‹ L'abbé Daniel (volume 2)Chapitre 3 sur 12 · VI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VI INTRODUCTION

force même de la nation, comme elle lui est une réserve immense et silencieuse d'énergie et de vertu, les romans si simples de Tauteur des Deux Barbeaux deviennent par là très intéressants; ils prennent un sens et une portée; peu s*en faut qu'ils ne me soient vénérables. *

«Son œuvre entière m'apparaît comme un vaste morceau de campagne, avec des rivières entre des pentes boisées, des forêts de sapins, des vergers, des fermes, des villages et les ruelles montantes de quelque vieille petite ville ... Et je me dis: * Qu'il y fait bon ! *

*Je ne sais pas s'il n'y aurait point par hasard de plus savants artistes que M. Theuriet, mais je sais que nul n'aime les champs d'un meilleur cœur; qu'il y a, dans un très grand nombre de ses pages, une douceur qui s'insinue en moi, et qu'il me fait adorer la terre natale. Il excelle à nous faire voir des < coins», qui restent dans le souvenir et où l'on voudrait vivre. J'ai peu de mémoire, et je n'ai point relu depuis longtemps la plupart de ses romans; et pourtant je revois, avec une grande netteté, tel verger dans le Mariage de Gérard y telle vieille maison bourgeoise dans Tante Aurélie, tel sentier à travers bois dans Péché mortel] tel banc sous les grands arbres où un beau garçon et une jolie dame mangent des cerises, dans le Fils Maugars; tel champ où l'on <fane> dans Madame Heurteloup; et chaque fois je songe; ^Que ne suis-je là!> — Je sais que nul romancier, pas même George Sand, n'a su mêler aussi étroitement la vie des

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