‹ L'abbé de Saint-PierreChapitre 45 sur 287 · Procès-verbal du lundi 14 juin · texte numérisé non relu

Procès-verbal du lundi 14 juin

l'exclusion de l'académie française 65

touchée d'ailleurs de son repentir, se borna à lui infliger pour pénitence d'aller « lui-même avouer sa faute à Mgr le Régent et lui marquer sa douleur. » Celui-ci se montra bon prince. Il représenta au coupable « qu'il avait eu tort de toutes manières, que la mémoire du feu roi devait être précieuse à tous les Français et surtout à un académicien, mais qu'il était content de son repentir ^. » En prenant congé, il le pria même de remercier de sa part l'Académie du zèle qu'elle avait montré en la circonstance.

L'incident était oublié, lorsque parut en 1718 la Polysynodie sur laquelle nous aurons à revenir. Expliquant les avantages que présentait à ses yeux la pluralité des conseils dans le gouvernement, l'abbé faisait le procès en règle du roi défunt. « Quelle opinion, disait-il ^, le feu roi a-t-il laissée de lui à ses voisins ? N'ont-ils pas cru, n'ont-ils pas écrit qu'il était un voisin fâcheux, sans parole, injuste et d'autant plus digne de leur haine qu'il employait plus de puissance à les ruiner ?... D'un autre côté, a-t-il forcé ses sujets, par l'abondance qu'il leur a procurée, à regretter son administration. Plût à Dieu que, pour sa réputation et notre utilité, il eût été durant tout son règne occupé à faire fleurir le commerce, à diminuer tant d'obstacles qui le gênent, à augmenter les facilités qui le multiplient, à paver les grands chemins, à les rendre encore plus sûrs, à rendre les rivières navigables, à rendre nos lois plus propres à diminuer le nombre des procès, à perfectionner la manière de lever des subsides, de sorte que les peuples en payassent moins et qu'il en revint plus aux coffres publics, à perfectionner les établisse-

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