N° 66. — SAINT PHILIPPE
Saint Philippe, représenté sur ce pilier, est vêtu, comme les autres apôtres, d'une
longue robe et d'un manteau dont les larges plis lui donnent un aspect de grandeur, bien en rapport avec la haute dignité de sa mission dans l'Eglise. La tète, nimbée, ne porte point de barbe : les cheveux sont bouclés avec beaucoup de soin.
L'apôtre est chaussé de sandales découvertes, maintenues par de simples lanières. Saint Philippe fut crucifié à Hiérapolis, aussi tientil habituellement dans ses bras une croix dite processionnelle, différente de la croix « réelle », croix de passion sur laquelle fut cloué Jésus- Christ, mais ici cet attribut lui manque et il montre simplement de la main droite le livre des Evangiles qu'il soutient de l'autre main préalablement recouverte, par respect, d'un pli de son manteau.
Au-dessus de sa tète se lit son nom :
S[j7îc]T[w]S PIIILIPVS * APOSTOLVS
Cette inscription, comme celle de tous les piliers, est gravée sur l'arc en plein cintre supporté par les deux colonnettes placées de chaque côté de l'apôtre.
Une rangée de palmettes, surmontées d'imbrications, décore le tailloir.
Observation. — Une pierre précieuse est enchâssée sur le livre tenu par l'apôtre. C'est un onyx, qui rappelle la charité en œuvres et la sollicitude du prochain qu'on admire dans saint Philippe, lorsqu'il s'inquiétait de La nourriture du peuple qui suivait Jésus-Christ au Fig. 170. - Saint Philippe désert, et qu'il avertissait le divin Pasteur
des âmes que ce peuple n'avait pas de quoi ^manger (Ann. arch., XXVII, 69).