Procès-verbal du 5 mai
Le directeur, le chancelier et le secrétaire furent chargés d'aller rendre compte au régent du jugement qui avait été rendu et d'en demander ensuite au jeune roi la confirmation. Après avoir remercié l'Académie et lui avoir dit une fois de plus qu'il était fort satisfait du zèle qu'elle avait montré en cette occasion, le régent ajouta qu'il fallait « suivre les règlements et les usages de la compagnie et faire comme on avait fait à l'égard de Fiiretière dont la place n'avait pas été remplie ^ )). Quant au jeune roi Louis XV, qui avait alors huit ans, il témoigna également « sa satisfaction en des termes qui marquaient combien la gloire du. roi son bisaïeul lui était chère ^ ».
Dix-huit mois plus tard, l'auteur infortuné de La Polysynodie se hasarda à solliciter la révision de son arrêt. Il écrivit le 24 novembre 1719 à M. de Boze, directeur de l'Académie, « afin d'obtenir la permission de rentrer dans les conférences )> et pour demander la liberté de se justifier « ou du moins d'excuser par des intentions d'un bon citoyen et d'un sujet affectionné les expressions qui avaient paru condamnables )) dans son livre. En même temps il adressait à tous ses confrères une lettre que nous nous garderons de reproduire. Il y consacre près de trois pages à répéter sous toutes les formes que la sentence dont il a été l'objet est irrégulière, parce qu'il n'a pas été appelé à se défendre, et il sollicite non pas tant son acquittement que la réduction de sa peine ^.