THÉORIES SLR CERTAINS POINTS DES LITURGIES
roblation proprement dite. Cette division est donc, au jugement de Renaudot, d'institution apostolique.
II. — Un problème plus malaisé à résoudre est celui de l'importance qu'il faut attacher à la récitation des paroles que le Christ lui-même avait prononcées dans la première institution de l'Eucharistie. Dans plusieurs manuscrits syriaques, jacobites ou nestoriens, les paroles de l'institution, désignées plus brièvement sous le nom de verba Christi^ manquaient. Richard Simon avait cru donner l'explication de cette absence en disant que les Orientaux jacobites, à l'exemple des Grecs, ne croyaient pas à l'efficacité des verba Christi^ mais attribuaient la transsubstantiation à la prière de l'épiclèse. Dès lors, ils ne s'étaient pas inquiétés de redire avec tant d'attention Hoc est corpus... Hic estsojiguis... Renaudot s'élève vivement contre cette explication. Selon lui, cette absence ne doit être attribuée qu'à une erreur personnelle ou à une négligence de copiste. La meilleure preuve, c'est que, parmi les liturgies viciées par l'absence des verba Christi^ on compte celle de Denis Bar Salibi. Or, cet auteur lui-même, dans son Exposition de la Liturgie de saint Jacques, affirme la nécessité et l'efficacité des paroles du Christ. Mais l'éditeur des liturgies orientales accepte le texte des verba Chrisli^ tel qu'il se présente dans la plupart des manuscrits orientaux avec des variantes dans l'expression, et il proteste avec raison contre les modifications introduites par les Maronites dans leur missel, afin d'en faire concorder mot à mot les formules avec celles du canon romain. Il croit à l'efficacité des verba Christi, sur le témoignage de saint Chrysostome et de toute la tradition grecque ancienne ; sa foi
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est celle de ri^^^liseenlière qui ne croit pas que le Christ ait prononcé en vain les paroles Hoc est corpus meum... Hic est sanguis..., ni que TKglise les prononce en vain après son fondateur et maître.
III. — Mais la discussion la plus importante est celle qui concerne Vépiclèse ou invocation adressée au Saint- Esprit, afin qu'il vienne transformer les éléments eucharistiques.
En général, il n'y a qu'une seule épiclèse, et elle se place le plus souvent après les paroles dites de la consécration ; rarement elle les précède, comme dans la liturgie nesiorienne des saints Apôtres. La liturgie copte de saint Basile a deux épiclèses; mais la première, très brève, qui se fait vers le commencement de Toffice, lorsque le prêtre présente Foblation du pain et du vin, ne s'adresse pas directement au Saint-Esprit : elle prie le Sauveur d'envoyer le Saint-Esprit transformer les éléments du pain et du vin, et les changer au corps et au sang du Christ. Néanmoins, malgré la fermeté et la précision des termes, ce n'est pas à cette prière que l'on attribue une action efficace sur la transsubstantiation. Cette vertu toute-puissante est attribuée à la seconde et grande épiclèse qui suit ordinairement de près les paroles Hoc est corpus meum... Hic est sanguis...
Cette épiclèse se rencontre dans toutes les liturgies orientales, et avec une formule semblable, sinon identique, dont voici le sens, d'après la liturgie syriaque de saint Jacques. On demande que le Saint-Esprit descende du ciel sur les dons sanctifiés par la parole du Christ et qu'il les transforme : « ut panem quidem hune faciat corpus sanctum Domini Dei et Salvatoris nos tri Jesu