‹ L'Abbaye du MontSaintEloi, 10681792Chapitre 9 sur 60 · HUGUES · texte numérisé non relu

HUGUES

A la mort de Richard, Hugues fut élu abbé du Mont-Saint-Eloi. Dès 1129, il est cité dans une charte concernant l'ahbaye de Vicogne. Le premier soin qui l'occupa, fut d'environner de hautes murailles le parc de l'abbaye, du côté du bois d'Ecoivrcs, le long de la chaussée Brunehaut (2). La renommée et l'exemple des

(1) Nss <iu père Ignace. Dictionnaire dudioche d'Arrut, tom. m, p. 1065.

(2) Ferri de Looies, p. 289.

vertus et la pureté «les mœurs de ce prélat, tout en multipliant les offrandes des fidèles, attirèrent daus cette communauté une foule de néophytes, désireux de vivre sous la règle de saint Augustin.

Déjà Hugues avait conquis l'estime et l'amitié toute particulière de saint Bernard (iérard, archidiacre de Tourna) et prévôt de la collégiale de Saint-Pierre, se retira au Mont-Saint-Eloi, aOn d'y mener une vie sainte et consacrée à la prière. Son neveu Didier, évêque de Thérouauuc , s'empressa de donner à l'abbaye les terres d'Huniières et de Boyaval. En même temps que les richesses, bénéfices et privilèges accroissaient la splendeur du monastère, les pouvoirs ecclésiastiques, les droits de juridiction abondaient de toutes parts. Simon, évtVpjc de Noyon et de Tournay, dota le monastère des revenus de l'église d'Aunezin , en son diocèse. Son exemple fut suivi par les seigneurs de Toufflin et de Mœuvres, qui firent l'abandon de leurs biens et pouvoirs en faveur de cette communauté. Les souverains euxmêmes voulaient contribuer à l'entretien et à la prospérité d'une maison si recommandable. Mahaut, comtesse de Boulogne et reine d'Angleterre, gratifia les religieux d'une rente de cinq mille harengs que les officiers de son domaine devaient leur livrer chaque année (1).

En 1131 , Hugues de Carapdavène, comte de Saint-Pol, touché de la négligence avec laquelle les chanoines séculiers célébraient l'office divin dans la collégiale il'Aubigny, remit cette église entre les mains de l'évêque d'Arras, Alvise. afin qu'il prit les moyens les plus prompts et les plus sûrs pour y faire servir Dieu avec plus de régularité, plus de décence et plus d'assiduité. Alvise ne crut pouvoir mieux remplir le pieux dessein de Hugues de Campdavène, qu'en donnant à l'abbaye du Mont-Saint-Eloi la collégiale d'Aubigny avec tous les biens qui en dépendaient, s;his qu'il fût fait aucune réserve en faveur des chanoines séculiers, qui n'y remplissaient plus les devoirs de leur état (2). Telle fut l'origine du prieuré d'Aubigny, dont l'abbé Hugues peut être considéré comme le fondateur (3). Cette mesure fut ratifiée par Louis VI roi de France, Thierry d'Alsare, comte de Flandre (4), et le pape Eugène III (5). Alvise, qui portait à l'abbaye le plus vif intérêt, la dota des

<■) C*ron. Mu., d" André Uvaillant, p. 10.

Urrhrrrhft sur te Boulonnais , par Do* Dt'CROco, rpliRieiu de Sainl-Omer. (2) Fkrri de Locres P. S'JI. — Voir pièces justificatives, xvii.

(.1) Voir notre Notice lur le prieuré d'Aubigny, ouvrage couronné par l'Académie d'Arras, .•n 1858.

< l) Voir pièces justificatives, xvni. M*s P. Ignace, mem., tom. vui , p. U7. (n) Le privilège accordé par le pape Eugène III, concernant le prieuré d'Aubigny, à l'abbaye .lu Mont-Saint-Eloi, est relaté au CarMatre d'Aubigny, folio 0.

églises d'Ambrines, de Divion et de Moyenncville. L'évoque de Thérouanne, Milon , dans une charte de 1136, donna à Hugues la moitié de l'autel de Fléteroes. Celle môme année, Guillaume, seigneur de Béthune, donna au monastère l'Oglise de Notre-Dame du Perroy, et aux religieux de ce prieuré, pour leur entrelien , vingt Sols parisis de rente sur la terre de Labuissière, une dime à Staillebroc et une autre à Ricbebourg (1). Plus tard, en 1140, Elbert de Carency leur abandonna le bois du Perroy. Le pape Innocent II confirma par une bulle de 1139 la donation des autels d'Houcbin et de Uodricourt (2).

Hugues souscrivil, en 1132, a une charte de l'évèquc Milon, eu faveur du monastère d'Andres (3) dans le Boulonnais. On trouve encore le nom de cet abbé dans la charte de fondation de l'abbaye de Marœuil, 1138, au bas d'un privilège accordé en 1141 par l'évéque Alvise au monastère de Château-Thierry, près Mortagne, et enfin dans les lettres du niCme prélat eu faveur de l'abbaye de Saint- Nicaise de Reims, 1125 (4). Hugues assista au concile général de Latran et à plusieurs autres assemblées tenues en France. Il mourut le 12 août 1131, après un règne de vingt-deux ans et cinq mois. Sous son administration, une effroyable tempête causa de grands dégâts aux bâtiments de l'abbaye.

Outre l'archidiacre Robert, on compte encore de nobles personnages parmi les religieux de cette époque ; entre autres, Crsion, qui fut fait évéque de Verdun, où il mourut en 1147, Roger d'Ypres, qui était grand prieur en 1150 et Guullère, qui devint abbé de Salât - Aubcrt à Cambrai. Nous citerons encore le religieux sire Nicolas de Willerval, et les prieurs du monastère de Rebreuves, sire Rodolphe, neveu de l'abbé Richard, 1145, et sire Raoul, 1150.

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