François de Clèves (2), i53i-i
38. Charles de Humières, abbé commendataire. Il était fils de Jean de Humières, gouverneur de Péronne. Par un abus de la commende, on lui conféra le titre d'abbé de Saint-Martin-aux-Bois, lorsqu'il était encore étudiant à Paris. Suivant les actes du chapitre de Beauvais, il était déjà abbé de Saint-Quentin-les- Beauvais en i534. Il succéda en i535 à Nicolas Carlier, comme abbé commendataire de Saint-Barthélémy de Noyon; le 3o juin 1548, au cardinal Trivulce,à l'évêché de Bayeux ; en iSSg, à Claude Dodieu, à l'abbaye de Saint-Riquier. Le 22 juillet de cette même année i559, il devint grand-aumônier de France (3).
En 1 536, sur une réclamation de Sinion Hutpin,curé de Rouvillers, il s'engagea à lui payer, à lui et à ses successeurs, une redevance annuelle de dix muids de grain, dont six en blé et quatre en avoine (4) . En 1 538, il envoie deux chanoines : «Pierre Morel, presbtre religieux d'icelle abbaye et prieur dudict et... porteur des lettres de procuration », faire devant le gouverneur de Péronne, Montdidier et Roye, la déclaration des biens de l'abbaye et lui représenter que « au moyen des guerres et divisions qui ont piéça rengné en ce pays et le feu de meschief advenu audit Saint-Martin, les tiltres, donnacions et fondacions d'icelle abbaye ont été adhères etperduz » (5). Dans une autre déclaration du revenu temporel de son monastère donnée en 1547, nous lisons que les religieux se trouvaient dans Tim-
(i) Arch. de l'Oise, H. 194.
(2) G. Ch., t. IX, 829.
(3) Jbid.
(4) Arch.de l'Oise. H. 305,
(5) Arch. de l'Oise, H. 194.
l'abbaye de SAINT-MARTIN-AUX-BOIS Tj
possibilité de rentrer en possession de leurs biens, dont ils avaient été dépouillés pendant l'invasion anglaise, « parce qu'ils avoient esté pillés et n'avoient un seul titre de bien qu'ils eussent, et quand ils en parloient par remonstrance, on leur imputoit qu'ils estoient traistres Bourguignons et menaçoit de faire razer et abatre leur abbaye (i). »
On peut voir son sceau rond de 0,045 millini. à un bail du 9 mars 1548, conservé aux Archives nationales (S 6267). C'est un écu fretté de six traits et timbré d'une crosse. La légende porte : Carolus de Humières s. qvin- TiNi PROPE BELYACuni DECAttus PERoncnsis (2). Charlcs de Humières mourut en iSyi.
39. Louis d'Esté, cardinal-diacre du titre de Sainte- Lucie in silice, archevêque d'Auch, fut, par bulle de Grégoire XIII, institué en 1572 abbé de Saint-Martinaux-Bois et de Saint-Quentin. Il nomma aussitôt Nicolas Talluet, licencié en droit civil et chanoine de Bayeux, son vicaire général (3). Antoine le Pot, son autre vicaire général et au spirituel et au temporel, gérait les biens de l'abbaye, en 1578 et i58o (4). Le cardinal d'Esté est mort le 3 1 décembre i586.
Philippe Boucher, docteur en Sorbonne, est inscrit par les Bénédictins de la Gallia CJiristiana{5)^ comme abbécommendatairede Saint-Martin-aux-Bois en i586. Louis d'Esté avait-il donc résigné son bénéfice ?
40. François Flkhart, évéque de Grenoble. An^ toine le Pot, son vicaire général, nommait, en 1587, Antoine Boulanger au prieuré-cure de Saint-Martin de Goyencourt. Il existe des baux consentis par François Fléhart en 1591 (6).
(i) Arch. de TOisc. H. i2().
(2) DoiîKT d'Arcq, Collection de Sccjk.w t. 111. 9ix)(). p. 124.
(■51 Arch. de l'Oise, H. kx).
(4) Ihid., H. 3S2.
I5j C;. C//., t. lX,8i().
[b] Arch. de l'Oise H. 3^2.
41. Nicolas de Balsac, fils de Charles de Balsac, seigneur de Clermont d'Entragues, institué en iSgg, mort le i"' janvier 1610. Il avait pour procureur, en 1604, Henri de Balsac, chevalier (i).
42. Jean Plantevit de la Pause, languedocien, aumônier d'Elisabeth, soeur de Louis XIII et femme de Philippe IV, roi d'Espagne, évêque de Lodève, a rédigé en 1612, d'après les tombes et les chartes du monastère, le catalogue des abbés de Saint-Martin qu'ont publié les frères de Sainte-Marthe, Gaucher et Louis, dans leur Gallia Christiana.
En 16 [5, il nomma Antoine de Bernetz son vicaire général à Saint-Martin-aux-Bois. Il se démit de son abbaye en 1625, en faveur d'Anne de Lévis de Ventadour, et fut ensuite évêque de Lodève du i5 octobre 1625 à 1648 (2).
43. Anne de Lévis de Ventadour, fils et frère du duc de Ventadour, abbé de Notre-Dame de Meimac, diocèse de Limoges, trésorier de la Sainte-Chapelle de Paris et enfin archevêque de Bourges du 1 1 novembre 1649 à sa mort arrivée le 17 mars 1662, devint abbé coramendataire de Saint-Martin-aux-Bois en 1625 (3). C'est sous son gouvernement que les chanoines réguliers de la congrégation de France ou Génovéfains furent appelés à Saint-Martin-aux-Bois. Mal accueillis le 20 juillet 1644, ^^^ prirent possession du monastère le m.ois suivant (4).
44. Louis-Hercule de Lévis de Ventadour, évêque de Mirepoix (19 décembre 1 65 5 -janvier 1679), frère d'Anne de Lévis de Ventadour, fut nommé par le roi à l'abbaye de Saint-Martin-aux-Bois^ le 23 mars 1662, mais il n'obtint pas de suite ses bulles d'institution cano-
(i) Arch. de l'Oise, H. 353.
(2) Ibid., H. 190 et 306.
(3) Ibid., H. 32g, 353 et 3:54.
U) G. Ch.A. IX, 830.
nique. Duchesne, avocat au grand conseil et banquier expéditionnaire de cour de Rome, mis en cause, certifia que, le 28 juillet 1662, il avait envoyé au Souverain Pontife trois lettres de recommandation du roi avec autres pièces nécessaires pour faire expédier signatures et bulles. Jean de la Borne, son correspondant, affirmait de son côté, par lettre du 21 août 1662, que les lettres étaient arrivées à Rome le 17 août précédent. Et comme les réclamations se faisaient de plus en plus pressantes, Jean de la Borne déclara le 19 septembre que (c l'expédition des dites bulles ne se pouvoit faire de longtemps, n'y ayant aucun cardinal françois audict Rome à cause des brouilleries qui sont publiques et notoires. » Nous connaissons tous ces détails par le mémoire que rédigea Duchesne le 25 mai i663 pour justifier sa conduite. Il le terminait tristement par ces mots : « lesquelles brouilleries ayant continué jusqu'à présent, je n'ai pu recevoir ladite expédition. » Fatigué de ces retards et importuné par l'évèque de Mirepoix, le roi, par lettres du i'"" juin i663, autorisa le prélat à entrer en jouissance des revenus de l'abbaye, à la condition qu'il solliciterait de nouveau les bulles, « attendu les refus que l'on fait en cour de Rome de délibérer au dit de Ventadour bulles de provision de la dicte abbaye. » Le R. P. Vincent Barleuf, chanoine régulier de Saint-Augustin, prit possession du monastère, au nom de l'abbé nommé, le 2 novembre i663. Seize mois s'écoulèrent encore. Enfin les bulles arrivèrent, datées du X\'1I des calendes d'avril, 16 mars i()65. Le R. P. Vincent Barleuf reprit sa mission de procureur. Après avoir, au nom (( de très haut et très puissant seigneur, illustrissime et reverendissime Messire Louis-Heicule de Lévis de Ventadour, évoque de Mirepoix », fait la |)r()fession requise entre les mains de Tolficial de Beauvais, le • 20 octobre iôô5, il prêta serment en-
tre les mains de messire Nicolas de Guilbon, prêtre, chanoine régulier et prieur de Coivrel, du consentement de tous les chanoines réguliers de Saint-Martinaux-Bois, et prit définitivement possession de l'église et des lieux réguliers (i).
Louis-Hercule de Lévis de Ventadour fut le dernier abbé commendataire. Un brevet royal du 22 avril lôyS, suivi d'un arrêt du Conseil en date du 12 septembre 1676, unit la mense abbatiale de Saint-Martin-aux-Bois, avec les droits, revenus et domaines en dépendant, au collège de Glermont à Paris, tenu par les jésuites. Jean Naquet, procureur des R. Pères, se présenta au monastère, muni de pleins pouvoirs, le 9 octobre 1676. Il fut reçu par maître Guillaume le Royer, prieur de Tabbaye, en présence de la communauté et mis en possession corporelle, réelle et actuelle, au son des cloches, avec les cérémonies usitées en pareille circonstance.
Le 20 mai 1677, une bulle du pape Innocent XI supprima le titre d'abbé de Saint-Martin-aux-Bois, approuva l'union de la mense abbatiale au collège de Glermont. Gette bulle avait été obtenue à la requête des R. P. Jean Pinette et Pierre Mégret, recteur et procureur du collège de Glermont, et de monseigneur Louis-Hercule de Lévis de Ventadour (2). Ge dernier obtint, en compensation de l'abbaye de Saint-Martinaux-Bois, celle de la Couronne, au diocèse d'Angoulême, en 1678. Il n'en jouit pas longtemps, car il mourut au mois de janvier de Tannée suivante.
(1) Archives nationales, T. 1059.
(2) Arch, de l'Oise, H. 195.
Prieurs de Saint-Martin-aux-Bois(i).
Richard, 1180, 1190. {Cartul. d'Ourscamp^ CV et CVI.)
Eudes. (Obituaire, 21 septembre, H. 193.)
Jean le Barré. (Obituaire, 12 septembre, H. igS.)
Philippe de Bello Puteo. (Obituaire, i5 juin, H. 193.)
Thomas Hérouart, curé de Betz et Antilly, 1464- 1477, puis prieur de Saint-Martin. (Obituaire, 7 juillet, H. 193.)
Nicolas du Fresne, curé de Belloy. (Obituaire, 17 juin, H. 193.)
Pierre Boucher, i5o5. (H. 189.)
Jean Parent, prieur de Wacquemoulin, 1483 (H. 342), prieur de Goyencourt, 1485 (H. 262), prieur de Saint-Mard et de Vaumont, i5oi-i5i6 (H. 317, 319), reparator hujiis mouasterii^ mortle 23 septembre i523 (H. 193). Fut-il prieur de Saint-Martin-aux-Bois ?
pierre Morel, prieur claustral et prieur de Wacquemoulin, mort le 16 août 1547.
Jean Watelier, 1547. (H- '^9-)
Raoul Lefebvre, prieur claustral, puis prieur de Wacquemoulin, mort le 29 novembre 157G.
Jean de Pas (2), prieur claustral de Saint-Martin et de Goyencourt, crii^ea un calvaire en 1591, mourut le 8 décembre iGio. (H. 353.)
Nicolas Bucquet, prieur-curé de Noroy pendant vingt-
(i) Cette liste et la suivante ont été dressées au moyen des documents conservés aux Archixesde l'Oise, fonds de Tabbaye de Saint-Martin-aux- Bois, série H, 187-410, et des registres de catiiolicite de Saint-Martinaux-Bois.
(il Louis de Pas, manouvrier à Vaumont en iCit;8(H. ^^o), Louis et René de Pas, vignerons à Vaumont on 1707 (H. 331), étaient do sa l'a-mille.
cinq ans (i 585-1 6 lo), prieur claustral de Saint -Martin pendant quinze ans (i6io-i625), fut ensuite comme simple chanoine, pendant six ans, un modèle de patience. Il mourut le 6 juillet i632. (H. 239.)
Louis Minguet, prieur claustral, i632, prieur de Rouvres, 1642. (H. 307, 34g.)
Vincent Barleuf, 1646.
François Douchart, i655.