Journal, loc. ciL, p
do la jeunesse; sa sœur Elisabeth-Catherine, qui mourut religieuse à Gif, en 1698, à Tâge de quarante-six ans, souffrit pendant ses vingt-cinq dernières années de maux presque continuels. Une application aux études aussi intense que celle qu'exigeaient ses travaux sur les langues orientales ou occidentales (nous constaterons plus tard qu'il savait la plupart des langues de l'Europe), demandait un travail acharné et épuisait ses forces. Bientôt la maladie obligea le jeune régent à suspendre ses études. La convalescence qui suivit fut longue et difficile : sa santé était irrémédiablement compromise. Le père, à la fois navré et heureux, inscrivait dans son Journal : « Le i^'" avril 1672, mon fils aîné, Eusèbe Renaudot, sortit de l'Oratoire pour reprendre ses forces ruinées par une longue maladie et par ses études. Il a demeuré depuis ce temps toujours chez moy^ » Ni les soins de sa mère, ni les précautions les plus minutieuses, ni la science de son père ne purent rétablir sa constitution. Il resta toute sa vie malingre, souffrant de l'estomac, mélancolique, éprouvant, à certains jours, des crises d'hypocondrie qui rendaient son caractère difficile et lui-même très malheureux.