ASSON DE COUPIGNY
Asson de Coupigny était prieur de Rebrcuves lorsqu'il fut appelé a succéder à l'abbé Reynald, eu 1198. A peine était-il revêtu de sa nouvelle dignité, qu'un ouragan terrible, renversant un grand nombre d'arbres et d'édifices, causa de grands dommages à l'église et à l'abbaye du Mont-Saint-Eloi. Aussitôt après ces dégâts, le nouvel abbé dressa les plans d'une église solide et durable; et. grâce à son zèle et à sa persévérance, on ne tarda pas à voir s'élever les fondations du sanctuaire qui devait exister jusqu'au milieu du XVHI* siècle (3).
L'ardeur généreuse des fidèles, loin de se refroidir, vint ajouter à la munificence d'Elbert de Rélhuuc eu faveur des pauvres, parla donation des terres de Filescamps et de Foufflin. Simon Cléron, secrétaire de Guillaume le Roux, sei-
l'avis des ailleurs deGallia Cltrixtiana et de M. l'abbé Parenty qui la font remonter au 3 juillet 1197.
(1) Ce bois de trente bonniers, situé près de la ferme de Baye appartint toujours par la suite au monastère d'Hénin-Liétdrd.
(2) Cette pièce existe aux archives de Corbie.
(3) 11 subsiste encore de nos jours quelques vestiges irrécusables, quoiqn'en fort petit nombre, de l'existence d'une église ou d'un cloître, antérieurs aux bâtiments qui ont été renversés en 1703 par la tempête révolutionnaire. Dans une de nos dernières excursions au Mont-Saint-Eloi , où nous appelait i grands cris la destruction complète des derniers débris du monastère, nous avons trouvé dans un enclos situé a droite de la porte d'entrée de la ferme appartenant a M™ la «omtesse de Waxières, des soubassements en forme de cul-de-lampe, des débris de pilastres et de fenêtres ogivales , qui ne laissent aucun doute sur l'emplacement en cet endroit d'une eons. traction du XIII* siècle.
Nous donnons ici la représentation exacte de ces débris dans un dessin dû au cravon de M. Robaut.
gnou r de Bothunc, donna à l'église du Mont-Saint-Eloi, le droit qu'il avait sur un four assis en cette ville. Ce dernier, de concert avec Mahaut sa femme, en • mifirma la donation et y ajouta divers revenus (i). Gaultier de Châtillon, comte de Saint-Pol, et Elisabeth sa femme, amortirent la cession faite à l'abbaye par Euslachc de Cauteleux, au sujet d'un droit de dime sur des terres sises à Duisans et tenues en fief dudit Gaultier (2). Asson dut aussi faire uu accord avec le chapitre de Lens, relativement a la terre de Haye. Il obtint de plus, en 1202, de Hobert , évéque d'Arras , un règlement concernant les droits du prieuré d'Aubigny sur l'autel de Magnicourt-en-Comté (55).
La possession de la Flandre souleva de grandes contestations entre Philippe- Augusle, roi de France, et Bauduiu de Constantinople, comte de Hainault. Ce dernier était comte de Flandre, en 1194, à la mort de Marguerite d'Alsace, qui ellemême avait succédé a Philippe. Profitant de la guerre qui s'était allumée entre la Fiance et l'Angleterre . Bauduin voulut reprendre les biens que. l'on avait distraits de la Flandre et qu'il considérait comme lui appartenant. S'alliant à Richard I er , roi d'Angleterre, il vint attaquer Philippe- Auguste et s'emparer de Tournay, de Douai el de Cambrai. Arras fui attaqué et ses environs ravagés. L'abbaye éprouva de grandes pertes. Asson était parvenu a les réparer lorsque la mort le surprit ; il mourut le 19 avril 1208 (4), après avoir employé pendant onze ans, à l'avantage de son monastère, la sagacité dont il élait doué. Son corps fut déposé dans la sépulture des abbés.
Didier, prieur du monastère d'Aubigny, fut appelé par le vœu unanime des religieux et de l'assentiment de tous à gouverner l'abbaye. Ce prélat, désigné dans les chroniques et les actes anciens sous les noms divers de Désiré , Vidier, Didier, avait déjà ac(piis de la célébrité comme philosophe et comme savant. En 1190, il
(1) LlLCllESNE, Histoire de la maison de Hèthune, liv. m, p. 71. Voir pièces justificatives, xsexi.
(2) Archives du Pas-ile-Calais, litres du Mont-Saint-Eloi. L'original est on parchemin. (3» V oir pièces justificative* , XXXII.
M) Febbi de Loches, Chron. Erfg.