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l'abbé DS SAlNT-nSRRE
cessent entièrement au bout d'un certain nombre d'années et ne sont point perpétuelles ^. »
Afin de rendre ces titres plus en faveur auprès du public, l'abbé demande qu'on en facilite l'échange, en supprimant toutes les formalités inutiles et que les annuités soient insaisissables. Il propose d'y affecter un subside particulier, « par exemple la taille d'une seule généralité ^ », le fonds des postes ou d'autres fonds particuliers.
Le système des annuités s'est peu développé en France, on ne l'a vu employé par l'Etat que dans les emprunts indirects et spéciaux qu'il conclut avec les personnes morales administratives ou certaines grandes sociétés financières comme la Banque de France. Mais l'insaisissabilité des rentes et la facilité de leur échange, réclamées par l'abbé, sont adoptées par notre législation. En ce qui concerne le fonds de garantie, si les pays dont les finances sont prospères ne le constituent pas, il n'en est pas de même pour l'Egypte et la Turquie.
Dans le Projet pour rendre les rentes sur VEtat (Tun commerce plus facile et plus fréquent, l'abbé de Saint-Pierre semble avoir nettement entrevu l'avenir, lorsqu'il aperçoit toutes les facilités usitées de nos jours soit pour donner faveur aux rentes, soit encore pour activer leur circulation en remplaçant la monnaie. L'abbé ne demande rien moins dans ce petit opuscule que la création de la Bourse et l'émission des titres au porteur.
Des contrats de rente sur l'Etat au taux de deux et demi pour cent seraient inscrits, d'après son système, sur un grand livre déposé à l'hôtel de ville. Le rentier ne pourrait enlever son titre, mais en aurait un récépissé qu'il pourrait transmettre ou vendre à sa guise. « Ces rentes en banque, écrit l'abbé, auront leur prix sur la place en argent comptant, et ce prix sera plus fort selon que cette rente annuelle sera régulièrement payée par les dépositaires teneurs de comptes ouverts ; selon que le fonds destiné pour payer cet intérêt paraîtra plus assuré, selon que le ministre paraîtra plus affermi, selon que la guerre paraîtra plus éloignée ; selon que la guerre commencée paraîtra devoir moins durer ; selon que l'argent paraîtra moins rare, c'est-à-dire selon que le crédit public augmentera. »