‹ L'Abbé Eusèbe RenaudotChapitre 14 sur 138 · Journal, loc. cit., p · texte numérisé non relu

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2. Emmanuel-Théodosc de la Tour, né à Turenne, en Auvergne, le 2i août l(ii3. Après la mort de sa mère, survenue en i6J7, il entra dans l'état ecclésiastique, prit ses grades en Sorbonne et vécut dans l'intimité de rarclievèque de Paris, Hardouin de Péréfixe ; il portait alors le titre de duc d'Albret. Il l'échangea, eu 1600, contre celui de cardinal de Bouillon, lorsque lei)ape Clément IX, désireux de plaire à Louis XIV, lui donna le chapeau. Il avait eu une grande part à la conversion toute récente de son oncle, ayant été, au témoignage de Baluze, « le principal instrument dont Dieu sest servi i)0ur faire reconnaître l'erreur à ce grand homme ».

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cernent de cette année 1669, à M. le duc d'Albret, un poème latin fort ample, avec des épigrammes et autres compositions en grec, chaldaïque, syriaque, hébreu,

égyptiaque et samaritain, sur le sujet de la nomination ■

que le roi a fait de sa personne à la dignité de cardinal \

pour la première promotion, que ce prince reçut avec ]

une joie et satisfaction singulière \ qu'il a témoigné l

à plusieurs personnes de qualité qui le sont venues ;

complimenter sur cette élévation que son mérite ne lui ;

a pas moins procuré que sa naissance. Mon fils Eusèbe, >

qui en était Tauteur, et qui se perfectionne fort dans la |

connaissance de ces langues orientales, Fa salué ensuite '

et a été fort bien reçu de Son Altesse^. » '

Telles furent les premières relations entre notre ora- :

torien et le cardinal de Bouillon. S'il lui fut permis de ; pénétrer alors dans l'entourage du jeune prince, l'abbé

Renaudot y rencontra une cour spirituelle et distinguée, \

la société la plus choisie de la France entière : M*"^ de ]

Sévigné, M"*" de La Fayette, les princes de Turenne :

et de Conti, Corneille et Molière, La Fontaine et Ménage. ;

L'Oratoire lui-même était en faveur auprès du cardinal, i

et ce fut l'un de ses membres, le P. Gerbier, qui l'accom- '

pagna l'année suivante au conclave où fut élu Clément X. ;

Tout réussissait à l'abbé Renaudot. Seule, sa santé !

laissait à désirer. 11 tenait de sa famille cette délicatesse ;

de tempérament. Nous avons déjà dit que sept de ses ;

frères ou sœurs jie dépassèrent pas les premières années \

2. Il y avait sans doute quelque satisfaction donnée au désir d étonner la ;j galerie dans un tel étalage de conii)Oji lions en langues étrangères ; mais, si

l'on en croit les contemporains, le duc d'Albret avait assez desavoir pour ^

apprécier le mérite d'un poème latin ou dune épigramme grec([ue. i

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