‹ L'Abbé Eusèbe RenaudotChapitre 31 sur 138 · RENAUDOT ET BOSSUET ; LE DUC DE PERTII · texte numérisé non relu

RENAUDOT ET BOSSUET ; LE DUC DE PERTII

V Eglise ', m'a été d'un si grand secours, écrivait-il à une personne amie, que je voudrais, en reconnaissance de ce que je dois à ce digne prélat, lui baiser les pieds tous les jours», et plus loin, tout en réclamant le silence, il ajoutait : « Cependant tâchez de me trouver quelque voie pour témoigner ma reconnaissance à l'évêque de Meaux-. »

La voie fut bientôt trouvée. Renaudot fut choisi comme intermédiaire entre les deux éminents correspondants. Dans sa première lettre à Bossuet, lord Pertli écrivait : « Il semble que vous n'auriez pas sitôt appris par cette voie (par Jacques II, roi d'Angleterre) la grande part que vous avez eue en cette affaire (la conversion du seigneur écossais), si M. l'abbé Renaudot, ayant vu une lettre que j'écrivais à une de mes parentes qui est à Paris, n'eût été assez obligeant pour vous en rendre compte d'une manière trop avantageuse pour moi... Je suis obligé, en mon particulier, de rendre grâces à Dieu de ce que j'ai appris une langue par le moyen de laquelle j'ai reçu un si grand avantage. Si j'avais pu écrire en cette même langue, j'aurais eu le bonheur de vous expliquer mes pensées sans le secours d'un interprète. Je suis donc obligé, Monseigneur, de prier M. l'abbé Renaudot, qui vous a fait connaître l'engagement que j'ai contracté avec vous, puisque je suis dfivenu un de vos enfants, et par le moyen duquel j'ai

i. Le livre avait été traduit en anglais, dès le mois de novembre 1G72, par l'abbé de Montaigii. Mais lord Pertli lut l'ouvrage dans sa langue originale.

2. Lettre de lord Perlh. Bossuet, édit. Lâchât, t. XXVI, p. 357-358. — On a quelque motif de croire que le destinataire de cette lettre était M"'^ de Croslv.

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reçu les offres charitables que vous avez faites de votre secours pour mon instruction, et pour me confirmer dans la connaissance de la vérité, de vous interpréter ce très humble témoignage de ma reconnaissance envers vous, à qui je suis redevable d'un si grand bien^ »

L'âme si noble du seigneur anglais, qui se montre dès le premier jour tout entière en sa délicatesse, ne pouvait oublier, dans les témoignages de sa reconnaissance, le traducteur de ses lettres. Il est souvent heureux de marquer qu'il apprécie la fidélité de la t'^aduction, affirmant même qu'elle supplée aux défauts de l'original. L'abbé Renaudot devait être tout particulièrement sensible à ces compliments d'une âme sincère. Il était plus flatté encore lorsque le noble lord, se fiant à l'expérience que l'intermédiaire avait des choses d'Angleterre, lui laissait le soin de commenter et de compléter des nouvelles volontairement obscures, énigmatiques et incomplètes. Nous en avons un exemple dans une lettre où, après avoir touché d'un doigt délicat la plaie douloureuse faite à l'Église catholique en Angleterre et en Ecosse par les inconcevables rivalités des Ordres religieux soit entre eux, soit avec le clergé séculier, il ajoutait simplement : « Je laisse l'explication de tout ceci à ***2^ q^j ^jj ggpjj si pleinement instruit par un de mes amis, qu'il pourra vous instruire sur toutes les circonstances de cette affaire*^. »

Le traducteur des lettres de lord Perth agissait

1. Lettre de lord Perth à Bossuet, de Londres, le 12 novembre 1680, loc. cit., p. 3G0, 361.

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