C.lielie l'i.ir.' Iiiiliciidj
Eglise de Saint -Martin -aux -Bois
Porte de la sacristie.
l'abbaye de saint-martin-aux-rois 35
niche à ciel en coquille abrite une fort belle statue en pierre : la Vierge portant TEnfant Jésus sur le bras gauche. Au socle en cul-delampe qui reçoit la Vierge est accolé un écu aux armes de Baudereuil, tenu par deux anges. Deux chambranles appuyés sur des dragons, ornés de choux et terminés par une corniche à la naissance du cintre, encadrent la niche.
Des ornements enbalustre, reliés entre eux, surmontent le tout. Un dé supporte ceux qui font suite aux chambranles ; celui du milieu repose directement sur le cintre de la niche.
Contre ces chambranles sont des pilastres. Sur chacun de ces pilastres, adroite et à gauche delà coquille, est un ange debout avec un phylactère. L'un a les mains croisées; l'autre, les bras.
Pour atténuer d'un tiers la hauteur de la niche, on a ménagé de chaque côté un panneau encadré par des dés couverts d'arabesques. Quatre statues mutilées et sans têtes s'y dressent, deux sur les dés et deux sur les panneaux, tout près des contreforts. Sur le dé à la droite de la Vierge, un personnage ailé tient la main gauche appuyée sur im écu aux armes de Baudereuil. Sur le dé qui lui fait pendant, un autre personnage ailé tient devant lui un écu écartelé au i , 4de Baudereuil, au 2,3 de Tabbaye : d^ hermine à la fasce d^a^iir ehargée de trois fleurs de lis d'or. Sur les panneaux, les personnages méconnaissables semblent porter l'unune crosse, et l'autre, une croix dont il ne reste que les hampes. \J\-\ énorme chou remplit le haut des panneaux. Au bas sont deux moines au service de Tabbé, dans les offices solennels. L'un tient un bassin, une aiguière et une serviette. L'autre portc-t-il des baguettes, un cordon, une burette ? La statue est trop détériorée pour qu'il soit possible de se prononcer.
Cet ensemble de huit statues, qui ont tout Tair tic figurer des chevaliers de Notre-Dame, aussi bien cpicdcs
pages ou serviteurs de l'abbé, donnait au portail de la sacristie un caractère imposant. Il formait un splendide tableau en relief sur le plein du mur. Ce n'est plus, hélas ! qu'une ruine.
La porte en chêne sculpté n'apasété moins soignée. Elle était à l'origine composée de cinq longs panneaux dont les deux extrêmes plus étroits. Six pilastres leur servaient d'encadrements. Une corniche en anse de panier, ornée de feuilles dressées, couronnait Tensemble. L'un des panneaux sur lequel était la serrure a été détruit et remplacé par une planche unie. Deux pilastres ont en même temps disparu.
Trois de ceux qui restent sont décorés de cordons et de lanières fleuronnés. Sur le quatrième, le plus éloigné des gonds, on remarque, dans la partie supérieure, quatre calices superposés, surmontés d'hosties timbrées d'une croix, et, à la partie inférieure, une cordelière. Les trois pilastres du milieu ont chacun à leur sommet un enfant ou petit page, la main appuyée sur un écu.
Le panneau qui, primitivement, occupait le centre, porte en bas relief trois sibylles dans trois niches à coquille, disposées verticalement. Les sibylles, on le sait, sont des femmes qui ont vécu au sein de la gentilité et que l'on a considérées comme des prophétesses. Celle du bas, la sibylle d'Hellespont, tient de la main droite une branche de rosier fleuri, symbole de l'Incarnation; celle du milieu, la sibylle de Cumes, porte sur le bras une serviette et un gâteau, emblème de l'âge d'or prédit par le prophète Isaïe(i) et chanté par Virgile (2).
(i) IsAiE, XI, 6 et suivants.
(2) Ultima Ciimœi venit jam carminis œlas ;
oMagnusab integro sœclorum nascitur ordo, J'am redit et Virgo, rcdennt salurma régna ; Jam nova progenies ca'lo dcmittitiir alto. Le dernier âge de l'oracle de Cumes est arrivé. Une brillante série de siècles doit bientôt s'ouvrir. La Vierge Astrée est de retour ; le règne fortuné de Saturne s'annonce. Une nouvelle progéniture va descendre des cieux. (Virgs^k, Eglo^ve IV.)
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Celle du haut, la sibylle Europe, tient un glaive, pour annoncer le massacre des saints Innocents (i).
Le panneau le plus rapproché des gonds est orné de quatre cordelières. Ceux qui avoisinent les sibylles sont garnis de rinceaux.
La sacristie est voûtée en croisée d'oo:ives avec liernés et tiercerons formant un véritable réseau de nervures, suivant l'usage de Tépoque. Elle comprend deux travées.
La clef de voûte de la première travée porte les ar-
(i) On n'a pas doriné partout aux sibylles les mêmes attributs, pas plus qu'on n'est d'accord sur le nombre de ces prophétesses.
A la cathédrale de Beauvais. sous la rosace du Nord, qui est du XVI'-' siècle, s'ouvrent cinq baies en tiers-point renfermant chacune deux arcades à plein cintre. Ces dix arcades abritent dix sibylles.
La première présente de la main droite une branche de rosier, où, sur un long pédoncule, s'épanouit une belle rose d'un rouge foncé. L'inscription qui la qualifiait a disparu. C'est rHKi.i.ESPoriTiNi-: ou Erythrkk, car à ces deux sibylles a été attribué le même symbole.
La seconde porte de la main gauche, sur une serviette étendue, un pain ou un gâteau doré qu'elle retient de ki main droite. Son nom est indiqué : Sibille Cumane.
La SiBit.i.E Europe, la huitième, tient de la main droite une couronne d'épines et de la gauche trois clous.
Elle n'aurait donc pas seulement annoncé le massacre des saints Innocents, mais prédit encore que Jésus-Christ serait couronné d'épines et cloué à la croix. (L'abbé Barraud, Description des deux grandes rosaces de la Cathédrale de Beauvais. Mémoires de la Société académique de l'Oise, t. I, p. 24^-246^
A l'église Notre-Dame d'Etampes se trouve, une fenêtre historiée consacrée à douze sibylles. A l'Hellespontine on prête ces paroles : Nascetur Deus in diebus uovissimis de Virffine hebrea. Dieu naitra en des jours reculés d'une vierge juive. A celle de Cumes : Dabunt Deo alapas vianibus iniquis : ora conspuent immundoruni labiis. Ils donneront à Dieu des soufflets de leurs mains impies. Leurs bouches lanceront des crachats de leurs lèvres immondes. L'Européenne semble dire : Veniet ille; regnabit in paupertate et domina bilur in silentio. Il \'iendra pour régner dans la pauvreté et dominer dans le silence.
La sibylle de Cumes n'annonce plus ici l'âge d'or, mais les odieux traitements intligés au Sauveur parles valetsdugrand-prctre. L'Européenne ne prédit plus ni le massacre des Innocents, ni le couronnement d'épines et le crucifiement, mais la vie pauvre et silencieuse do N(^tre-Scigneur àNa/.aretli.
M. le chanoine Marsaux a signalé et décrit les sibylles de Saint-Martinaux-Bois à la Société académique de l'Oise, dans la séance du k) novembre 1894.
mes de l'abbaye : d hermine à la fasce da{iir chargée de trois fleurs de lys d'or, la crosse abbatiale passée derrière l'écu.
A la jonction des liernes avec les tiercerons se remarquent :
1° L'écu de Baudereuil, chargé de deux fasces avec trois cœurs 2, i, brochant sur le tout ; 2° un écu portant deux initiales tenues par une cordelière, peut-être J.P, initiales de Jean Parent, prieur de Saint-Mard-lès- Royes et de Vaumont, qualifié à Tobituaire reparator hujus monasterii, décédé le 23 septembre i523 ;3"un médaillon chargé d'une croix fourchetée ; 4" un autre médaillon sur lequel est un ornement tordu en S à trois segments.
A la clef de voûte de la seconde travée sont les armes de Baudereuil. A la jonction des liernes avec les tiercerons se trouvent quatre médaillons, le i"'" aux armes des Baudereuil, le 2" portant trois quatre-feuilles, le 3% un cœur et le 4% une quintefeuille.Les arceaux des voûtes retombent sur des consoles ou culs-de-lampe en forme de choux.
A la console la plus voisine de la porte qui donne accès dans réglise, le chou laisse voir à son centre un cœur couronné. A l'extérieur de la sacristie, la corniche est ornée de grappes de raisins, fixées deux à deux à un sarment. De loin en loin un renard, un loir et un autre animal se précipitent vers les raisins. Au milieu, sur le contrefort, un écu porte trois cœurs couronnés. Ces diverses répétitions des mêmes armoiries prouvent jusqu'à l'évidence que la sacristiecomme les stalles sont dues aux libéralités de Guy de Baudereuil qui gou- ■ verna l'abbaye de 1492 à i53i, et fit restaurer tous les bâtiments claustraux qu'avaient ruinés et incendiés les Anglais et les Bourguignons. Cependant, à l'extrémité d'un contrefort de lasacristie, on remarque encore un écu
Cliclié V. .Mailiii Sabdii.
Eglise de Saint -Martin -aux -Bois
Descente de croix (sacristie).
l'abbaye DK SAINT-MARTIM-AUX-BOIS -W
fascé de... et de... de 4 pièces, la fasce en chef chargée de 2 roses ? S'aghait-il d'un autre bienfaiteur ?
Une large fenêtre, dont l'arcade est en anse de panier, éclaire chaque travée de la sacristie. Une troisième fenêtre, ouverte dans le fond, a sous l'arcade deux trèfles appuyés sur un cul-de-lampe.
Devant cette fenêtre, sont les restes d'une remarquable descente de croix en trois blocs de pierre. Derrière le corps de Notre-Seigneur, étendu par terre, se trouvent trois personnes, un genou en terre, savoir : au milieu, la sainte Vierge ; à sa droite, saint Joseph d'Arimathie soutenant les épaules du Christ, et à sa gauche, sainte Marie-Madeleine que distingue un merveilleux bonnet et dont toute l'attention se porte à consoler la sainte Vierge. En avant du Christ, près de saint Joseph, sont posés la couronne d'épines et les clous.
Un vestiaire de grandes dimensions atteste que jadis la sacristie était riche en chapes et en chasubles.
Deux prie-Dieu, deux cadres, l'un pour l'obituaire, et l'autre pour Vordre des offices montrent que rien n'avait été négligé. Hélas ! les beaux ornements d'autrefois ont disparu.
Deux seulement appellent aujourd'hui l'attention. Le premier est un chaperon en tapisserie au petit point. Deux valets portent sur un brancard leur dame qui tient un parasol à deux mains. Ce singulier chaj^eron, dit M. le chanoine Marsaux, ne proviendrait-il pas d'un siège de salon ?
Le second est une chasuble de deuil, dont les lirodcries d'application sont seules anciennes, le velours noir du fond ayant été renouvelé.Le devant n'est, pour ainsi dire, garni que de têtes de mort. Dans le haut, une tête de mort est accompagnée de deux tibi;is, le tcnit dans un demi-rond. Au-dessous paraît une autre tête de mort dans une monstrancc. iMTtin, dans le bas, la par-
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lie supérieure d'une tête de mort laisse voir que l'autre partie s'est usée par le frottement.
Le dos, mieux conservé, est tout à fait remarquable. Dans la partie supérieure figure un fragment de vêtement difficile à décrire. La croix est en tau ou potence. Le sigle traditionnel iNRi(/e5z/5 Na{areniis Rex ludeorum) est fixé à un petit support ajouté à la potence. Le Christ est entouré de larmes. A la hauteur des jambes, à droite et à gauche, sont des fragments de tibias.La Renaissance à laquelle, dit M. le chanoine Marsaux, il faut attribuer la chasuble de Saint-Martin-aux- Bois, affectionnait ce genre d'ornements. Des anges aux ailes éployées recueillent le sang divin dans des calices, l'un à droite à la plaie du côté, l'autre à la main gauche. La Madeleine à genoux enlace la croix de ses deux bras. En face d'elle se trouve le vase d'albâtre. La croix est accompagnée d'une inscription en trois mots, deux au-dessus : i favlt et mori au-dessous. A l'extrémité inférieure de la chasuble, un lacrymatoire, ou un vase aux parfums, figure entre deux larmes.
Ce ne sontque des débris des broderies primitives. Elles n'en sont pas moins fort intéressantes (i).
Des anciens vases sacrés, il ne reste qu'une burette aux saintes huiles en argent en forme de tour, garnie d'une spatule et portant cette inscription : olevm infir-
MORVM SCI MARTINI RVRICVRTENSIS.
Signalons encore un bénitier en cuivre tel qu'on les faisait au XVL siècle ; une sonnette en bronze ornée, d'un côté, d'une fleur de lis, et, de l'autre, des instruments de la Passion, la croix, la lance et l'éponge appuyées sur un cœur ; une clef de tabernacle ou d'armoire aux saintes huiles, portant dans la boucle ces trois lettres
(i)M. le chanoine M \rsaux, avec sa haute compétence, a décrit cet ornement de deuil, dans son étude sur les Anciens « aournemens », supplément, p. 9.'
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S MO dont la signification nous échappe à moins qu'elles n'indiquent: Sancti Martini Oratoriiim.
Dans sa collection de Picardie, dom Grenier nous a conservé le renseignement suivant : « Dans l'église de l'abbaye de Saint-Martin-au-Bois, sur le pied d'une croix de cuivre doré, est écrit qu'au mois de juillet 149g Landau Sorel, soy disant seigneur de Montières, fut condamné par arrest du Parlement à 400 livres d'amende, et à faire faire une croix de cuivre doré dans la partie inférieure, la partie supérieure étant couverte d'une feuille d'argent, où est représenté, d'un côté, le dit seigneur à genoux, de l'autre, saint Martin à cheval, pour avoir fait insulte à un religieuxde Saint-Denis. ))(i) La Révolution a fait disparaître cette pièce d'orfèvrerie, dont personne n'a gardé le souvenir.
Quelle date faut-il assigner à la construction de l'église abbatiale de Saint-Martin-aux-Bois ? On Ta bâtie, affirment M. Graves et M. 'Woillez, vers la fin du XIIP siècle. « N'est-ce pas rajeunir un peu cet édifice ? ^) se demande avec raison M. le chanoine Muller.
Le chœur de la cathédrale de Beauvais est de i225 ; la chapelle de Notre-Dame, à Saint-Germer,fut élevée entre 1259 et i272.C'estM. Graves qui nous l'apprend, et il ajoute : « La grande église de l'abbaye de Saint- Martin-aux-F^ois appartient encore à l'ogive secondaire, comme on en peut juger aisément par la ressemblance de son sanctuaire polygone avec le chœur de Beauvais. Elle est moins ornée et d'un goût plus sévère. » Ne faut-il pas conclure de là qu'elle est de la même date que le chœur de Beauvais, si elle ne lui est pas antérieure? Nous concevons l'admiration de M. le chanoine Muller : « Quelle douce émotion l'on éprouve à contempler ces lignes architecturales si pures, ces murailles tout ajourées, ces chapiteaux, ces bases,
(i) Bibl. nat. ,1)0111 (jhkniku, t.2is. p. -^nO.
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ces cordons où l'élégance ne retire rien à la force. ))(i) Nous ne quitterons pas cesplendide monument sans faire des vœux pour que l'architecte en achève la restauration et lui rende cette beauté incomparable qu'il avait au XIIP siècle.
Ernaud, abbé de Saint-Martin de Ruricourt.
Dans la première édition de la Gallia Christiana^ les frères de Sainte-Marthe ont inscrit trois personnages du nom d'Ernaud, parmi les abbés de Saint-Martinaux-Bois. Le premier, nommé par eux Ernaud de Coivrel, aurait vécu en 1080 ; le deuxième, en 1188, et le troisième, en 1290.
Si l'on s'en tient aux documents écrits, un seul paraît authentique. Les actes connus de son administration vont de i i8oà 1 190. Quant aux autres,la mention dont ils ont été l'objet pourrait bien n'être due qu'à une erreur de date ou plutôt à une confusion de siècle, car on ne les voit figurer en aucune charte.
Il nous a paru bon de relever tous les titres concernant Tunique Ernaud ou Arnaud conservé dans la liste des abbés de Saint-Martin-aux-Bois, dressée par les Bénédictins.
I . — Vente des dunes de Frienvalet et de Baleninllers à r abbaye d'Ours camp.
Saint-Martin de Ruricourt, 11 80.
Arnaud, abbé de Saint-Martin de Ruricourt, Arnaldiis, Dei gratia, abbas Sancli Martini de Riiriciirte ^
(1) Le Chanoine E. Mui.ler, Promenade cArchéolcgique. Mémoires de la Société Académique de l'Oise, t. XIV, 1891. p. 680.
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d'accord avec son chapitre, cède à l'abbaye d'Ourscamp le chanipart et les dîmes de Frienvalet (i) et de BalenviUers (2) dont Wautier le pontonnier et son fils Engerran ont été jusque-là collecteurs. Ces chanipart et dîmes, trop éloignés du monastère de Saint- Martin-aux-Bois, étaient difBciles à percevoir par les chanoines. Il y avait, au contraire, avantage pour Tabbaye d'Ourscamp à les posséder, comme étant dans le voisinaofe de sa ferme de Warnavillers. Les Cisterciens offrirent pour cette acquisition soixante livres, monnaie d'Arras, aux chanoines de Saint-Martin pour leur permettre d'acheter quelqu'autre bien. Gérard, prieur d'Ourscamp, en reçut Tinvestiture au nom de son abbaye, dans la salle du chapitre de Saint-Martin de Ruricourt. 11 était accompagné de Salicius,célerier, Renier, moine, et Ingerbert, frère convers, tous trois religieux de son couvent. Au nombre des témoins figuraient encore Richard, prieur ; Ives, prévôt ; Hugues, trésorier, tous trois prêtres de Tabbaye de Saint-Martin-aux- Bois, Robert, diacre; Pierre de Coivrel et Pierre de Gournay, sous-diacres du même couvent. Et pour qu'il ne manquât rien en fait de garantie, Pierre, abbé de Saint-Just, officiai de Beauvais, fut prié de venir dans la salle capitulaire de Saint-Martin-aux-Bois mettre luimême Salicius, célerier d'Ourscamp, en possession et saisine des champarts et dîmes cédés à son abbaye. Arnaud, abbé de Saint-Martin, fit dresser le contrat sous forme de chirographe, charte-partie, charte double, sur une large feuille de parchemin, à laquelle les deux abbayes appendircnt leur sceau. Les deux actes furent ensuite séparés Tun de Tautrc au mot du chirographe, selon le procédé en usage pour les registres à souche. La partie scellée par le monastère d'Ourscamp devint la propriété des religieux de Saint-Mardi Coiniminc do Rou\'illcrs. canton de Saint-just, Oise. (2) Balainvillcrs, canton d'Hstrccs-Saint-Dcnis. Oise.
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tin. Celle qu'avaient scellée les chanoines fut remise aux Cisterciens. C'était en 1180.
Mais, peu d'années après, la terre de Guiart d'Angivillers fut à vendre. L'abbaye d'Ourscamp s'empressa de l'acheter avec les deniers qu'elle avait offerts aux chanoines de Saint-Martin. Il fallut un nouvel acte. Le précédent en fournit le modèle. Les mêmes personnes y figurent. Il fut rédigé et scellé en 1 190, sur l'ordre d'Arnaud, abbé de Saint-Martin.
Les chartes dont nous venons de donnerla substance ont été publiées par M. Peigné-Delacourt dans le Cartiilaire dOiirscamp^ CV et CVI, p. 71 et72.
2. — Le tonlieu du prieuré de 'Dammarlin (i). Les coutumes du bourg et le four des chanoines.
ii85.
Aubry (2), comte de Dammartin, Rainaud, comte de Boulogne, son fils, et la comtesse Mahaut, femme d'Aubry, règlent avec Ernaud, abbé de Saint-Martin de Ruricourt, Godefroy, prieur de Dammartin, et les chanoines de Dammartin (3), diverses questions jusque-là en litige. Les contestations portaient notamment sur le tonlieu du prieuré de Dammartin, les coutumes, ou mieux la liberté du bourg et, enfin, le four des chanoines.
Les bourgeois de Dammartin les plus anciens et les plus recommandables furent d'abord consultés. C'est d'après les renseignements fournis par eux, que furent rédigés les articles suivants, délimitant les droits du comté et ceux du prieuré :
(ij Dammartin-en-Goële, Seine-et-Marne.
(2) Aubry II, fils d'Aubry I et de Clémence de Bar, marié à Mahaut, sœur de Raoul de Clermont. (Le chanoine Muller, Le Cartulaire de Saint-Leu d'E$serejit,p.g4.)
(31 Le prieuré de Dammartin dépendait de l'abbaye de Saint-Martinaux-Bois.
i" Le comte de Dammartin perçoit le tonlieu, dans la maison des chanoines de Dammartin, de tous les marchands qui font des achats en cette maison, le jeudi seulement. Les autres jours, le droit de tonlieu appartient au prieur.
2" Les rapts, les trésors découverts, les meurtres et les aubaines entre bourgeois échappent à la compétence du comte pendant six jours de la semaine; mais le jeudi, c'est-à-dire depuis l'heure sonnée des coniplies du mercredi jusqu'à l'heure sonnée des complies du jeudi, toute la justice et tout le tonlieu lui reviennent de plein droit d'après la coutume.
3" Toutes les hostises ou exploitations agricoles ayant foyer lui doivent annuellement un droit dhabitation de douze deniers, ainsi qu'un droit de forestage ou d'abatage de bois.
4" Si le comte va à la chevauchée ou à l'armée, il a droit d'emmener avec lui autant de bourgeois convoqués par le prieur de Dammartin, qu'il aura lui-même requis d'hommes parmi ses propres sujets.
5° Les boulangers de Dammartin, pour assurer l'alimentation des habitants, sont tenus, leur fournée cuite, d'en porter une partie ou la totalité, si cela leur plaît, à la porte publique du bourg, et de s'y installer pour la vente. Le reste delà fournée pourra être vendu soit par eux, soit par leur famille, dans leurs maisons ou à leurs fenêtres. Si, après avoir séjourné à la porte, ils sont rappelés chez eux par quelqu affaire, il leur sera loisible de remporter leur pain et de revenir ensuite à la porte.
6" Si un négociant vient au bourg de Dammartin avec une voiture, ou même sans voiture, de la région comprise entre les eaux de la Marne, de la Seine et de l'Oise, pour acheter ou vendre, tous les drt)its de marché appartiennent au prieur, sauf le jeudi ; mais, si ce négociant vient des régions situées au delà des
grandes eaux, avec une voiture ousans voiture, il payera deux droits distincts, Tun au prieur, Tautre au comte, sauf le jeudi.
7" S'il plaît au comte ou à son prévôt d'enlever des tonneaux devin du bourg de Dammartin, ce qui ne lui est permis que le jeudi, le prévôt du comte invitera le prévôt du prieur à l'accompagner. Si le prévôt du prieur s'y refuse, le prévôt du comte n'en continuera pas moins sa besog'ne.
8° Si le comte accuse quelqu'un du bourg de Dammartin de lui avoir fait injure, il en devra informer d'abord le prieur, et le prieur lui fera rendre justice.
9° Si quelqu'un se plaint au prieur d'une injure reçue d'un bourgeois, sujet du prieuré, sans obtenir satisfaction, le comte obligera le coupable à comparaître devant son tribunal.
10° Le ban du vin des propres vignes du comte sera observé par les bourgeois du prieur, dans les proportions où les bourgeois du comte l'observeront eux-mêmes.
11° Si un assassin tombe entre les mains du prieur, celui-ci, après avoir prélevé son amende, forcera l'assassin à payer celle du comte, ou bien il lui livrera le meurtrier. Si l'assassin tombe entre les mains du comte, celui-ci le contraindra à payer l'amende au prieur.
12'' Si un voleur, accusé ou convaincu de vol, est pris dans le bourg de Dammartin, et que le prieur ne se soucie pas de le punir, il le remettra entre les mains du comte qui se chargera de le châtier.
i3°Il n'est pas permis, dans le bourg de Dammartin, de mesurer le blé de qui que ce soit, si ce n'est à la mesure du prieur.
14° Au dire des bourgeois les plus anciens, la terre de Dammartin avec le four du bourg, libre de toute réquisition et de toute perquisition, doit, avec tout droit et toute justice dans l'enceinte du bourg, sur la voie publique comme en dehors de la voie, en dehors des
maisons comme en dedans, et aussi avec tout ce dont un seigneur jouit habituellement sur sa terre, demeurer soumise à perpétuité au domaine du prieur et des chanoines de Dammartin. Toutefois, les coutumes reçues dans les autres fours de Dammartin seront gardées au four des chanoines, à moins que le prieur et les bourgeois banniers du four du prieuré ne préfèrent des conventions spéciales.
L'église de Dammartin, restaurée par les comtes prédécesseurs d'Aubry, ne saurait essuyer aucun dommage de la part de ce dernier. C'est pourquoi, désireux d'empêcher tout désaccord de surgir à Tavenir, Aubry, comte de Dammartin, Renaud, son fils, comte de Boulogne, et Mahaut, femme d'Aubry, donnent à l'église de Saint-Martin de Ruricourt, l'église de Dammartin, située dans l'enceinte de la forteresse. Leurs libéralités tendent principalement à la rémission de leurs péchés, comme au salut de leurs âmes et des âmes de leurs prédécesseurs. Aussi aflfranchissent-ils l'église de Dammartin de toute juridiction laïque et la maintiennent-ils en possession de tous les biens qui lui ont été jusque-là dévolus et qui sont la chapelle de Notre-Dame, bâtie dans la banlieue, le quartier de Saint-Martin avec son four, toute la dîme de la forteresse de Dammartin, la chapelle de Saint-Jean-Baptiste, celle de Sainte-Madeleine de Moyencourt, toute la dîme de Longperrier, la grange de Saint-Mard, avec les terres et les cultures qui en dépendent, l'église de Rouvres avec toute la dîme,raleu de Montgé, avec les terres arables et la dîme.
A l'original en parchemin conservé aux Archives de rOise, H. 253, sont appcndus deux sceaux. Le premier, rond, en cire verte, de (35 mill. de diamètre, est un sceau équestre autour duquel on lit : -f- suiii -