‹ L'abbaye et les cloitres de MoissacChapitre 16 sur 154 · XIII. — RANGARIC · texte numérisé non relu

XIII. — RANGARIC

(Rorayricas Aym. de Peyrac ; Rangaricus Andur.)

Cet abbé, qu'Aymeric de Peyrac ne place qu'après Didon II (2), est désigné par un diplôme donné par Pépin II le 26 juin 844. Lorsqu'après le traité de Saint-Benoîtsur-Loire, ce monarque fut proclamé roi d'Aquitaine, tous les seigneurs qui jusqu'alors avaient été du parti de Charles-le-Chauve s'empressèrent de le reconnaître. Pendant qu'il était au château de Castillon-sur-Dordogne, l'abbé Rangaric vint lui rendre hommage, le priant de prendre sous sa protection, ainsi que l'avaient fait ses prédécesseurs, le monastère de Moissac « qui avait été fondé par saint Amand » (3) et d'où dépendait alors celui de Marcillac, en Quercy. Le roi fit un accueil favorable à la demande de l'abbé. En vertu de la charte précitée, il se déclara le protecteur et le défenseur du monastère dont \{ confirma les privilèges dans les termes les plus étendus. Il accorda aux religieux le droit exclusif d'élire leur abbé (4) et les déclara exempts de la juridiction de l'ordinaire.

C'est probablement sous cet abbé qu'un nommé Amélius donna au monastère, en 847, tout ce qu'il possédait dans Saint-Porquier (5).

abbé de Saint-Pierre de Moissac en 838, mais qui ne l'était plus en 847, ainsi qu'on le verra à l'article suivant. (Voir Lagrèze-Fossat, loc. cit., III, 17).

Ajoutons que le mot Cerrucium porté dans la charte de 847, comme celui de Ferrucium mentionné dans d'autres actes de la même époque désigne Caslelfemis, aujourd'hui commune de Saint-Nicolas, et non Castelsarrasin, chef-lieu d'arrondissement de Tarn-et-Garonne. Castelsarrasin était appelé : Castelhtm Sarracenum, Castrum Sarracemim, Castelsarrazy. Au surplus il peut se faire que dans les transcriptions, d'ailleurs presque illisibles, de la charte de 847, la lettre C ait été substituée à la lettre F et qu'il faudrait lire non pas Casirum-Cerrucium mais bien Castrum-F 'erracium. (Taupiac, Mémoire sur Castelsarrasin, pp. 21 et 22; Lagrèze-Fossat, loc. cit., I, 315 et 316).

Les auteurs de la Gallia christiana mentionnent encore avant Vitardus, un abbé de Moissac du nom d'Andraldus, nommé dans une charte passée sous la sixième année du règne de Lothaire (anno 6° quo Loterius sumpsit imperium) et qu'ils datent de 846. (Coll. Doat, vol. 128, fol. 9). Cet abbé ne figure pas avec raison dans les catalogues dressés par Aymeric de Peyrac et Andurandy, car ainsi que nous le prouverons à l'article consacré à l'abbé Andral II, il s'agit ici non de Lothaire I", fils de Louis-le-Débonnaire, mais de Lothaire II, fils de Louis d'Outremer (954-986).

( 1) Andurandy, n" 7278 ; Collect. Doat, vol. 121, fol. 221; Arch. départ, de Tarn-et-Garonne, série G, 5 70. (2) Voir ci-dessus, page 33, note 5.

(-}) Ainsi que nous l'avons fait remarquer à la page 24, cette charte prouve bien qu'au ixe siècle on considérait saint Amand, et non Clovis, comme le fondateur de l'abbaye.

(4) Cette clause laisserait supposer que l'évêque diocésain avait voulu s'arroger ce droit, car en vertu du chapitre 64 de la règle de saint Benoît, la liberté électorale était étendue autant que possible dans les couvents, et celui de Moissac n'était pas à cette époque affilié à Cluny.

(5) Andurandy, n° 603.

On ne possède que très peu de renseignements sur les abbés qui ont succédé à Rangaric jusqu'au commencement du xe siècle, aussi les chroniqueurs se bornent le plus souvent à donner simplement leurs noms.

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