense et s'adressèrent à l'abbé Pierre. L'abbé, déjà très malade, hésitait à prendre un engagement. Pour forcer sa volonté, les bourgeois s'insurgèrent, coupèrent la source qui alimentait le Château et l'abbaye, s'emparèrent de plusieurs sergents ou serviteurs de l'abbé ^^\ Nous ne savons comment cette révolte fut apaisée ; toujours est-il que les fortifications de la ville furent rétablies peu après ^^\
sidium taie. Cumque abbas et Aymericus nepos ejusdem et prepositus ... rem aliter non possent comprimere, expetunt regem. Burgenses perterriti clocarium munierunt, feria II* hebdomade Paschalis que fuit rv kalendas apriiis .,. Abbas expetit regem, qui eos valde oppressit ; sicque coacti, servitia monachis solita reddunt «(Geoffroy de Vigeois, t. II, p. 318). Voir pour plus de détails au mot La Souterraine dans la liste alphabétique des prieurés dépendant de Tabbaye (V« partie).
1. Geoffroy de Vigeois, t. II, p. 321. Continuateurs de la Commemoratio, éd. Duplès-Agier, p. 12.
2. La crosse avait une hampe si longue qu'il fallut la couper pour la faire entrer dans le cercueil (Geoffroy de Vigeois, éd. Labbe, Nova Bibl, mss.y t. II, p. 321).
3. • Tune ... claustrum ingreditur sexus utriusque popuU multitudo, secundum quod in tumulatione proprii abbatis consuetudo usurpa vit antiqua » (Geoffroy de Vigeob, ibid.).