M. L'ABBÉ DOHERTY
Consummatus in brevi explevil lempora mulla. Ayant peu vécu, il a rempli la course d’une longue vie.
—$Sagesse, 1v, 13.
C’estavec un rare bonheur quo ces paroles des Livres Sajnés s'appliquent au jeune prêtre que la religion vient de perdrè, que la ville entière pleure et regrette amèrement. M.
l'abbé Doherty a vécu peu de temps, trentequatre années à peine du berceau à la tombe ; mais dans cette courte carrière il & su renfermer les œuvres et les travaux d’une vie longue et remplie. Si l’on doit juger l’homme, le chrétien, le prêtre, non par le nombre de jours que Dieu lui aecorde, mais par l'’heureux emploi des talents et des facultés dont il l’a enrichi, nul doute que M. Doherty ne soit de ceux dont on peut dire avec vérité qu'ils ont beaucoup vécu en peu de temps. :
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Monsieur l’abbé Doherty naquit à Québec, ke 2 juin 1838. Son père, Patrick Doherty,
et sa mère, Bridget Byrns, avaient tous deux
émigré d'Irlande, apportant avec eux, pour seul trésor, la respectabilité la plus intacte et cet attachement inviolable à la foi catholique qui distingue les nobles enfants de la Verte Erin.
Il reçut à son baptème le nom traditioncel de Patrick. Sa mère, heureuse de la naissance de ce fils qu’elle avait souvent demandé au Seigneur, voulut dès lors le vouer au sacerdoce, espérant que Dieu réaliserait le désir de son cœur. et donnerait à son enfant la sde précieuse de la vocation. Ce vœu ma-
rnel, inspiré par la foi et la reconnaissance, reçut bientôt comme un commencement de réalisation. Le petit Patrick pouvait à peine bégayer quelques paroles que déjà, avec cette naïveté enfantine qui ne doute de rien, il déclarait fort sérieusement qu’il voulait faire un prêtre. C'était sans doute le vœu chéri de la mère qui passait sur les lèvres de l’enfant encore incapable d’én comprendre le sens et la portée. Cette femme croyante ne voyait pas moins, dans le trait innocent que nous venons de citer, un présage qui la rendait heureuse. Su joie était à son comble et son cœur de mère se dilatait d’aise et de ban-
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