‹ L'abbaye et les cloitres de MoissacChapitre 123 sur 154 · N° 65. — SAINT ANDRÉ · texte numérisé non relu

N° 65. — SAINT ANDRÉ

Le saint, nimbé, est revêtu d'une tunique plissée et à larges manches; il est chaussé de sandales formées d'une semelle à laquelle est attachée une empeigne de peau avec des lanières qui brident le cou-de-pied et renforcent les parties latérales. La main droite est posée à la hauteur de la poitrine, l'index levé ; la main gauche tient un long bâton servant de manche à une croix à branches égales.

Sur la partie plate du cintre qui surmonte l'encadrement, on lit :

S[anc)T[u]S ANDREAS * APOSTOLVS Observations. — Saint André porte ici une petite croix, dite processionnelle, une

croix symbolique. Jésus-Christ fut crucifié la tête en haut ; saint Pierre, la tète en bas ; saint André, la tète horizontale. C'est pour exprimer cette position même de saint André pendant son martyre, qu'on lui met ordinairement à la main, surtout avant le xive siècle, une croix placée dans le sens horizontal. Un peu plus tard, pour exprimer le même fait, on n'a rien trouvé de mieux que de lui donner une croix en X, consistant en deux traverses d'égale longueur, croisées obliquement par le milieu , désignée depuis sous le nom de croix de saint André: mais cette croix exprime très mal l'attitude du saint au moment de son martyre. Toutefois, que cette représentation soit bonne ou mauvaise, il n'en est pas moins vrai qu'on la voit figurer dès le x'.ve siècle et pas avant. On la trouve, entr'autres, sur le tombeau de Ferry-de-Beauvoir, mais elle ne paraît pas encore à nos verrières du xve siècle (i). Par conséquent, tout sculpteur ou tout peintre qui fait une figure de saint André clans un style antérieur au xivc siècle, et qui lui met en main une croix en X, commet un anachronisme iconographique (2).

La croix en X s'écarte du reste de la vérité historique. Le Père Giry qui, en 1667, vénérait à l'abbaye de Saint-Victor de Marseille le bois précieux sur lequel avait été attaché notre apôtre, assure que les bras en étaient disposés à angles droits (3).

Aux vitraux de Bourges, au portail de la cathédrale d'Amiens, et dans bien d'autres endroits, saint André est représenté portant une croix ordinaire, à tige allongée, comme sur le pilier de Moissac.

Sur les fresques de la chapelle de la Vierge à Subiaco, qui datent du xive siècle, saint André tient respectueusement une croix à laquelle est attaché un poisson, pour rappeler qu'il fut pêcheur (4).

Fig. 169. — Saint André

(1) Bulletin monumental, année 184$, p. 292.

(2) Annales archéologiques, t. XIII, p. 117, en note.

(3) P. Giry, Vie de saint André.

(4) Annales archéologiques, t. XVIII, p. 354.

GALERIE OCCIDENTALE

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