XXXI. — HUGUES Ier
{Hugo Aym. de Peyrac, Andur. et Gall. chr.) 962 (?) — 970 (?)
C'est sous l'abbatiat d'Hugues Ier, et sous le règne de Lothaire, que furent faites à Moissac de nombreuses donations; nous relèverons les suivantes :
Isarn et sa femme Christine, du consentement d'IIictorius leur fils, abandonnent ù l'abbaye ce qu'ils avaient au district de Rogonag, dans le Toulousain (2). Seguin et ses frères, « la neuvième année du roi Lothaire » (963), cèdent l'honneur de Monsalvi en la viguerie de Saldéga en Agenais'^). Autre Seguin et Ermersendis sa femme, donnent au monastère leur fils Dimbert « pour être admis au nombre des moines jusqu'à la fin de ses jours et pour racheter ainsi par la vie religieuse les péchés de ses parents »; ils abandonnent aussi un alleu au lieu de Saint-Christophe, ad Fontanillas (4). L'acte est daté de la dixième année du roi Lothaire (964).
Le monastère reçoit encore, en 962, d'un nommé Sibo, les églises de Sainte-Marie de Nogarède et de Pontagnac, au diocèse de Toulouse (5) et au mois de juin 970, de Gauzlenus prêtre, avec le consentement de sa femme et de ses enfants Raymond et Etienne, l'alleu de Carnets ou de Carbes, vicairie de Saint-Urcisse, en Quercy (6).
(1) Andurandy, n° 6296.
(2) Coll. Doat, vol. 129, fol. 1 1.
(3) « De iMontesalvio qui in pago Aginensi, in vicaria de Saldega ». Coll. Doat, vol. 128, fol. 29.
(4) « In nomine sanctas Trinitatis et individuœ unitatis, ego Siguinus, filius Dimberti et filius Bertanaj, et Ermersendis uxor mea, filia Stephani et filia Richeldis, pro peccatis nostris, et pro pâtre meo et matre mea, et omnibus amicis meis, donamus Domino Deo et sancto Petro apostolo Moysiacensi monasterio, suisque servientibus qui ibidem secundum regulam sancti Benedicti quotidie Deo serviunt, filium meum, nomine Dinbertum, ut fiât ibi monachus usque ad obitum mortis, et donamus ad ipsum sanctum Petrum apostolum, et ad ipsum monasterium, ubi Hugo abbas secundum regulam sancti Benedicti prasesse videtur, allodum nostrum .... ». Coll. Doat, vol. 128, fol. 21 ; Gall. christ., I, col. 161 et 162.
Cet acte est curieux parce qu'il nous fait connaître que les parents pouvaient engager dans la vie monastique leurs enfants dès leur plus jeune âge, mais ce n'est pas là la seule bizarrerie de cette époque : aux xi" et xii" siècles, non seulement le consentement de la femme du donateur était nécessaire pour la validité des actes, mais encore celui des enfants même à la mamelle. Quantin, Dictionnaire de diplomatique, coll. Mignc, col. 283.
(5) Archives départementales de Tarn-et-Garonne, série G, =569.
(6) « Allodum quod est in vocabulo de Carucis, situm in pago Caturcino et est in vicaria Sancti-Urscini ». Coll. Doat, vol. 1 28, fol. 1 7.