‹ L'abbé de Saint-PierreChapitre 259 sur 287 · Ms. Genty · texte numérisé non relu

Ms. Genty

2. Probablement les Observations pour rendre la lecture des hommes illustres de Pltiiarque beaucotip plus agréable et plus utile. (Œuvres de politioue et de morale, t. .^CT, p. 17.3).

que d'autres svir la morale et sur la politique, mais je n'ai pas animé mes pensées en comparaison de ce que vous savez animer les vôtres ; or quelle différence pour l'agrément et pour l'utilité des lecteurs !

« Destinez le reste de votre vie, non plus à divertir les dames d'esprit et d'autres enfants. Songez à instruire les hommes, à instruire ceux qui nous instruisent, et à gouverner ceux qui nous gouvernent. Enfin donnez-nous des modèles d'histoire, il est vrai qu'il faut pour cela une grande ambition et une grande patience ; et je ne sais encore si vous en avez assez ; mais essayez et laissez là vos ouvrages de glorioles pour marcher ainsi vers le sublime de la gloire. «

Paradis aux bienfaisants !

VII. EXTRAIT DU SCELLÉ APRÈS LE DÉCÈS DE MESSIRB CHARLES- IRÉNÉE DE CASTEL DE SAINT-PIERRE ^

L'an mil sept cent quarante -trois, le lundi vingt-neuf avril sur les sept heures et demie du soir, par devant nous Abraham Desnoyers, avocat au Parlement, Conseiller du roy. Commissaire du Chatelet de Paris, en notre hôtel, est comparu Louis François Gigot, clerc tonsuré du Diocèse de Paris, Prieur de S* Blaize de Lhéry, demeurant à Paris rue Neuve des filles S* Thomas, paroisse de S* Eustache. Lequel nous avise que M^"^ Charles, Irénée Castel de Saint-Pierre, abbé commendataire de l'abbaye de S*^ Trinité de Tiron, ordre de S* Benoit, Diocèse de Chartres, l'im des quarante de l'académie française et cy-devant premier aumônier de feu S. A. R. Madame, Duchesse d'Orléans, est décédé il y a environ une heure en un appartement par lui occupé en la maison du S. de Pernet, M*^ d'hôtel du roi, seize grande rue du faubourg S^ Honoré, paroisse de S^e Marie Madeleine... Le S. abbé Gigot au nom et comme ayant charge et pouvoir, ainsi qu'il l'a dit, de M^e Louis Hyacinthe Castel, Comte de Saint Pierre, Baron de Crèvecœur, cy-devant 1^^ écuyer de S. A. R. Madame, Duchesse d'Orléans, demeurant rue et près la porte S* Honoré, paroisse S* Roch, habile à se dire et porter héritier en partie dudit défunt S. abbé de Saint Pierre son frère. Requis de nous transporter dans ladite rue du faubourg S* Honoré et dans la maison et appartement où ledit S. abbé de Saint Pierre est décédé à l'effet d'y apposer nos scellés et cachets sur les meubles et effets qui y sont demeurés à son décès, faire telle description que de raison, mettre le tout en bonne et sûre garde, à la requête et à la conservation des droits du S. Comte de Saint Pierre et de qui il appartiendra...

Sur quoi, nous, conseiller du roi, commissaire susdit... en conséquence et aux fins de ladite apposition de nos scellés, nous sommes à Finstant transporté au lieu susdit grande rue du Faubourg S^ Honoré, en la maison du S. de Pernet... et ayant été conduit par ledit S. abbé Gigot en un

\. Archives nationales, Y 15172,

PIÈCES JUSTIFICATIVES

appartement au étage, composé de quatre pièces et ayant vue tant sur ladite rue du faubourg S* Honoré que sur la cour de ladite maison, et où nous avons trouvé plusieurs domestiques et nous est apparu un corps mort gisant dans son lit dans la principale chambre dudit appartement, ayant vue sur ladite rue, et à nous déclaré être celui dudit défunt S. abbé de Saint Pierre, et en conséquence avons procédé à l'apposition de nosdits scellés et description dudit appartement ainsi qu'il en suit.

Ayant observé que dans ladite chambre, où est décédé le S. abbé de Saint Pierre, sont deux tablettes remplies de livres de sa bibliothèque, attendu que ladite chambre ne peut être renfermée sous nos scellés étant celle où est le corps dudit défunt et ayant reconnu que lesdits livres peuvent être aisément renfermés dans des armoires vides étant dans le Cabinet de plein pied à ladite chambre ayant même vue, avons fait ôter et déplacer lesdits livres desdites tablettes et yceux fait transporter dans ledit cabinet dans lesdites armoires...

Avons dans le susdit cabinet de plein pied à la chambre dudit défunt, où ont été transportés lesdits livres de sa bibliothèque, fait aussi transporter un grand bureau à écrire trouvé dans ladite chambre, ainsi que plusieurs papiers qui se sont trouvés sur ledit bureau. Ensuite avons fait fermer le contre-vent de la croisée dudit cabinet sur ladite rue ainsi que le châssis de ladite croisée au dedans de ladite chambre, avons fermé une porte d'issue dudit cabinet à l'escalier...

Avons avec une clef, qui nous a été représentée et qui s'est trouvée dans la poche de la culotte dudit défunt, fait ouverture d'une armoire dans sa chambre près la cheminée dans laquelle il ne s'est trouvé seulement sur une planche qu'ime somme de cent soixante quatorze livres en écus de six livres à trois livres, faisant avec celle de trente six livres dix huit sols trois deniers en écus de six livres et trois livres, pièces de vingt quatre sols et de douze sols en monnaie trouvées dans la poche de ladite culotte dudit défunt, la somme de deux cent dix livres dix-huit sols trois deniers...

Ensuite avons décrit ce qui s'est trouvé de surplus en évidence dans ladite chambre dudit défimt, savoir : un lit composé d'une couchette, d'une paillasse, d'un matelas et traversin en coutil remplis de plume, un oreiller et une couverture de laine blanche, un couvre pied de satin blanc, piqué... et la housse dudit lit d'étoffe de siamoise flambée, la tenture de ladite chambre de même siamoise, un lit de repos avec matelas et traversin et six fauteuils de bois de hêtre verni couverts d'une étoffe, un vieux fauteuil de commodité . . . une petite table à écrire de bois de noyer, une autre petite table de bois de chêne et ime autre de pareil bois... un rideau de fenêtre de toile de coton, une montre faite par Marron à Paris, dans sa boîte de cuivre doré... un poêle de fonte avec ses tuyaux, une pendule à répétition dans sa boîte d'écaillé plaquée, une chaise de commodité couverte d'une étoffe bleue, un petit tabom-et recouvert de tapisserie un tableau peint sur toile ovale représentant Louis quatorze...

Sommes de ladite chambre repassé dans ime autre chambre, ayant vue sur la cour de ladite maison, occupée par ledit Riqueur ' et sa femme en laquelle chambre nous avons décrit ce qui suit : im lit garni de sa cou-

1. Riqvieur, dont le notaire a parlé précédemment et qu'il charge de garder les: scellés était le secrétaire et l'intendant de l'abbé de Saint-Pierre.

chette, ime paillasse et un matelas et traversin de coutil rempli de plume, im drap de toile de ménage, deux couvertures de laine blanche, la housse du lit de siamoise rayée noir et blanc, la tenture de ladite chambre pareille audit lit, quatre chaises et un fauteuil de bois blanc . . . une table de bois de noyer... une commode de bois de noyer à quatre tiroirs dans lesquels il ne fut trouvé que du linge... à l'usage dudit Riqueur et de sa femme... deux tableaux peints sur toile représentant des paysages... six planches servant de tablettes...

Est observé que les cheminées des susdites deux chambres sont ornées de glaces déclarées être de la maison.

Dans l'antichambre dudit appartement, commune aux susdites chambres, avons décrit ce qui suit trouvé en évidence : une tenture de tapisserie de Siamoise . . . une table à piquet, une banquette de Siamoise pareille à la tapisserie, un fauteuil et deux chaises de bois blanc... trois tableatix peints sur toile représentant l'un un portrait et les deux autres des paysages, un lit de sangle garni de matelas traversin et un drap de toile de ménage, une couverture de laine blanche, armoire à chauffer. S'est de plus trouvé dans ladite antichambre une armoire de bois de sapin blanchi... Ladite armoire composée de deux guichets se commimiquant et d'un troisième guichet séparé... dans lequel ont été renfermées différentes espèces de linge à l'usage dudit défunt.

Avons ensuite été conduit au troisième étage, dans le corridor, à deux chambres déclarées dépendre des lieux qu'occupait ledit abbé de Saint Pierre.

Etant entré dans une chambre au fond dudit corridor à droite ayant vue sur ladite rue et s'y étant trouvé des coffres et des armoires... mis et apposé nos scellés...

Dans une chambre vis à vis celle susdite ayant vue sur ladite cour, étant la chambre des domestiques, deux lits de sangle garnis chacun de leur paillasse, deux matelas, un traversin, deux draps de toile de ménage, une couverture de laine blanche, deux vieux tabourets couverts de moquette, deux tables de bois de sapin...

Sommes ensuite descendus dans la salle à manger, qui est au rez-dechaussée et ayant vue sur la cour, où nous avons décrit ce qui suit : une grande table à manger de bois de sapin, sept chaises en bois blanc ; dans deux armoires en buffet, pratiquées dans la menuiserie, il ne s'est rien trouvé.

Dans la cuisine de plein pied à la salle à manger, s'est trouvé une table de cuisine, une autre table de bois de sapin... quatre chaises de paille, six planches servant de tablettes, deux chenêts, pelle et pincette, une crémaillère, un trépied..., trois poêles, un lèchefrite, un couperet, une broche, le tout en fer ; un tourne broche, une fontaine sablée... trois marmites de différentes grandeurs avec leur couvercle, trois casseroles à queue avec deux couvercles... le tout de cuivre rouge ; deux petits chaudrons, cinq chandeliers, une mouchette... le tout en cuivre jaune ; plusieurs poissonnières, une petite cafetière... une timbale, ime lampe d'étain, deux chandeliers d'argent... quatre cuillers et quatre fourchettes, un gobelet ou timbale, le tout d'argent, un bassin de commodité, une seringue et un urinai, le tout d'étain.

Dans un petit bûcher à côté de la cuisine fut trouvé environ une voye et demie de bois partie scié.

PIÈCES JUSTIFICATIVES

Dans un petit cabinet sans jour pratiqué entre la cuisine et la salle à manger s'est trouvé un vinaigrier de bois de hêtre, deux planches servant de tablettes.

Dans une petite serre, vis à vis de la petite cuisine, fut trouvé un croc de fer et environ douze boisseaux d'avoine. Dans la cave ne s'est rien trouvé.

Dans une remise et écurie et grenier au-dessus ne s'est rien trouvé.

Après lesquelles appositions de nos scellés et descriptions, ledit S. Riqueur a déclaré que le bois étant dans le susdit bûcher et l'avoine cydessus mentionnée lui appartiennent et qu'il ne se trouve point dans la remise de carrosse, ni de chevaux dans l'écurie, attendu que suivant marché fait par devant notaire^ entre lui et ledit défunt S. abbé de Saint Pierre il entretenait ledit défunt son maître, d'équipage.

VIII. EXTRAIT DES NOTES ENVOYEES PAR l'aBBÉ DE SAINT-PIERRE AU NOUVEL INTENDANT DE CAEN 2

Liste des notables :

« Banneville, autrefois trésorier de France et subdélégué. Trop vieux pour agir, mais homme habile, de bon conseil, qui a la réputation d'une probité exacte et d'un bon citoyen.

« Varsainville, autrefois secrétaire de M. Foucaut, à présent trésorier de France, homme habile, mais il n'a pas pareille réputation de probité.

« Le marquis de Malherbe, homme d'honneur, pieux, bon esprit qui peut être cru sur la réputation des autres et sur ce qui regarde la noblesse.

« Le comte de Vassy, son beau-frère, plus habile, qui mérite d'être consulté, particulièrement sur les choses où il n'a point d'intérêt, il a du crédit parmi la noblesse. Il demeure à sa campagne.

«. M. de Bourgeauville, autrefois envoyé dans les cours d'Allemagne, beaucoup d'esprit, mérite d'être consulté.

« M. de Lion, homme sensé, mérite d'être consulté. Il demeure aussi à Caen.

« L'esprit de parti est un peu vif dans la ville entre les ecclésiastiques, l'un soutenu par l'évêque, Fautre par les Jésuites. Aller deux fois à la messe aux Jésuites contre une aux pères de l'Oratoire, c'est ce qui me semble la proportion du penchant du Gouvernement présent. Déclarer qu'on ne veut point que l'on parle «ni que l'on prêche, ni que Ton écrive sur la matière, suivant l'intention du roi ; n'en jamais parler parce que l'on ne veut déplaire à aucun bon citoyen.

« Il y a dans la ville ime académie de gens savants et de gens d'esprit ; il est bon de la cultiver et de leur envoyer les livres nouveaux, et de leur porter quelquefois les nouvelles publiques. Il y a beaucoup de gens d'esprit

1. Le marché avîiit été passé le 31 jviillet 1742 devant M'' Davust,

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