‹ L'Abbaye du MontSaintEloi, 10681792Chapitre 29 sur 60 · ANTOINE DE COUPIGNY · texte numérisé non relu

ANTOINE DE COUPIGNY

Antoine de Coupigny, fils du seigneur de ce nom, fut appelé à succéder à l'abbé Jean Pingrclcni ; André Le Vaillant dit qu'il était d'une ancienne et illustre famille d'Artois. Ses vertus remarquables, son intarissable charité et ses mœurs de toute sainteté l'avaient fait aimer des religieux au point que d'un élan spontané et d'un accord unanime, ils l'appelèrent au siège abbatial. Il fut béni par l'évèque Pierre de Ranchicourt au mois de février 1486. Cet abbé qui fut d'une grande piété ne se contenta point de faire exécuter les anciens statuts, il en créa de nouveaux, fort utiles a son monastère.

Antoine de Coupigny manifestait un culte tout particulier pour la sainte Vierge : « Il fonda une lampe pour brusler continuellement devant l'autel de Notre-Dame » quy a esté intermis par les guerres et une messe journalière, augmentant le » vestiaire de chaque religieux de soixante livres par an a ces fins (1). »

Il ordonna, en 1497, que tous les samedis les religieux iraient après vêpres dans

(1) Fkrri de Locres, p. 561. — Miss;e sacrilïcium, ad Deiparx, cui rteditissimus erat, gloriani, cotlidiè in cripti celebrari prœccpit eiusdemque Bealissiiwi: Virginis dilissimam Iconcm ex

la crypte chanter le Salve Regina, cérémonie qui plus tard se fit au chœur, après compiles. 11 institua aussi les fêles de la Visitation de Notre-Dame, de sainte Anne, de sainte Emérantiennc , dont il fit visiter les reliques, en 1505, celle des Dix-Millc-Marlyrs dont il avait donné à l'église un tableau représentant leurs souffrances , et enfin celle de saint Antoine ; il fit donner deux lots de vin aux religieux dans ces jours de fêle. Ce fut aussi lui qui ordonna les deux processions solennelles qui se faisaient les saints jours de Pâques et de Pentecôte, avec le consentement du chapitre, cl fil distribuer à cette occasion deux lots de vin comme aux jours de fête précités. 11 institua les prédications du Carême dans l'église paroissiale, ainsi que celles des fêtes de saint Vindicien, de l'Annonciation, de Pâques fleuries, de la bonne Pâques et des jours de procession dont nous venons de parler. 11 donna à la trésorerie une belle image d'argent de la vierge, avec celles de sainte Catherine cl de sainte Barbe, de grands encensoirs d'argent, et quatre plats et burettes pour l'autel. Ce fut cet abbé qui fil faire le candélabre du grand autel et le magnifique tonilieau de notre Seigneur, construit en pierres bleues et sculpte en bas-reliefs, qui se trouvait du côté droit du chœur, et fit hâfir le grand réfectoire.

Antoine de Coupigny introduisit quelques réformes dans l'habillement des religieux et dans la célébration des offices. De son temps, et avec l'assentiment de toul le couvent, il fut permis aux religieux de se chausser le jour du Vendredi- Saint, en remplaçant cette austérité par la récitation de cinq Pater et de cinq Ait Maria. Plus tard , en 149G, il fat décidé que, en hiver, les religieux non revêtus de la chappe aux jours de Tête ne pourraient occuper les hautes places du chœur et devraient demeurer dans le bas avec les enfants.

En 1490, Antoine de Coupigny fil renouveler une partie du clocher jusqu'il la fenêtre simulée, et fil mettre dans la croix plusieurs reliques de saints, comme préservatifs de la foudre. Nonobstant , le tonnerre l'écrasa le jour de sainte Catherine et en brûla une partie, dommage que l'abbé fit réparer aussitôt. En 1514, ce même prélat obtint du pape Léon X, la faculté de porter la crosse et la mitre, ou plutôt il fit renouveler ce privilège qui avait été accordé a ses prédécesseurs.

Les liens d'affiliation et de sodalité qui attachaient un grand nombre d'églises et de familles nobles au couvent du Mont-Saint-Eloi, s'étendirent beaucoup sous la

argcnlo conflari curavit : Srpukrum Doruini, insipii opère, lemplo conclusit : conclave maju«, «eu refeclorium , fratrilun adparavil, etc. i<< prnus non pauca. Sedit annos quatuor supra trigenta ei menses sex. Ex titteris Pauli Dtcoloriy ibi Relig. T. S. T. Lectarit.

prélature d'Antoine de Coupigny. H fit entrer les religieux en relation de prières avec plusieurs monastères, et diverses familles rccommandables par leur foi et leur piété.

11 s'étudia de tout son pouvoir à augmenter les avantages du couvent spirituellement et temporellement. A son avènement il avait trouvé la maison chargée d'une dette de ceul livres , contractée par son prédécesseur, ce qui était alors considérable. 11 s'empressa de rembourser cette somme ; de plus il acheta un beau fier, appelé les Gaules, à Roclincourt, des arrentements de 50 livres à Douvrin et Saint- Venant, de 20 livres à Camblin , Villers, Ecoivres, Chinchy ctBray, de 19 livres à Gouy, et de 60 à Hulluch. 11 fit l'acquisition a Arras d'une maison de refuge et d'une autre à Bélhune nommée YEscu de Itourgogne, en obtenant l'amortissement de ces achats.

Antoine de Coupigny célébra pontifkalement la messe au grand autel de la Cathédrale, avec la permission du chapitre, à l'occasion des funérailles de la dame d'Humbercourt, Antoinette de Rambure, veuve de Guy de Brimeux. EUe fut inhumée dans le chœur, près de son mari. L'évéque Pierre de Luxembourg ne résidait point alors a Arras.

La guerre avait complètement ruiné le commerce de cette ville, et le nom de Français était devenu en horreur à ces bourgeois jadis si riches ; se souvenant combien ils avaient été heureux sous la domination espagnole, ils la rappelaient de tous leurs vœux. Le stratagème de Jean Lemairc, dit Grisard, devait ramener Arras au pouvoir de Maximilien. Pendant les conflits des Bourguignons et des Français, quelques escarmouches eurent lieu autour du Mont-Sainl-Eloi.

« En 1492, ou apprit qu'un capitaine nommé Petit-Gérard, qui était ordinaire- » ment à Avesnes-lc-Comte , profitant de ce que les troupes bourguignonnes » avaient passé par le territoire d'Oisy , qui était neutre , sans y faire sonner les « cloches, s'était emparé d'un riche butin. Cette nouvelle parvint à Arras le » matin même par une femme qui vint en toute haie en avertir le poste de la » porte Saint-Nicolas. Mais un Bourguignon nommé De Habart, ayant réuni » environ quatre-vingts cavaliers, alla se mettre en embuscade dans un bois » dépendant de l'abbaye du Monl-Saint-Eloi et y attendit les Français. Il avait » fait monter un de ses compagnons sur un chêne élevé afin d'être averti de leur » retour ; une heure ne s'était pas encore écoulée lorsque la sentinelle donna le » signal. De Habart attendit que Petit-Gérard fut à deux ou trois portées d'arha- » Icte ; alors les Bourguignons coururent sus à ses troupes , leur firent un grand • nombre de prisonniers et reprirent tout le butin (1) ».

(H A. D'HâmcotUT, Sièges d Atrat, p. 115.

L'abbé de Coupigny, après avoir, pendant trente-trois ans, édifié ses contemporains par la sagesse de son administration, mourut a la suite d'une longue maladie , le 20 mai 1520. 11 fut enterré devant le saint Sépulcre et l'on mit sur son tombeau celte épitaphe :

Gloria, fama, deens, rani lahuntnr honores, Tulius Ml sacré religione nibil :

Qotro serrans recUro virlute probains in omni Abbas Coupigny hac cumulatur humo Annis millenis quingenni bis quoque dénis Aureus ut pbosbus volvilur in gemini.

Dans ce même temps, l'abbaye fut administrée par le prieur Martin Doresmieux. Ce fut lui qui donna l'habit religieux à Guillaume Ruelle, cUxheman , ou si l'on veut, serviteur conventuel du monastère. Comme on le verra ci-après, Ruelle devint abbé du Mont-Saint-Eloi.

Nous citerons encore les grands prieurs Jean, en 1496, et Robert, en 1506; le prévôt S. M. de Glcn; le prieur de Rcbrcuves, Jean Desmons; celui du Perroy, S. Laurens, et enfin les religieux d'Aubigny, S. Jean de Nfcdonchcl, cousin germain de l'abbé de Coupigny, et S. Jean Gamelou, curé.

JEAN DE FEUCY.

Une nouvelle législation religieuse venait d'être promulguée en Artois. L'empereur Charles-Quint avait obtenu du souverain pontife Léon X, pour lui et ses successeurs, un induit donnant pouvoir de nommer aux bénéfices ecclésiastiques, et notamment aux abbayes vacantes des Pays -Ras; il donna celle du Mont-Saint- Eloi à Jean de Feucy. Avant cette époque, les élections se faisaient capitulairement et par le suffrage des religieux seuls, sous l'autorité de l'évêque : soit que cet induit fut peu connu, soit qu'on le regardât sans effet, à la mort d'Asson de Coupigny, les moines du Mont-Saint-Eloi procédèrent à l'élection canonique de son successeur, et choisirent messire Philippe de Marconnellc, prêtre de cette maison ; mais en vertu du privilège dont nous venons de parler, l'empereur plaça de son autorité Jean de Feucy à la tétc de l'administration temporelle du couvent, fl en résulta entre les deux compétiteurs un procès dont on déféra la connaissance au saint siège. Jean de Feucy fut plusieurs fois excommunié et absous tour à tour ; mais, forte-

ment appuyé par Charles Quint , il l'emporta enfin par un jugement rendu le 23 août 1521 et vint prendre possession du monastère en 1522, tout en conservant, son abbaye d'Hénin-Liétard. Philippe de Marconnellc reçut en dédommagement une pension et fut nommé prieur d'Aubigny; peu après, il fut nommé abbé à Ruissauville.

De nouvelles difficultés attendaient encore Jean de Feucy. Sa nomination tout-afait inattendue, indisposa si vivement les religieux du Mont-Saint-Eloi, qu'ils refusèrent de recevoir le nouvel abbé. Ce fut escorté d'un détachement de la garnison d'Ârras qu'il entra dans l'abbaye . Il parvint a s'attacher les moines par le discours qu'il prononça au chapitre. Dans sa harangue, il prit pour texte ce passage de l'Ecriture : Non vos me elegistit , sed ego eUgi vos. 11 leur prouva que c'était un bonheur pour eux de l'avoir à leur léte , dans les circonstances difficiles où ils se trouvaient. En effet , il acquit tant de crédit auprès des princes et des grands que dans un temps où les biens des autres abbayes étaient pillés de toutes parts , les possessions du couvent du Mont-Saint-Eloi furent respectées et ne subirent aucun dommage.

Charles Quint appréciant sa haute intelligence et désireux de l'utiliser, le fit conseiller en ses conseils, comte consistorial et maître des requêtes du royaume d'Espagne; il lui confia souvent des missions importantes et délicates, où Jean fil preuve d'une grande adresse et de beaucoup de sagacité. L'empereur avait un attachement si vif pour cet abbé, qu'il le nommait ordinairement son père d'Artois (1). Jean de Feucy en reçut un témoignage bien flatteur. Charles Quint se trouvant à Arras , se rendit à l'invitation qui lui fut faite et alla visiter l'abbaye. Il était accompagné de sa sœur Marie, de la duchesse de Mantoue , du duc de Savoye et d'autres grands seigneurs. Jean de Feucy les reçut avec l'aisance d'un habitué de la cour. 11 eut aussi la visite particulière des princesses Marie et Eléonore, sœurs de l'empereur.

Accablé par l'âge et le travail, Jean obtint du même prince deux coadjuleurs. Le 26 avril 1522, il nomma le premier, Georges d'Egmont, pour le remplacer. La mort enleva, selon toute apparence, Georges avant l'abbé Jean, car on ne rencontre nulle part son nom parmi ceux des prélats du Monl-Saint-Eloi. Le second , Eustache de Croy, frère du comte de Rœux et évéque d'Arras , devait tenir l'abbaye en commande. D mourut en 1539 et fut remplacé par David Hay, prévôt de la maison, qui parvint après à la prélature.

(I) L'abbé de Glen ; Ferry de Locres ; Cosse et le Père Ignace, oumges cités. — Moréri , le Grand Dictionnaire historique. — Foppens, Bibliolheca Belgica, et antres.

Jean de Feucy fit construire les bâtiments situés dans la cour depuis les cuisines jusqu'au logement du portier. Il fit aussi bâtir le moulin situé dans l'enclos du parc, restaurer le grand dortoir et convertir en infirmerie le quartier occupé par l'abbé Jean Pingrelem. Le 1" août 1525, il fit poser les vitres du chœur, peintes dans le genre du temps. Le monastère renfermait une ferme située du coté de Bertbonval; elle fut divisée en deux parties : l'une fut transférée à l'abbaye, dont elle forma la basse-cour ; l'autre fut établie a Berthonval (1), en dehors de l'enceinte du couvent.

L'abbé de Feucy ne prêta le sermcut d'usage qu'en 1540. Il avait fait consacrer son église avec beaucoup de solennité le 1 er octobre 1526 par l'éveque suffragant de Tournay. Le 22 mars 1532, Nicolas, évêque de Sarepta, vint consacrer l'autel situé devant la porte de la tour, dite des abbés, et celui de l'infirmerie auquel étaient attachés quarante jours d'indulgence. En 1555, l'évêque d'Arras , Eustache de Croy , avait transféré le jour delà fêle de la dédicace de l'église du monastère au premier dimanche après l'exaltation de la sainte croix. En 1540, l'empereur Charles Quint députa Jean de Feucy avec l'abbé de Saint- Vaast pour l'installation de MM. les président, chevaliers-d'honneur, conseillers et autres officiers du conseil d'Artois.

Ce prélat apporta une grande attention au bien-être temporel de ses religieux. En 1556, il introduisit quelques réformes dans les aliments qu'il rendit plus variés et plus abondants même que ne le comportait l'ordonnance. Il voulut qu'il fut servi tous les ans , le jour de Pâques , un veau gras pour le diner, et tous les dimanches soir une pièce de chair salée , assez, forte pour suffire aux religieux pendant toute la semaine. Il y ajouta o d'autres douceurs et soulagements de table. » Jean de Feucy mourut le 24 avril 1512, dans son monastère du Mont-Saint-Eloi . La profusion de ses aumônes mérita a cet abbé le nom de père des pauvres ; il distribuait a des veuves malheureuses tout ce qui était desservi de sa table. Il jura a son lit de mort que jamais il n'avait avantagé au détriment de l'autre, l'une des deux abîmes qu'il avait administrées. Son corps fut porté du palais abbatial dans le chœur de. l'église, au milieu de tous les religieux et d'un grand nombre de ses parents. L'épitaphe suivante se lisait sur son tombeau :

Conditur hoc sculplo sub marmorc Fcucius abbas, Judicio elarus, nec pielate rninor.

(I) Bibliothèque d'Arras. P. Ignace, Supplément aux Mémoires, p. 374.

Hanc virlule domum, teclis, et honoribus auiil. Consilio juvit Belgica sceptra suo (I).

INÏcaise Ladam a composé eu l'honneur de Jean de Feucy, une longue épitaphe ; nous l'empruntons à l'ouvrage si intéressant de M. Dancoisne, sur Héuiu-Liétard ; elle complétera la biographie que nous venons d'esquisser.

ÉPITAPHE DE FEL' M. JEHAN DE FEIXV, EN SON TEMPS ABBÉ DE HENNIN ET DU M0NT-SA1NT-ÊLOY.

Ne desprisous la mort au siècle bien famée Laquelle pieque et mord une personne aymée.

Car l'âme entièrement n'est aux divins records Que mort premièrement n'ayt abbalu le corps.

Sy comme Dieu mercy par mort à s'entrefaire Monsieur Jehan de Feucy en son mortel affaire; Lequel à juste loy fut abbé de Hennin Et du Monl-Saint-Eloi discret saige et begnin.

Et lequel, en honneur et sans nulles reproches, Est mort digne sieur des susdites deux croches; Lesquelles, par amis an gré de Dieu vivant, Paisiblement a mis en assez allavant.

Il fut doulx et courtois, aux povres favorable, Et du conte d'Artois prélat très-honorable.

Révérend conseiller k l'empereur son prince, Secret et seur pillier d'Arras et de provinehe.

Dieu pceult savoir combien fuyoit la vie oblicque En observant le bien de la chose publicque.

Et tesmoings les monbiers fermiers cl autres gens, 11 ouvrit ses greniers aux novres indigents.

A scs povres subjects de soy fort par les guerres Il faisoit les regectsen quoy ne perdit guerres; Enffmis mal habillez estoient revestus Et aux mal conseilliez cmployoit scs vertus.

Aux prélatz et sieurs la porte estoit ouverte Et aux boas enseigneurs sa table bien couverte : Il parloit froncement à la réalité Et usoit seigement de libéralité.

De léger entendoit, de loing veoit les choses, El l'heure n'altendoil au compas des horloges.

(1) Foppens, Bibliolkeca Belgica, p. 678.

Pour ses cloîtres gtrdcr il esloit curieux El pour droicl regarder asses laborieux.

Et Uni fail son devoir aux œuvres singulières Que l'âme en doibt avoir innombrables prières ; Car te le corps avoil amour et charité. L'Ame fort mieulx se rend au clos de vérité.

Et luy considérant moyens, fins et raisons, Et le bien espérant de ses dictes maisons, Préveant les procci de la saison future El son mortel decei approcha par nature.

Fail deux coadjutcurs chacun abbé futur, El certains conducteurs sans autre querritur; El puis en vraye foy fut expirant sa vie Audict Mont-Sainl-Eloy lame du corps ravie.

Mil cincq cens et quarante et deux.au mois d'aprril , Le jour vingt quattriesme en honneur roorut, Après avoir régné quailrc vingU ans peu moins:

Amen. — Au*.

Jean de Feucy fui l'un des hommes les plu? célèbres que l'Artois a produits pendant le XVI e siècle; neveu de Jacques Levasseur, abbé dTIénin-Liétard , il avait clé élevé dans cette abbaye et reçu novice en 1475. Son oncle l'envoya ensuite étudier a Bapaume, sous des religieux d'Arrouaisc qui s'y étaient retirés dans leur refuge. Il y resta fort peu de temps, et un an s'était à peine écoulé qu'il avait été rappelé à Hénin. La guerre, à celte époque, ensanglantait l'Artois. Levasseur avait dû s'enfuir à Douai et les autres religieux étaient dispersés. Dans ces circonstances, Jean de Feucy fut mis à la tète de l'abbaye. Sa fermeté le lit bientôt connaître, et après avoir été nommé, en 1514, coadjuteur de son oncle, il ne larda pas à lui succéder.

Ce fut lui qui, pendant les années 1516, 1517, 1518, publia en Artois les indulgences, source de nos guerres de religion.

Sur ces entrefaites, Jean de Feucy qui avait su s'attirer les bonnes grâces de puissants seigneurs et l'amitié d'Adrien de Croy, comte de Rœux , gouverneur de Flandre et d'Artois, sollicita et obtint l'abbaye du Mont-Sainl-Eloi en mai 1520. Un de ses biographes assure que les provisions pour l'abbaye furent signées huit jours avant la mort d'Antoine de Coupigny.

Jean de Feucy fit successivement nommer à la prélature du couvent d'Eaucourt deux de ses religieux du Mont-Saint-Eloi, Yves Delaruc et Antoine de la Hamaide. Martin Doresmieux, 1521, et Nicolas, majoris licentialus, furent successivement

grands prieurs sous son administration. Nous citerons aussi les prieurs Jean de Pas, à Rebreuves, S. Baude. de Quingtiiem, au Perroy , et S. Robert Tardieu, a Ecoivres.

Ce fut aussi pendant le règne de cet abbé, en 1555, que furent rédigées les coutumes de l'abbaye du Mont-Saint-Eloi ; elles furent déposées au greffe provincial d'Artois (1).

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