N° 45. — SAINT JEAN
Saint Jean, l'apôtre, le bien aimé du Sauveur, le frère de saint Jacques le Majeur,
occupe la face de pilier. L'inscription suivante
le désigne :
S[an]C{tu]S IOHANNES NO[minatus] APOSTOLVS
Pour qu'on ne puisse le confondre avec saint Jean-Baptiste, les deux premières lettres N et O du mot nomina/us se trouvent au milieu de l'arcade, à l'endroit occupé sur les autres piliers par une petite croix.
L'apôtre, pieds nus, est vêtu du costume apostolique. Il ne tient dans les mains ni livre, ni phylactère. Sa figure nimbée est sans barbe, car on croit qu'il était le plus jeune des apôtres (1).
Ses cheveux sont courts et entourés d'une mince lame (de métal) qu'il portait comme prêtre et apôtre de Jésus-Christ.
Observation. — Nous avons déjà parlé à l'article consacré à l'abbé Durand, page 263, de cette lame d'or liée autour de la tête de saint Jean. Eusèbe mentionne, à ce sujet, une lettre de la fin du 11e siècle dans laquelle Polycrate, évêque d'Ephèse, écrivant au pape Victor, parle de l'apôtre, gouverneur des églises d'Asie, du disciple bien-aimé qui avait reposé sur le sein de Notre- Seigneur, et qui, pour perpétuer la tradition de l'ancienne Loi et honorer la dignité du sacerdoce dont il était revêtu, portait sur la tête la lame d'or en souvenir de la coutume des grands prêtres juifs. Saint Jean, ajoute saint Jérôme, n'appartenait pas à la race de Juda, ce n'était point comme descendant d'Aaron, mais comme pontife de la Loi nouvelle que, pendant la célébration des saints mystères, il faisait briller sur son
Fig. 134. — Saint Jean
front virginal le symbole de la sagesse et de l'autorité dont il avait été investi (2)
(1) Paulin. E-pist. 386. Hieron., epist. I, p. 4.
(2) Ap. Hieron. De vir-illusir. XLV.