‹ L'abbé de Saint-PierreChapitre 36 sur 156 · CHAPITRE Fir · texte numérisé non relu

CHAPITRE Fir

politique que dans la discipline militaire? Les grades scrupuleusement observés ont été T école de tant de grands hommes qu'a produit la république de Venise, et pourquoi ne commencerait -on pas d'aussi loin à Paris pour servir le prince qu'à Venise pour servir rÉtat?

Je n'ignore pas que l'intérêt des vizirs s'oppose à cette nouvelle police ; je sais bien qu'ils ne veulent point être assujettis à des formes qui gênent leur despotisme; qu'ils ne veulent employer que des créatures qui leur soient extrêmement dévouées et qu'ils puissent, d'un mot, replonger dans la poussière d'où ils les tirent. Un homme de naissance, de son côté, qui n'a pour cette foule de valets que le mépris qu'ils méritent, dédaigne d'entrer en concurrence avec eux dans la même carrière, et le gouvernement de l'État est toujours prêt à devenir la proie du rebut de ses citoyens. Aussi n'est-ce point sous le vizirat, mais sous la seule polysynodie qu'on peut espérer d'établir dans l'administration civile des grades honnêtes qui ne supposent pas la bassesse, mais le mérite, et qui puissent rapprocher la noblesse des affaires, dont on affecte de l'éloigner, et qu'elle affecte de mépriser à son tour.

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