‹ L'abbaye de Typhaines. [Par] comte de GobineauChapitre 133 sur 169 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

La veille au soir, quand la cavalcade des bourgeois, encore toute essouiriée, était rentrée dans Typhaines, le premier soin de maître Simon avait été de regagner sa demeure, non pas la belle et somptueuse maison, ornée de deux tours, qu'il faisait construire dans la rue des Tisserands, la plus considérable de la ville ; cette habitation, qui déjà faisait l'orgueil de la bourgeoisie, n'était pas plus terminée que les constructions d'Eudes, de Jacques et de Payen ; mais, simplement, Simon ramena Damerones à l'espèce de chaumière que nous connaissons déjà. Malgré des prières, qui finirent même par ressembler à des injures, Payen s'obstina à ne pas quitter son collègue ; et, connue le marchand de toiles ne pouvait tout à fait se montrer impérieux vis-à-vis d'un homme tel que le jeune forgeron, il se résigna, quoique de mauvaise grâce, à accepter sa compagnie.

En entrant chez lui, Simon dit à sa femme :

— Voilà ta fdle que je te ramène. Maintenant que sa vie est sauve, je vais sauver son âme en lui faisant expier ses crimes.

— Mon père, dit Damerones d'une voix douce mais ferme, vous me traitez comme une coupable, et vous avez grand tort. Si, cependant, il vous semble juste que je souffre dans mon corps pour des péchés ou d'autres fautes, je vous supplie de vous fier à moi, vous ne sauriez me mortifier autant que je prétends le faire moi-même.

— Voyez-vous, l'hypocrite ! s'écria Simon avec force, elle veut nous séduire encore 1 Après avoir arraché de mes mains le fils du tigre de Cornehaut, elle espère se soustraire elle-même à la punition qu'elle a méritée ; mais elle n'y réussira pas 1

— A quoi bon cette violence, poursuivit Damerones avec

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