CHAPITRE IV
l'exclusion de l'académie françaisb
I. Première affaire avec l'Etablissement d'une Taille proportionnelle. Apparition de La Polysynodie. — II. Le procès de l'abbé de Saint- Pierre. L'exclusion. — III. Vaines demandes de réintégration.
Le 2 septembre 1715, le procès- verbal de l'Académie enregistrait en ces termes la mort de Louis XIV survenue la veille : « Hier, à huit heures un quart du matin, l'Académie fit la plus grande perte que jamais compagnie ait faite. La couronne de sa tête tomba, elle perdit son auguste protecteur ; sa douleur ne peut être exprimée, elle tâchera de rendre ses regrets aussi immortels et aussi publics que la gloire de son héros qui ne mourra jamais et qui remplit toute la terre ^. »
Trois ans plus tard, l'événement le plus inattendu offrait à la Compagnie l'occasion de réaliser son vœu et nous touchons ici au point culminant de la vie académique de l'abbé de Saint- Pierre en entrant dans l'historique des événements qui vont en précipiter si brutalement la fin.
La première escarmouche de l'abbé avec ses confrères se produisit à l'occasion du Mémoire sur V Etablissement de la Taille Proportionnelle, dans leqùel l'auteur, laissant sa plume courir la bride sur le cou, « hasardait, dit d'Alembert, des expressions peu flatteuses pour la mémoire du roi défunt. »
Invité à s'expliquer à la séance du 14 juin 1717, l'abbé de Saint-Pierre reconnut sa faute, et la Compagnie, persuadée qu'il « n'avait j^éché que par un zèle outré pour le bien public ^ »,