‹ L'Abbaye du MontSaintEloi, 10681792Chapitre 8 sur 60 · JEAN I · texte numérisé non relu

JEAN I

- If. -

A l'avènement île l'abbé Jean, le Mont- Saint -F.loi était «b-jà hîrn nilnvé: autour «lu monastère, s'étaient réfugiées les malheureuses victimes îles premiers temps de la féodalité; le pillage, les incendies, les luîtes sanglantes dont le résultat était aussi odieux que le motif frivole , les guerres de seigneur a seigneur, les rivalités de château à château, les redevances de toute espère qui écrasaient les sujets, toutes ces calamités forçaient les habitants de nos contrées à aller chercher, dans les maisons religieuses un abri sùr contre ces exactions de tout genre. Le couvent était l'unique espoir de toutes les infortuucs : ses revenus encore minimes n'auraient pu suffire à leur soulagement, sans les nombreuses donations qui lui arrivèrent de toutes parts.

Liébert, en établissant les chanoines réguliers du Monl-Saint-Kloi, leur avait donné de quoi subvenir a leur entretien. L'exemption de leur église, l'abandon de biens et la concession des autels d'Uouchin et de Itodricourt en sont la preme T .

(îodefroy. sire île Coucy, abandonna aux religieux la possession du trr.spmrfs , emplacement sur lequel s'élevait le monastère •;»}. Vers l'an 1077, Robert le Frison, «■ointe de Flandre , avant associé son (ils à son gouvernement , donna à l'abbaye les viviers d'Anzin, qui sïtctulaient depuis Saint-Aubin ;7>> jusqu'à Kcoivres. Cette tlonalion était d'une grande valeur à une époque où l'usage «le la viande était intcnlif aux religieux. Ils trouvaient dans ces viviers des poissons très-beaux et en grande abondance. Telle est probablement , dit M. l'abbé Parenly, l'origine du droit «le » pèche «lont jouissait l'abbaye sur la rivière «le Scarpc, depuis le pré Saint- " Vindicien, situé au-dessous du Mout-Sainl-Floi, à Kcoivres, jusqu'au moulin de

Sainte-Catherine , près An-as. »

(lérard 11, évè«pie «l'Arras, ajoute à tous ces dons, en 1087, celui «les dîmes V et des autels de Neuville et «le Mojenneville , moyennant une faible redevance à la cathédrale d'Anus.

(1) Voir pièces justificatives, I.

(2) Ferri de Locres, I'. 202, CJironiton btlgicum.

On voyait cueorc, en \"it> , les armes de ce seigneur placardées sur les murs de l'abbaye : elles étaient écartelées de gueules, vairées de six pièces, avec celte devise : Cuunj-Couaj.

(3) Sainl-Aubin-Anzin , village sur la Scarpe , à une lieue d'Arras.

(*) Ij dlme était le prélèvement d'un dixième des produits agricoles et industriels au prolît du clergé régulier et séculier, et îles seigneurs. Elle fut d'abord volontaire et ensuite devint obligatoire; les conciles d'Ailes , de Chalons et de Reims, tenus sous Charlemagiie, «|ui en lit l'objet d'un de ses capitulsires, en Tirent un droit auquel il n'était pas permis de se refuser. I.e premier qui ordonna la prestation de la dime, fut celui de Tours tenu en 'Ail. La même chose fui prescrite par le concile de JKicon en MÔ.

Jean mettait ainsi tous ses soins h augmenter les revenus de son monastère. En 1095, il en est fait meulion dans une charte concernant l'abbaye de Molesmes. Deux ans après, Lambert de Guines, successeur de Gérard au siège épiscopal d'Arras, dans le synode tenu en cette ville le 21 octobre 1097 (1), confirma mutes les donations faites a l'abbaye du Mont-Saint-Eloi , ainsi que le privilège accordé aux religieux de se choisir eux -mômes un abbé, après avoir obtenu toutefois l'autorisation et pris conseil de l'ordinaire. Après sou élection, l'abbé devait être conduit devant l'évéquc , pour y recevoir l'investiture du temporel , la charge d'âmes et la bénédiction abbatiale (2).

Vers l'an 1100, un chevalier de noble origine, Claremboldt , seigneur de Loltinghem (3) , partant pour la croisade avec le célèbre Godefroy de Bouillon . légua tous ses domaines a l'église de Rebreuves-sous-lcs-Monts. A sa requête, lcvéquc Lambert accorda à l'abbaye de Mont-Saint-Eloi la cure et la dime de l'autel de Rebreuves, à la charge aux religieux de payer annuellement, le Jeudi-Saint , deux sols a lcvéquc d'Arras. Il y envoya quatre chanoines, dont un avait la qualité de prieur. Ces religieux devaient desservir l'église et administrer ses revenus. Telle [ut l'origine du prieuré de Rebreuves (i). Déjà l'abbaye possédait aux environs des rentes foncières et propriétés seigneuriales, dont elle attribua le quart des revenus à l'entretien du nouveau monastère. Ces possessions provenaient des libéralités de Nicolas d'Aubigny et de sire Robert Lenfant.

Les seigneurs de Carency furent les principaux bienfaiteurs de l'abbaye : aussi , leurs noms sont particulièrement conservés dans les chartes du Mont-Saint-Eloi. Elbert, de Réthune, premier du nom, seigneur de Carency, lors de la ratification faite par Lambert, évéque d'Arras, de tous les biens octroyés à ce monastère, lui avait déjà donné des terres à blé, des bois et des hostes ou maisons (mansus;, situés tant à Ablain qu'à Alleux et Rouvignics, et avec cet abandon, le droit de justice sur quelques autres domaines sis à Camblain-Labbé (S).

Murent ou Morcns de Réthune et sa femme Ode donnèrent quelques alleux aux religieux du Mont-Saint-Eloi. Ceux qui servirent de témoins et qui signèrent

(I) 1007. Lettre de l'évoque Lambert. Mirai opéra diplom. Edition iu-fol., p. 1GG. Pièces justificatives, m.

(21 Paukntt, Vie de saint Ehi, p. 20?.

<rt) Village du Boulonnais, canton de Désire», (i) Voir notre notice sur le prieuré de Rebreuves , près Houdain.

C.) A. u'Htmcouvr. Carency et $es Seigneurs, p. 6. L'acte était au tré&or des chartes de l'abbaye.

uign

l'acte de donation furent Arnould de Malaterra, Wagon de Réllmne , Alulfus Prévost. Elhert de Réthtme et (.îualhert (1).

Ces allftir (i) qui venaient dit chef d'Ode étaient situés à Gomiecourt. Robert de Péronne, du ronsenlemeut d'Odon son lils et d'Alicia sa fille, avait déjà donné à l'abbaye la quatrième partie de ce qu'il iHissédait dans celte même terre. Waltlier et Engcbrand son oncle, Roger de Surcties, Elludon son neveu, Hugues de la Motte, et autres, cédèrent au monastère toutes leurs possessions dans ce \illage (3).

A AMain. le seigneur Elberl de Rélhune et son fils Amauri donnèrent douze sepliers pris dans leur terre, avec le bois et une maison ou ferme (4) (unum hospilrm!. L'abbaye en re<;ut de plus une maisou et des terres situés à Houvignies 'ad Iku tinuis). Roger de Réllmne, Walter de Goy iGouy - en - Gohclle), Haleuidc et Supplicie de Givcnchy, abandonnèrent aussi en faveur du Mont-Saint-Eloi tous les manoirs et terres qu'ils possédaient en commun à Rouvignies. Roger y ajouta une ferme, vingt-deux sepliers de grains à prélever tous les ans sur son moulin de Anneziu, et quatre maisons. Wilburge sa femme et ses filles Judith, Halewide et Godildc, confirmèrent cette donation. Enfin, lladewide de Réllmne donna à l'abbaye une maison sise à Annezin, pour le repos de lame de son époux, Robert surnommé Crassus.

A Camblain (in CamblinioJ, Haton donna tout son alleu, Hugues Ravel une terre, et Odon et sa famille tout ce qu'ils y possédaient à titre d'héritage (ï>). Elberl. seigneur de Carency, renonça à tous les droits de justice qu'il avait en ce lieu.

Robert l'avoue donna la terre appelée Favril (Fm erillh}. une ferme et le bois d'Aunes qui en dépendait. Gel acte fut signé par Elberl de Réthune, Roger, Wagon et autres témoins (G).

Wariu, seigneur de Dourges, qui plus tard fut enterré dans cette abbaye (7).

(1) Mss. Père Ignace. Mém. tom. vin. p. 1.13.

(2) Co mot allmx, «M, vient du mol Gaulois loos, sort. Les alleux étaient des terres prise-., occupées ou reçues en partage nu moment de la conquête ; par la suite on donna le nom <j allfiix à toutes les terres possédées en toute propriété et qu'on ne tenait de personne.

(3) Pièces justificatives, iv et v.

(i) Statistique monumentale du Pas-de-Calais. L'église d'Ablain, par A. d'Héricourt. <5) Le peuple appelait oblatùms ces sortes de dons. (G) Voir pièces justificatives, vi.

(7) Warip fut sans doute enterré au Mont-Saint-Eloi, car on trouve qu'un seigneur du nom de Warin lit don aux religieux d'une partie de la terre de Gouy-en-Tcrnas, parce que son père iis ait reçu la sépulture dans le monastère.

lui fit don de la maison de Bay , avec toutes ses dépendances : ce domaine fut plus tard gouverné par des religieux du Mont-Saint-Eloi.

Toutes ces donations faites au commencement du XI e siècle furent complétées par l'abandon que fit Gaultier, châtelain de Douai, de la terre de Gouy-temas (1). sa libéralité valut à l'abbaye une partie de la terre de La Comté ; ce village devint plus tard la propriété exclusive du monastère par l'acquisition qu'eu fit Jean 1".

On trouvera peut-Cire que nous nous sommes trop étendu au sujet de ces donations dont le détail n'a rien d'attachant en lui-même ; cependant, il importait de bien exposer la source des immenses revenus d'où l'abbaye tira plus tard sa splendeur et sa prospérité. 11 ne faut pas non plus s'étonner de la piété libérale des seigneurs à une époque où chacun se faisait une loi et un point d'honneur de contribuer à l'accroissement des maisons religieuses. Saint Bruno venait d'instituer l'ordre des Chartreux; Gérard B avait donné des lettres de fondation a l'abbaye d'Anchin, etc., etc., et pour ne parler que de l'Artois , notre diocèse ne vit-il pas s'élever alors les abbayes d'Hénin-Liétard , d'Eaucourt et d'Arrouaise ?

L'abbé Jean, voulant assurer toutes les nouvelles possessions de son monastère, se rendit auprès du pape Paschal II muni d une lettre de recommandation de l'évOque Lambert (2). Il obtint , en 1404, du souverain pontife une bulle confirmant toutes les donations faites à l'abbaye (3). Le nom de ce prélat figure dans divers titres mentionnés dans la fiallia Christiana : le 2 février 1007, il souscrivit aux lettres de Lambert de Guines, en faveur de Hugues, abbé de Saint-Denis à Reims, et au privilège accordé l'année suivante par le même éveque à Alolde. abbé de Saint- Vaast; le 16 octobre 1101, il signa la charte de fondation de l'abbaye d'Eaucourt, et cinq ans plus lard, le 7 novembre 1106, son nom élait apposé sur le privilège accordé a Guiseude, abbesse de Maubeuge (4).

A la prière de Jean, Elbert de Béthune affranchit Eude de Camblain et Fulbert son frère, ainsi que Rambaud de Denis et l'rsion d'Arras. comparsonniers, du droit de plaid qu'ils lui devaient conjointement à Ablain (5).

(I) Gouy-Ternas, village de l'arrondissement de Saint-Pol, canton d'Aubigny, où s'établit plus tard un prieuré dépendant du Mont-Suinl-Eloi. ii) Voir pièces justificatives, vu.

(3) Voir pièces justificatives, vin.

Cette bulle a été traduite et insérée à la suite de la ebronique d'André Levaillant. M) G allia Chstiania, lom. lit, p. 429.

(5) Le plaid élait un droit seigneurial dû pour la mutation du seigneur ou du possesseur i\e l.i ebose qui y était sujette et à certaines conditions. (Cai ennj, p. G.)

Gaultier, premier abbé du Saint -Sépulcre à Cambrai, dédia à l'abbé Jean une vie de saint Vindicien (1).

Enfin, après avoir administré pendant quarante ans l'abbaye du Monl-Saint- Kloi, Jean alla recevoir la récompense de ses travaux. 11 mourut le 7 avril 1108. Son corps fut inhumé au milieu du chœur de l'église.

Ce prélat avait été formé- à la vie monastique par lvcs, abbé de Saint-Quentin ; il était d'une piété exemplaire. La simples*? de ses mœurs et son humilité profonde répandirent au loin un parfum de bonne renommée; et attirèrent auprès de lui des hommes aussi distingués par leur naissance que par leurs qualités. Cérard, évéque de Thérouanne, accusé de simonie et chassé de son évéehé, vint chercher dans ce monastère cette tranquillité qui lui avait été si longtemps refusée (2). Caulticr, châtelain de Douai, après avoir comblé de bienfaits l'abbaye, vint s'y v ouer au service de Dieu.

On compte encore parmi les religieux de cette époque :

1° Jean de Commines ou de Warneton, chanoine de Saint- Pierre de Lille, qui plus lard appelé comme archidiacre par l'évèque Lambert , puis ensuite évéque de Thérouanne, vint bénir le 1 er mai 1106 le monastère de Saint-Bcrtin et faire la dédicace de l'église nouvellement restaurée (3) ;

2" Hugues, qui fut fait abbé de Saint-Denis à Reims, à la prière de 1 évéque d'Arras. et y mourut en 1119;

3" Richard de Watrelos, prieur de la maison de Rebreuves et (pli devait sur céder à l'abbé Jean I".

RICHARD I", DE WATRELOS.

Richard ou Ricouard, de Walrelos, prieur conventuel du monastère depuis neuf ans, fut appelé à remplacer l'abbé Jean. L'année môme de son élection, le 17 juillet 1108, il assista a l'accord qui se fit en présence de Lambert, évéque d'Arras entre le chanoine de Tournay et les religieux de Saint-Martin de la même

(1) Celle vie se iruuveà la Bibliothèque d'Arras. Manuscrit n» 162.

(2) Malbranoue. De Morinis, tom. m.

(3) Il de u Plane. Biographie dts Abbès de Soint-Bertin , tom. i«, p. 1 75. - Caria Simnms , p. "260.

ville. Sous son administration , de nouvelles libéralités des seigneurs vinrent augmenter les revenus de l'abbaye.

En 1109, Warin, seigneur de Dourges et de Noyelle - Godauli , donna aux religieux un alleu situé sur la rivière d'Escrebieux, consistant en terres labourables, bois, prés, et un moulin situé sur ce cours d'eau (1). Elbert de Carency signa l'année suivante la charte concernant cette donation. Robert dit le Gros, seigneur de Bélbune et avoué de l'abbaye de Saint-Vaast , fidèle au vœu qu'il avait fait au siège de Jérusalem, vint trouver l'abbé Richard et lui demanda l'un de ses religieux pour desservir la chapelle de Notre-Dame du Perroy, qu'il venait de fonder près de son château, hors de l'enceinte de la ville de Béthune (2); l'abbé le lui accorda.

En 1111 , Richard se rendit à Rome pour visiter les tombeaux des saints apôtres et recommander au pape Paschal II les intérêts de son monastère. A son retour, il souscrivit, le 11 avril 1112, aux lettres dans lesquelles l'évèque Lambert accordait plusieurs droits d'autel à Bovon, abbé de Saint-Amand (5).

Robert, successeur de l'évèque d'Arras Lambert, se montra très-généreux envers l'abbaye du Mont-Saint-Eloi ; en 1118, il lui donna les cures d'Hersin, de Contes , de Bajus, avec leurs dépendances et plusieurs autres privilèges (4). Deux ans après, Guflroy, seigneur de Bullecourt, donna aux religieux les biens qu'il possédait en ce lieu; son exemple fut suivi par le seigneur de Chinchy (5), et par Berthe sa sœur, dont le domaine était très-considérable.

Dès que Sichcr, seigneur de Carency et d'Ablain eut recueilli l'héritage de son père, il confirma à l'abbé Richard le droit de plaid qu'Elbert avait remis à Eudes de Camblain et autres , à la prière de l'abbé Jean , et du consentement de Robert de Béthune et de Bauduin son fds , de qui ils tenaient ce droit en fief (6). Reconnaissant lïmi>ortance des possessions cédées à l'abbaye par Robert de Béthune , Richard employa près de Sicher, son fils, des amis dévoués, pour lui faire confirmer les donations faites par son père (7). Ce dernier y consentit , et de plus, de concert avec sa femme Berthe, il gratifia l'abbé Richard des terres situées au

(I) Voir pièces justificative» , vi.

(t> Voir notre notice sur le prieuré de Notre-Dame du Perroy. dépendant de l'abbaye du Mont-Saint-Eloi.

(3) Gatlia Christ iana, tom. lit.

(4) Voir pièces justificatives , tx.

(5) Chinchy, ferme importante dépendant du village du Mont-Saint-Eloi. (fi) Voir pièces justificatives, x.

(7) A. d'Héricotivt. Careucy et ses Seigneurs, pages 7 et 8.

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terroir d'Ablain, à l'endroit appel» 1 Renoncourt el qui provenaient du chef de Bcrlhe (1).

Vers la môme époque, Gautier Flaclet de Gouy-i>n-Gohelle , ayant perdu sa femme et ses enfants , donna a l'abbaye pour le repos de leur âme et de la sienne, tous \?$ alleux et autres biens qu'il possédait eu ce lieu (2). En 1125, Robert de Béthune ayant voulu reprendre une portion de la terre de FavrU, y renonça bientôt et en fit un nouvel acte d'abandon (5). Warnier d'Hain<-liucourt céda, en 1123, à l'abbaye du Mont-Saint-Eloi les terres qu'il possédait en ce village, ainsi que les droits qui s'y rattachaient (4).

Si les grands seigneurs se montraient généreux envers le monastère du Mont- Saiul-Éloi, il faut convenir que les religieux de cette maison savaient faire un noble et digne usage des libéralités dont elle était l'objet. En 1126, une graifUe famine survenue a la suite d'un hiver rigoureux ayant fait horriblement souffrir le* habitants de la contrée, l'abbé Richard en fut en quelque sorte le sauveur parles secours abondants qu'il sut leur distribuer à propos. Bientôt après, Renauld , archevêque de Reims, confirma les donations de l'évéquc Robert (5\

En 1129, Hugues II, châtelain de Cambrai et seigneur d'Oisy, ayant marié sa fille Clémence avec Guillaume 1", seigneur de Béthune et avoué d'Arras, donna aux religieux du Mont-Saint-Eloi la haute, moyenne et basse justice , la banalité du moulin de Chinchy et autres droits qui lui appartenaient aux environs ;(»).

Au synode d'Arras tenu sous l'épiscopalde Robert, une transaction eut lieu entre l'abbé Richard et Gontrand, chevalier d'Arras, au sujet d'un terrain que le monastère avait longtemps possédé à Beaurains , près de cette ville ;7\ L'acte fut passé en présence des vénérables Drogon et Roltcrt archidiacres; Alvise, abbé d'Anchin ,

(I ) Voir pièces justificative*, xt.

(i) Voir pièces justificatives, XI.

(3) Voir pièces justificatives, xu.

(i) Voir pièces justificatives, XIII.

(5) Voir pièces justificatives, xiv.

(0) Voir pièces justificatives , XV.

Duchesne, dans son histoire de ta maison de Réthunc a omis de rapporter In date de la charte du seigneur d'Oisy. Jean le Carpeotier. dans les Annalet de Cambrai, a réparé celle omission ; elle est du mois de juillet 1 120. L'auteur a transcrit non-seulement la date de l'acte, mai? encore les noms de ceux qui l'ont signé. (Voir les Preuves de l'Histoire de la Maison de Cambrai, p. 1 7). Ferri de Locres fait remonter cette donation à 11811. CAron. Belg., p. 312.

Cet Hugues élait descendant du premier bienfaiteur de l'abbaye. Aussi, peut-on regarder cette ancienne maison deCoucy comme fondatrice de l'abbaye.

(7) Voir pièces justificatives, .wi.

Simon, abbé de Saint-Nicolas de Voye, Azon de Bélhune, Guarner de Hénin, ei d'autres témoins y apposèrent leur signature.

Homme savant et constamment livré a la méditation et à la prière, l'abbé Richard fut un modèle accompli pour les religieux qu'il ne cessa d'édifier par la sainteté de ses exemples. D avait une grâce particulière pour apaiser les difficultés de ceux qui le prenaient pour arbitre. Il fut cependant obligé de se rendre lui-même à Rome , pour y soutenir les droits de son monastère contre un ecclésiastique d'Arras nommé Alard , qui lui contestait des biens dont l'abbaye était en possession ; il plaida la cause devant le pape Paschal n et revint triomphant dans son abbaye en 1111 . L'influence de ses vertus contribua beaucoup à la prospérité toujours croissante du couvent.

On remarque sous son gouvernement un religieux du nom d'Oger. Ami de saint Bernard et homme de lettres distingué, ce moine fut d'abord chanoine régulier de Saint-Martin de Laon, puis du Mont-Saint-Eloi. Appelé en 1126 par Simon, évfquc de Tournay, pour fonder l'abbaye de Saint-Médard dans un faubourg de cette ville, il la gouverna jusqu'en 1140 (1).

Richard eut de plus la satisfaction de voir deveuir abbés, deux autres de ses religieux , Watterne à Cambrai et Ursion à Saint-Denis de Reims. Sire Gérolde était alors prieur de Rebreuves.

Dans ce même temps, l'Artois et les propriétés du monastère furent ravagés par la guerre qui coûta la vie à Charles, comte de Flandre. Après avoir gémi sur les fléaux qui désolèrent le pays en proie à la peste et a la famine, Richard mourut le 5 mars 1 1550; il avait administré l'abbaye pendant vingt-deux ans. Son corps fut déposé dans le tombeau de son prédécesseur.

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