‹ L'abbé de L'Épée, sa vie, ses travaux, sa lutte et ses succèsChapitre 13 sur 58 · MAIRIE DE VERSAILLES · texte numérisé non relu

MAIRIE DE VERSAILLES

Exlraii du rcgiilre dei actes de naissance de ia rîllf de Versailles, pour f année 1712.

L'an mil nopt cent douze, le vingtrsix novembre, a été iMpiiM^ Charles-Michel, né avant-hier, fils de Gharles^François Ijinpéo, oxporl ordinaire des bâtiments du roi, et de Françoise- Marguerilo Varignon, son épouse, de cette paroisse. Le parrain a été Michel Varignon, oncle maternel ; la marraine, Catherine Forlior, vouvo do Thomas Valleran, entrepreneur des bfttimontM du roi, qui onl signé avec le père présent

Signé ; Micku^l Varignon , Catherine Portier , Lespée et lilalHO, prAiru.

(D) Voici une note, concernant les formulaires, que nous de- I

vons k Tobligoance d'un de nos amis, M. Dupoux : 1

« Doux formulaires, ou actes d'adhésion, furent imposés aux j

catholiques, à Toccasion des disputes sur le jansénisme. ■

« Voici la traduction du premier, arrêté par l'Assemblée du clergé, on 4656, et sanctionné par une bulle d'Alexandre VU, du 16 octobre de la môme année :

« Je me soumets entièrement à la Constitution de notre Saint i

« Père le pape Innocent X, du 34 mai 4653, selon son véritable '

« sens, expliqué par l'Assemblée de Hesseigneurs les prélats de « France, du SI8 mars 1654, et confirmée, depuis, par le bref « de Sa Sainteté, du 29 septembre de la même année. Je recon- « nais que je suis obligé, en conscience, d'obéir à cette Consti- « tution, et je condamne, de cœur et de bouche, la doctrine des « cinq propositions de Cornélius Jansenius, contenues dans son • \me, ïniïi\x\é Augustinius , que le pape et les évéques ont « condamnées , laquelle doctrine n'est point celle de saint Au- « gustin, que Jansenius a mal expliquée contre le vrai sens du « saint docteur. »

« La signature pure et simple de ce premier formulaire fut

ordonnée par TÂssemblée du clergé de 1660, et rendue obligatoire comme loi de TËtat par une déclaration royale du 20 avril 1664. »

« Voici maintenant la traduction du second formulaire, appelé le formulaire d* Alexandre VII, parce qu'il fut imposé par ce souverain pontife, et inséré dans sa Mie du 15 février 1665.

« Je me soumets à la Constitution apostolique dlnnocent X, « du 3 mai 1 653, et à celle d'ÂlexanduQ^II, du 4 6 octobre 1 656 ; « et je rejette etconjiamne sincèrementles cinq propositions ex- « traites du livre ée Cornélius Jansenius, intitulé ÀugmHinuSy « et dans le sens du même auteur, comme le SaintSiége apos- « tolique les a condamnées par les susdites Constitutions. C*est • ce que j*assure : ainsi Dieu m*aide et les saints Eyan- « giles I »

« Une déclaration du roi, promulguée le 25 avril 1666, oi^ donna à tous les archevêques et évoques du royaume de signer ou de faire signer ce formulaire par tous les ecclésiastiques séculiers et réguliers, par les religieuses et les maîtres d'écoles, sans aucune distinction, explication ou restriction.

« Il est présumable que le second formulaire, celui d'Alexandre VII, est le même qu'on proposa à l'abbé de l'Epée de signer, lorsqu'il se présenta pour entrer dans les ordres ; car il ne paraît pas qu*il en ait été prescrit un troisième.

«La bulle de Clément XI, publiée en no5, et qui commence par ces mots : vineam domini Sabaoth, se borne à condamner ce que l'on appelait le silence respeciueuXy c'est^-dlre la prétention des jansénistes, qui consistait à condamner les cinq propositions, mais sans reconnaître qu'elles fussent extraites du livre de Jansenius, sous le prétexte que, ce dernier point étant une question de fait non révélé, l'on n'était point, en conscience, tenu de le confesser, même sur l'ordre du pape.

« La bulle unigenilus du même pontife, en date d|i 8 septembre ni 3, contient la condamnation du &meux livre du père Quesnel, intitulé : RéfiexUmi ihorakê sur le Nouveau Testameni. Elle ne propose pas, non plus, de nouveau formulaire. C'^st, du reste, le dernier acte relatif au jansénisme qui soit émané du SaintrSîége.

« Les (luerellos ilu jansénisme furent lerminées par un ouvrage intitulé : Corpi de doctrine, adopté, en HÎO, par rAssemblée du clergé de France. Je ne sache pas que cet ouvrage contienne un nouveau formulaire. On le vérifierait en se reportant aux procès-verbaux de TÂssemblée du clergé à cette époque. »

Désireux de ne conser\'er aucun doute à cet égard, et de savoir positivement si le formulaire imposé par Alexandre VII est bien celui qu*on voulut faire signer à Tabbé de l'Epée, lorsqu*^ dix-sept ans, il demanda à être admis dans les ordres sacrés (dans le courant de 4729 à 30), je m'adressai au savant abbé Girard, sous-bibliothécaire de la Sorbonne, qui, avec un empressement que je n'oublierai de ma vie, se livra incontinent à d'activés recherches, relativement au fait qui me préoccupait. Il en résulta clairement qu'il n'avait été publié 'que deux formulaires, Tun, par le clergé de France, en 4656 , Tautre, par le pape Alexandre VII, en 4665. C'est, à son avis, ce dernier dont l'approbation a été constamment exigée. Ce ne peut donc étre,a-t-il ajouté, que celui-là auquel l'abbé de l'Epée aura été obligé d'apposer sa signature.

(C) Qu'on juge de l'étrange surprise que j'éprouvai eiklisant en note ce qui suit, à là page 1 1 d'une brochure intitulée : Inauguration de la statue de fabbé de VEpée dans Versailles, sa viUe natale,

« Jamais l'abbé de l'Epée n'a été avocat au parlement, ni même admis au stage. C'est ce qui résulte de recherches dues récemment à l'obligeance de M. Caubert, doyen du conseil de l'ordre des avocats à Paris. »

Or, cette déclaration est contraire au témoignage unanime de toutes les notices qui ont été publiées, jusqu'à ce jour, sur la vie de l'apôtre des sourds-muets.

Ayant tout lieu de présumer que les recherches en question n'avaient pas été faites aussi scrupuleusement qu'on aurait pu le désirer (loin de moi , d'ailleurs, la moindre pensée de douter de la bonne volonté qu'on y a apportée), ou, du moinSjj que les archives du Palais avaient dû soufiVir de la révolution de 93, je

me décidai à procéder moi-même à de nouvelles investigations à ce sujet, et je parvins enfin à savoir qu'aux Archives de la République existait Tacte de réception de H. Fabbé de TEpée comme avocat, à la date du lundi 13 juillet 1733.

La preuve de son admission est consignée, en outre, dans une lettre de ce bienfaiteur de l'humanité à M© Elie de Beaumont, datée du ier février n79, laquelle commence pas ces mots :

« Nous avons eu l'honneur, l'un et l'autre^ d'être reçus avo- « cats en la cour... Pour moi, l'état auquel je me suis consacré « depuis nSiy ne me permet de défendre , comme avocat, que «ceux que les canons des conciles appellent mt««ra&t7«« per- « sonœ »

(D) Réponse de M. Tab^é CofQnet, chanoine, secrétaire de l'évôcbé de Troyes, à M. de Sainte-James Gaucourl, secrétaire de la commission pour l'érection de la statue de l'abbé de l'Épée, en date du 3i août 1843 :

21 août 4843:

« Monsieur,

« En recevant votre lettre, j'éprouvais d'abord la crainte de ne pouvoir réï^ondre à votre désir ; car les archives du secrétariat de l'évêché de Troyes ne remontent pas au-delà de 1802. Mais bientôt je me rappelai qu'à Tépoque de 1793, quelques actes épiscopaux avaient été transférés à la Préfecture. Je m'empressai donc d'écrire à M. le préfet, pour le prier d'ordonner des recherches depuis 1712 jusqu'à 1737. Elles furent couronnées d'un plein succès. Elles fournirent même des renseignements imprévus. C'est avec un vif plaisir que je vou^ transmets l'extraitde cesdocuraents, destinés ii éclaîrcir, toutà la fois, une partie de la vie d'un homme justement illustre, et à donner toute la certitude désirable à un fragment de son histoire.

« Je dois les extraits ci-joints a l'obligeance de M. Ph. Guignard, archiviste de l'Âube. Ce [eune homme, aussi distingué par sa science que par sa piété, me demande, pour échange de son travail, ua exemplaire de la notice que vous préparez sur l'abbé de r£|iifé. Il vous prévient que, dans le cas où vous ne

relateriez pas ces documents ^ la suite de votre ou\Tage, il se propose de faire imprimer tout au long ces fragments précieux pour le nom de Thomme quMls concernent, dans la Bibliothèque de l'école des chartes,

« Si je ne craignais d*6tre indiscret , je vous prierais de m'adresser également un autre exemplaire de votre notice, que je conserverais avec soin dans mes archives.

« Agréez Tassurancc des sentiments respectueux avec lesquels je suis, etc. »

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