‹ L'Abbaye du MontSaintEloi, 10681792Chapitre 47 sur 60 · IMPOSITION · texte numérisé non relu

IMPOSITION

totale de chacun

article.

Leroy ,

iBerthonval.

L'abbaye du Mont-Saint-Éloi possède la terre et seigneurie dudit lieu, consistant pour le chef-lieu dans l'enclos de ladite ahlnire de la contenance de 79 mesures, estimées . . 100 . .

Plus un moulin à vent dans l'enclos de ladite abbaye , d'un revenu de. 100

l'ne rente de 10 livres provenant du rachat de servitude d'un four banal. 10 • >

Plus 589 mesures de terre, dont 50 de mauvaise à cailloux, estimées 3Ô50 . .

Une dlmc d'un revenu

536 mesures 1/2 de bois estimées suivant adjudi-

Droits seigneuriaux d'un

Plus la terme de IWthonval, consistant en un | manoir amuxé contenant 8 mesures , 178 mesures 2 boislelées Ifî de terre et une partie de dlme, affermée par bail s. s. p.

du 15 février 1713, a Mathias- Romain Leroy. 2077 1

•xi : 3

Total 10135 16

Sur quoi déduire 800 pour la portion csngruc du curé, du Monl-Saint- Eloi et Ecoivres 800 ,

Rkste <tt>;i5 Ki

Payera mil cinquanle- \ neuf livres 18 sols '.» dc- | niers.

Nous avons trouvé dans nos longues recherches, un précieux document constatant la richesse du mobilier du couvent du Mont-Saint-Eloi. L'inventaire opéré le 4juin 1792 en donne les détails suivants :

• Nous nous sommes transportés dans le sallnn du quartier dit abbatial , où nous avons trouvé une table de marbre avec sa consolle.

« Dans la place à manger : Deux tables de marbre avec leurs consolles, une cheminée de marbre et un trumeau au-dessus, une pendule à ressort . un tableau , une tapisserie de toile peinte, vingt fauteuils de cuir bouilli et trois rideaux de toile blanche aux croisées.

» Dans la salle de compagnie : Trois tables de marbre et leurs consolles. lroi> trumeaux au-dessus, une cheminée de marbre, un trumeau au-dessus, quatre paires de rideaux aux croisées , quatre tableaux , une tapisserie d'haute lisse . quatorze fauteuils , quatre chaises.

» Dans une place tenante à la précèdent* Une table de marbre et sa consolle , une tapisserie en laine, un lit garni de deux matelas, d'une paillasse, de rideaux de laine rouge , d'un ciel , dossiers et courte-pointe de satin bleu et d'une couverture de laine, un fauteuil , cinq chaises, deux tableaux et deux miroirs.

» Dans h place suivante . Trois fauteuils, un lit garni de rideaux de laine blanche, de deux matelas dont un de plume, d'une couverte de laine, d'une courte-pointe bleue, une tapisserie de laine, une table de marbre et sa consolle et deux chaises, un miroir.

» Pinces hautes; grande chambre . Un lit garni de deux matelas, d'une paillasse, de rideaux bleus , d'une couverte de laine et courte-pointe jaune, de satin; trois fauteuils, une chaise, deux consolles. un miroir, deux tableaux et une tapisserie de laine.

» Dans l'antichambre . Un lit garni de rideaux et courte-pointe de serge bleue, d'un matclat et d'une paillasse , deux chaises.

.» Dans une autre chambre Un lit garni de rideaux de serge bleue, d'un lit de plume, d'un malelat, d'une paillasse, couverture de laine, oreiller et traversin, deux chaises, une table de marbre et sa consolle, deux rideaux aux croisées

» Dans une autre chambre Un lit garni de rideaux de serge verte, courtepointe pareille, de deux matelas , d'une paillasse et d'une couverture de laine, trois fauteuils, un miroir.

» Dans une autre chambre In lit garni de rideaux de serge verte et courtepointe pareille , d'une paillasse . d'un malelat et d'une couverte de laine jaune . trois chaises.

Dans le réfectoire. Sept tableaux, quatre grandes tables, six nappes et cent serviettes que losdits supérieur et économe ont déclaré avoir été partagées entre les religieux quoique fesanl partie du commun, mais par la raison qu'ils pensaient avoir droit de le faire.

» Nous avons résolu d'en référer pour cet objet au Directoire.

» Nous avons interpellé lesdits supérieur et économe, de déclarer s'ils persistaient à affirmer que les services d'argent dont il est parlé dans l'inventaire susdit, appartenaient a chacun des religieux de ladite maison, pour l'avoir payé à leur entrée, ils ont répondu qu'oui.

» Ikin.s le chapitre : Deux tableaux et un pupitre en bois. Vis-à-vis la bibliothèque : Un autre grand tableau.

ijuartier des ètranijers . Dans dix chambres tant de maîtres que de serviteurs , nous avons trouvé dix lits garnis de rideaux de différentes étoffes de couleur, de treize matelas de laine et un de plume , de dix paillasses , de dix traversins , deux oreillers , douze couvertes de laine de diverses couleurs et de trois courte-pointes, cinq tables de nuit, dix-sept fauteuils couverts d'étoffes, seize chaises de même, dix tables de bois, cinq chaises de paille, une glace , deux miroirs et deux feux.

•> Treize paires de draps, deux ayant été employés à raccommoder les autres, quatre douzaines de serviettes et six nappes.

» Dans Us deux places à manger pour les ètmnyers : Trois tables de marbre et leurs consolles, trois tables de bois et leurs allonges, deux feux, sept chaises de cuir bouilli et dix chaises de paille.

» Et à l'instant , lesdits supérieur et économe nous ont représenté seize couverts d'argent, deux cuillers li ragoût, une louche, un porte-huilier d'argent , ainsi que seize couteaux !» manche d'argent qui n'avaient point été repris lors du premier inventaire.

•■ Nous avons enlevé lesdilcs pièces d'argenterie pour être transportées sur-lechamp dans le dépôt indiqué par le Directoire du district.

n Dans l'infirmerie .- Trois lits garnis de leurs rideaux , de quatre malelats, deux lits dé plume, de sept couvertes do laine de différentes couleurs, d'une courtepointe bleue, de trois traversins et d'un oreiller, deux feux, trois tables de marbre, quinze chaises de paille, quatre chaises d'étoffe et cuir et un fauteuil, quatre tables de bois, quatre paires de draps et une douzaine de serviettes, et nous avons trouvé dans la chapelle de ladite infirmerie . deux petits chandeliers de cuivre que nous avons mis sous le scellé.

« Dans la cuisine : Vingt casseroles, trois marmittes de cuivre, quatre fait-tout.

un jambonnier aussi de cuivre, dix douzaines d'assiettes d'étain , trente plats aussi d etain et six jattes a la soupe du même métal. •> Dans Ut bmtUm'jerie : Uu bulletoire.

« Dans Ut brasserie : Deux chaudières, deux cuves et autres accessoires de ladite brasserie.

« Dans Ut forge Un soufflet et ses accessoires, une enclume, une bigorne . un travers, un reboutoire et autres accessoires, un gros marteau et un moindre, et attendu qu'il est midi et demi sonné, nous avons interrompu ledit recollement, l'avons remis à deux heures de relevée et avons signé.

» Laignei. supérieur; P. Lewiiie. économe : C. Norman. Goidemetz; Le Gavrian, sec. coin. •>

Et ledit jour, deux heures de relevée, nous, commissaires susdits, accompagnés et en présence que dessus, avons continué ledit recollement ainsi qu'il suit :

« Dam l'rtjlise, nous y avons trouvé deux bustes d'argent, l'un représentant saint Eloi, l'autre saint Vaasl, posé sur des pieds de bois couverts d'une feuille de cuivre doré et de quelques ornements d'argent que nous n'avons point jugé h propos d'enlever a cause de leur poids et de la difficulté qu'il y aurait «l'emporter lesdits pieds.

>» Un tabernacle de cuivre doré et plusieurs ornements ainsi que la porte . qui sont en argent.

» Une croix au-dessus dudit tabernacle avec un christ d'argent massif, tenante îi quatre pilastres posées sur le tabernacle.

« Sous le maître autel: Une grande châsse couverte d'une plaque d'argent, toutes lesquelles pièces ci-dessus, nous n'avons point jugé a propos de déplacer ni emporter, par la raison que ces pièces tiennent au maître hôtel et sont d'un difficile déplacement.

» Dans Ui sacristie : Un ciboire d'argent don 1 , une remontrance, six calices avec leurs accessoires, deux encensoires, une navette, deux burettes, un petit plat ovale d'argent , deux bâtons de chantre, un bâton pastoral, une croix, le tout couvert d'une feuille d'argent , une croix pectorale d'argent.

» Nous avons résolu à la prière desdits supérieur et économe, de laisser jusqu'au moment de leur sortie, quatre calices et leurs accessoires a leur usage et sous leur responsabilité solidaire.

» Nous avons mis sous le scellé les deux talons de chantre . la croix et le bâton

pastoral, et avons enlevé sur le champ le reste des argenteries pour être transporté

dans le dépôt qu'indiquera le Directoire du district.

» Nous sommes retournés dans l'église où uous avons trouvé deux crucifix avec accessoires en argent que nous avons mis sous le scellé, ainsi que plusieurs

chandeliers, branches, et autres pièces de cuivre.

» Nous avons laissé dans ladite église, quatre grands chandeliers de cuivre au

maître hôtel, un pupitre de cuivre où l'on chante l'évangile, un grand candélabre

an milieu du chœur et un grand pupitre aussi de cuivre qui servait pour les

chantres.

.. Nous avons laissé aussi deux tables de marbre blanc avec leurs pieds. Plus, huit branches de cuivre aux petits autels et six autres morceaux de cuivre aux trois autres petits autels.

- Quant aux ornements, lesdits supérieur et économe ont assuré qu'ils existaient encore tous , tels qu'ils sont repris audit inventaire et se sont chargés de les représenter au jour de leur sortie.

» Quant aux cloches qui se trouvent dans, les tours, ils nous ont déclaré qu'elles consistaient en huit cloches de sonnerie et quatorze cloches de carillon. Ici a fini le recollement de tous les meubles repris en l'inventaire susdit et de plusieurs autres qui n'y étaient point repris ou point suffisamment désignés.

•• Ledit supérieur a réclamé six volumes du dictionnaire de l'Histoire, dts Hommes célèbres , et quatre volumes y servant de suite extraits de Bayle , et un chauffe-pied qu il a'dit lui appartenir iiidi\ iduellernent et ne les avoir déposés dans la bibliothèque que par condescendance pour le bibliothécaire , ce qui nous a été affirmé par ledit bibliothécaire. Lesdits volumes se trouvent in-8°. Il a été résolu d'en référer pour cet objet au Directoire.

«•Nous avons proposé auxdits supérieur et économe, de se charger jusqu'à leur sortie, de la garde des meubles repris audit recollement, conjointement avec la municipalité dudit Saint-Kloy, ce qu'ils ont accepté sauf incendie ou autres cas extraordinaires et imprévus.

» De tout quoi nous avous tenu le présent procès-verbal à Saint-Eloy, ledit jour, mois et an que dessus.

» Laignel. supérieur : V. Lewille ; C. Norman, remp. le p r sind. : ("ioi'dkmf.z ; Le Gavrian, sec corn. »

La principale seigneurie du Mont-Sainl-Kloi appartenait à l'abbaye. Il y avait encore d'autres fiefs, l'un éiait tenu de l'évêché d'Arras et portail le uom des

Clognards le monastère en fit l'acquisition de Philippe Morel, au XVI e siècle. Les moines de GhisteUes et de Gomiecourt avaient divers titres et propriétés sur le territoire. L'un de ces fiefs, nommé la Yinelle , fut acheté parla famille Wattelet.

Il y avait anciennement au Mont-Saint-Eloi un couvent de béguines a l'endroit occupé actuellement par l'église ; elles étaient nourries par l'abbaye. Ces religieuses s'étant plus tard laissées infecter d'hérésie comme presque toutes les béguines des Pays-Bas, furent supprimées.

Il y avait aussi des sœurs converses dans cette abbaye; elles demeuraient derrière l'église a l'endroit où furent établis par la suite les jardins des religieux. Elles avaient une chapelle ou église particulière près de leur maison. Elle était sous l'invocation de sainte Marie-Madeleine. Après que les conciles eurent ordonné de ne plus recevoir de sœurs converses dans les couvents d'hommes, leur chapelle fut cédée pour église paroissiale aux habitants de la commune du Mont-Saint-Eloi. Elle fut détruite dans la suite et l'on voyait encore en 1740 le cintre de la grande porte dans la muraille à droite en montant d'Ecoivres et près de l'abreuvoir. Jusqu'au milieu du XV e siècle, on remplit les fonctions curiales, et le service divin fut célébré pour les habitants dans la chapelle de la Madeleine qui était située au bas du chœur, à droite, en entrant dans l'église par la cour. L'abbé Jean Bullot fit bâtir la paroisse à la place où elle est restée de nos jours, sans y faire de clocher. Les habitants présentèrent inutilement plusieurs requêtes pour avoir une cloche (1).

Celte église desservie autrefois par un religieux de l'abbaye, forme un carré long. Elle est loin d'être en rapport avec l'importance de la commune, malgré les soins et les libéralités des habitants qui cherchent a suppléer par la décoration intérieure au peu d'importance du bâtiment.

D serait l>eau de voir ces belles tours devenir les clochers d'un sanctuaire digne des souvenirs grandioses qu'a laissés la riche et puissante abbaye du Mont-Saint-Eloi.

Le 25 janvier, on y célébrait la fête de sainte Emérentienne, vierge et martyre, dont les moines possédaient des reliques assez considérables.

Il y avait encore a l'extrémité du terroir du Mont-Saint-Eloi, vers Carency, une chapelle érigée en l'honneur de saint Vaast ; la communauté s'y rendait processionnellement tous les ans aux Rogations. Le premier jour à Ecoivrcs, le second a Acq, et le troisième, a la chapelle dont on vient de parler. Cet usage fut toujours conservé.

(I) P. IGNACE, ir.ss. Supp. aux M.m., p. 374.

Uuelques-uns des plus anciens prélats de l'abbaye du Mont-Saint-Eloi sont cependant cités dans l'histoire de cette uiaisou comme des savants ; mais leurs écrits ne sont pas arrivés jusqu'à nous. On doit chercher la cause de cette sorte de pénurie littéraire , dans les malheurs du temps , l'invasion des barbares , le* guerres civiles sur nos frontières et la corruption des mœurs. Le désordre introduit dans les cloîtres, livrés à la fois aux laïques et aux gens de guerre, et les déprédations des Normands dans les églises et dans ces monastères si riches en manuscrits , ne laissèrent aucun vestige des sciences et des beaux-arts.

Toutefois, dans des temps plus modernes, plusieurs abbés du Mont-Saint-Eloi nous ont laissé d'assez belles productions de leur plume, pour que nous passions eu revue les annales littéraires de ce monastère.

Dès le XII e siècle, sous la prélature de Richard I er , nous rencontrons un moine du nom d'Ogcr, qui avait la réputation d élie fort lettré.

L'abbé Euslache passait pour être très-versé dans les sciences sacrées et même dans les sciences profanes. Doué d'une grande capacité intellectuelle et d'une érudition souvent admirée dans la chronique de l'abbaye de Saint-Vaast, il fut l'auteur d'une dissertation sur le livre du Maître des Sentences . et de plusieurs autres ouvrages rapportés par Foppeus, dans sa Bibliothèque Belgique.

Sanderus (1) indique des manuscrits contenant des questions sur le livre des Sentences et d'autres opuscules d'Euslache, moine du Mont-Saint-Eloi, près Arras. Ce religieux qui fut professeur de théologie, est-il le même qu'Eustache. septième abbé du Mont-Saint-Eloi? Tout porte à le croire; toutefois, les auteurs de tiallm Christ inna ne lui attribuent aucun ouvrage (2).

L'un des religieux contemporains de cet abbé, Arnulfe. dédia en 1170 à l'évéque d'Arras, Frumault, la préface de son exposition du canon de la messe. Cette préface existe manuscrite dans les archives de l'abbaye de Clairniarais.

ARNULFI CANONICI REGULAHLS MONTIS SANCTI EL1G1I

PR.CFATIO IN EXPOSITIOEM CANONIS

MISSJÎ.

Ilererenda Alrebalensium episcopo Frumaldu . dimiino suo Arnnlfus de monte, sancti Eligii coiwnicus eleriewt semj^r tuus et dudum fnrtassim non

{\) Biblioth. mu. Bclg., tome i», pages 339-3U.

(2) Hiitoire littéraire de la France, tome xiv, page 60*.

ultimus intcr amicos , ita misericordia abundare . ut per ipsum consequatiir i/"(in».

Sacri canonis expositionem summus quidam ac venerabilis doctor ex diversù sparsim scripturxe auctoribus . opus scilicet spaciosum ac xptciosum coUegit. post quem multi opta idem abbrevintor successi. Pauca vero prœfatus doctor vitro tanquam prtentiora omisit. Ego igitur en, Deo providente, mihireservam sententiis ab eodem auctore colleclùi annectere tentari : ut quod ejus minus habebat lectio. noslra integraret abjectio. Ego Arnulfus ea quce sequuntur eccerpere citravi ex scriptis Âmbrosii , Augustini . Hieronymi. Gregorii, Isidori. Yirgilii, atque Fulgentii : qua lieet a multis aliter et aliter abbreviata inreniantur. tamen eodem rursus Verbatim abbreviare experiar : tnnto fortassim atilius quanta et ordinatius : ita scilicet ut lectoris animum jucundius obleclet . et dilucida brevitas , et exjwitionis integritas, et mysticorum verborum palefacta prafunditas (i).

Ce môme Arnulfe est l'auteur d'un petit traité sur l'Oraison dominicale, De orctùme Dominicà ; ce manuscrit fut déposé à la bibliothèque de Saint-Berlin.

Les XIII e , XIV e et XV e siècles ne virent surgir aucuu écrivain remarquable dans l'abbaye du Mont-Sainl-Eloi. La théologie était la grande étude de l'époque et nous voyons les abbés Etienne du Fermont. Servais du Guez et Nicolas, de Duisans, enseigner publiquement celte science et y acquérir successivement les grades de bachelier et de docteur.

Au XVI e , le prélat Jean de Feucy vint jeter quelque éclat dans les annales lilléraires de ce monastère. Appelé par l'empereur Charles-Quint à la tétc des abbayes d'Hénin-Liélard et du Mont-Sainl-Eloi, il fit refleurir dans ces couvents le goût des lettres. Les agitations de la guerre l'avaient forcé de négliger ses études. Peu versé dans la langue latine, il se montra très-zélé pour les sciences. Doué d'un jugement sûr , d'une raison ferme et d'une éloquence séduisante , il reçut de l>mpereur Charles-Quint des missions importantes.

Jean de Feucy a laissé les ouvrages suivants qui n'ont pas été imprimés :

1° Xoles sur les abbés du monastère d fUnin-Liètard. De Glen s'est servi de ces notes pour la composition de son histoire où elles sont souvent citées. Les recherches constantes de nos bibliophiles et notamment de l'historien distingué d'Hénin-Liétard. M. Dancoisne, n'ont pu jusqu'à présent les faire découvrir.

(J) Entrait du Thnaurxtt novu* anerdotorum de dom Martin et de dom Durand, tome i", page 477.

2° Mile, iraitle de chromante des forestiers de Flandres . rédiijè et mis ptir escript jnr révérend père et abbé sire Jean de Ftrucy , abbé des immastères du Monl-Sainct-Eloi et de Hénin-Liétard , et œnseiller de l'empereur Charles-Quint. Cet ouvrage écrit en français, quoique étant une compilation des chroniqueurs flamands, est cependaut intéressant à plus d'un titre. On trouve au commencement quelques lettres et extraits ayant rapport à Jean de Fcury; la première, très- MH-cincte , est d'un auteur inconnu qui vivait sous François de Glen ; la seconde est du révérend père, Michel Hoier, de l'ordre des Augustins , écrite à Hobert Malbranque, abbé d'Uéuiu en 1659. C'est un éloge pompeux de Jean de Feucy; mais l'auteur n'entre dans aucun détail : on voit seulement qu'il descendait d'une noble famille. Puis vient un extrait de Valère André (Itihlintheca lielaica , imprimé ii Louvain en 1643.

Celle chronique se termine par l'histoire de Marguerite, irrite en latin. Longtemps • garée , elle fut retrouvée par Claude Doresmieulx cet érudil qui nous a transmis •U s manuscrits si curieux pour notre histoire locale, en Ht don à son frère, alors abbé du Mont-Saint-Eloi. Elle resta dans ce monastère jusqu'à la fin du siècle dernier

Qu'est devenu l'original de celte chronique? 11 en existe heureusement une. copie parmi les manuscrits de la bibliothèque d'Arras. Ce manuscrit provient de l'abbaye du Mont-Saint-Eloi et a été copié au XVII' siècle ; il porte le numéro 34.

Il renferme en outre les documents suivanls

1" Erection de la comlée d'Arthois.

2" Election de l'empereur Charles-Quint.

3' Esmolion de la guerre par François , roy de France contre l'empereur

Charles-Quint.

4" Prise du roy François devant Pavie.

5" Castille, envoyé par le roy François, estant délivré de prison, à Sa Majesté impériale.

6" Ordonnance de l'entrée de Boulogne.

7 La triomphante entrée de l'empereur Charles . à Rome 8" Mémoires d'aucunes choses remarquables.

9° Autres mémoires.

10" Batailles mortelles.

11" Livres contenant plusieurs mémoires de 1050 a 1550 et au-delà. 12" Siège et bataille de Saint-Quentin.

13" Autres mémoires et choses remarquables advenues, etc.. ck\ 14" Institution de l'ordre de la Toison-d Or.

Du chancelier de Tordre.

Des greffes de l'ordre.

Du trésorier de l'ordre.

Du hérault de l'ordre.

De la fcsle de l'ordre.

Des funérailles de l'ordre.

Droits appartenant aux officiers d'armes.

Entrée de l'empereur Charles à Tournai, et renouvellement dudit ordre. . Complainte de Tournai.

Privilèges des chevaliers de l'ordre.

Les vœux des chevaliers de l'ordre.

Les douze pairs de France.

Plusieurs dates.

Discours pacifiques sur Testât des Pays-bas.

Traité de réconciliation d'Arras.

3° Répertoires des tiltres estant au trésor des Chartes d'Artois à A iras . fuit pu l'an 1526.

Ce premier inventaire des chartes d'Artois fut dressé par Jean de Feucy et par Jean Caulier, seigneur d'Aigny, en exécution des leltres-pateuies de Charles-Quint en date du 26 novembre 1526. Il manque de méthode et l'ordre chronologique n'y est pas toujours observé.

Ce répertoire a été fait en double : l'un repose aux archives départementales du Nord, l'autre est égaré depuis longtemps. 11 en existe une copie dans la bibliothèque particulière de M. Godin, archiviste du Pas-de-Calais.

Il est question de cet inventaire dans l'Avertissement de l'inventaire chronologique des archives des anciens comtes d'Artois, par Godefroy (Archives hisl. du Nord de la France , tome 1 er , page 155), et dans un Mémoire de M. Le Glay suides actes relatifs à l'Artois, qui reposent aux archives du déparlement du Nord (Mémoire des A ntiquaires de la Morinie, >, tome iv, pages 21 et 22 (1).

Nous avons aussi découvert dans la bibliothèque particulière de M. Goèlhals, à Tournai, un manuscrit dû à la plume de Jean de Feucy. Cet ouvrage composé uniquement de chroniques concernant les événements contemporains, racontés sans ordre de date , ne présente ni intérêt littéraire ni documents utiles il consulter.

(I) Extrait des Rechercha historiques sur llmiu- têtard , par M. Daneoisoc , pages t'M ci suivantes.

Comme Saint-Berlin à Saint-Omer, comme Cluny, comme Sainl-Vaasl d'Arras. le Mont-Saint-Eloi eut ses historiens. André Le Vaillant, abbé de ce monastère en 1624, a laissé une chronique ou plutôt des mémoires pour une chronique de l'abbaye. Son travail n'a point vu le jour (l).Ce prélat est le premier qui ait ouvert le registre-journal sur lequel on inscrivait tous les faits de la maison du Mont-Saint- Kloi et de la contrée qui l'entourait. Ce journal fut sans doute continué par tous les abbés, mais ces précieux manuscrits ne nous sont point parvenus , ayaut été anéantis à la révolution.

L'ouvrage d'André Le Vaillant était au rang des manuscrits de l'abbaye. royale de Sainl-Vaasl : l'académie des sciences d'Arras en possède une copie. Nous y avons puisé jusqu'à la fin du XVI e siècle , de précieux documents pour la rédaction de cette histoire.

Comme sou prédécesseur, l'abbé Doresmieulx consacra une partie de sa vie à la rédaction des annales de son pays. Un lui doit des recherches savantes, restées manuscrites, sur l'abbaye et les prieurés de ltebreuve, d'Aubigny et du Perroy qui •■il dépendaient. Chronicon Abbtilum et rimrum iUustrtum mouasterii S. Eliijii, et mmervrum priorat uum. L'auteur travailla pendant environ vingt-cinq ans à mettre en ordre les pièces qui composent cette chronique, où il entre dans un I rès-grand détail.

Il publia aussi la vie de saint Vindicien. évéque d'Arras et de Cambrai, dont le corps était vénéré dans l'église de son monastère. Vito s. Yindiciani episcopi CmneraceusLs rt Atrebntensis. Cette (ouvre, dont l'auteur a puisé le fond dans la chronique de Baldéric et dans un panégyrique du saiut. composé au XI* siècle par Gauthier, abbé de Saint-Sépulcre à Cambrai, a été éditée par les Bollandistes, religieux de la compagnie de Jésus qui continuent à Anvers la publication des actes des saints (2). On en trouve l'analyse avec un savant commentaire dans Ghesquière , tome v.

La vie de saint Vindicien, tçlle que nous l'a laissée Dorcsmieux. écrite en latin . est peu connue. On en trouve un résumé dans l'histoire de sainte Bertille, récemment publiée; mais elle mérite d'être traitée avec plus d'étendue. Outre les faits qui concernent la vie privée et I episcopat du «uni, l'abbé' du Mont-Saint-Eloi a raconté les miracles qui se sont opérés à son tombeau, il a joint à son récit plusieurs notes curieuses et très-recherchées concernant les événements qui intéressent l'histoire de la province et font apprécier les siècles où ils se sont passés.

(1) Fpjwvi de Loches, Chron. Belg., 678. - Swersths, 127. — Gallta Chriit. m, 43*.

(2) Arta tanctontm, I. il. Martii, u, page» 76-K1.

Nous citerons encore :

l u Le livre de messirc Gilles de Hénu, prévôt de l'abbaye eu 1287.

2° Le manuscrit de François Ansay, religieux qui vivait en 1654.

5° Le manuscrit de l'abbé Duquesnoy , traitant des fondations des prieurés d'Aubigny, de Rebreuves, du Perroy, etc., etc.

4° Celui de messire Charles Wartel, religieux de l'abbaye et membre correspondant de la Société littéraire d'Arras.

5" Les lettres de messire Dehay, curé, prieur de Rebreuves.

Les livres et les manuscrits précieux que possédait l'abbaye du Monl-Saiul-liloi donnèrent une grande réputation a ses archives; aussi furent-elles complètement dilapidées en 1792. Des commissaires furent nommés à l'effet de reconnaître re qu'elles renfermaient, et, rapporte un vieillard, témoin occulaire de ces désastres on remplit des chariots entiers avec les registres, manuscrits et volumes que. du haut des combles où se trouvaient les archives, on jetait péle-mélc sans aucune surveillance.

Dans l'inventaire du mobilier de l'abbaye, dressé le 4 juin 1790, il est dit que tous les imprimés et manuscrits, portés sur le catalogue, existent dans la bibliothèque, a l'exception d'un manuscrit in-folio portant le n° 62 et ayant pour titre : Histoire des ducs de Itourgogne, et contenant un roman de Jean Molinet, avec une chronique de Monstrelet, imprimée en caractères gothiques.

Nous venons de passer en revue la constitution intérieure du monastère, ses richesses, ses annales littéraires, ses acquisitions et les largesses que lui prodiguèrent les uobles et les princes. Nous avons raconté comment de pauvre ermitage, il s'était converti en une vaste et puissante abbaye, dont le nom devait se perpétuer de siècle en siècle. Il nous reste maintenant à décrire au lecteur, dans la dernière partie de notre ouvrage, la constitution physique du couvent du Mont-Saitil-Kloi et les détails de sou architecture grandiose.

Ne pouvant reconstruire en entier ses bâtiments depuis leur origine , nous devrons borner notre travail à les représenter tels qu'ils étaient au moment où ils furent renversés par la main d'impies et de sacrilèges, qui , semblables à des démons, paraissaient avoir abdiqué leurs droits au titre d'êtres intelligents. Chose inouie. tandis que les hommes, guidés par la saine raison , se font une gloire des chefs-d'œuvre élevés par leurs pères, ces mêmes hommes, abandonnés à leurs mauvais instincts, s'acharnent avec fureur contre ce qui faisait leur orgueil!

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