‹ L'Abbé Eusèbe RenaudotChapitre 32 sur 138 · RENAUDOT ET BOSSUET ; LE DUC DE PERTH · texte numérisé non relu

RENAUDOT ET BOSSUET ; LE DUC DE PERTH

avec grande prudence et circonspection, et traitait toutes choses comme il eût fait pour lui-même. On le voit par le billet suivant qu'il adressait à Bossuet : « Je vous envoie, Monseigneur, une lettre de Milord chancelier d'Ecosse, que je reçus il y a quatre jours, et que j'ai mise en français. Il est de la dernière conséquence que ni l'original, ni la copie ne sortent pas de vos mains ; car une semblable lettre suffirait, dans des temps dil'dciles, pour lui faire son procès. Je ne vous l'ai pas envoyée à Meaux, sachant que vous deviez arriver bientôt. Je remets le reste de ma commission à la première visite que j'aurai l'honneur de vous rendre^. » La lettre pour laquelle Renaudot prenait de telles précautions, était celle que le grand chancelier d'Ecosse, enfermé par ses ennemis, les émeutiers orangistes, au château de Sterling, écrivait à Bossuet, le 21 janvier 1689.

Deux ans plus tard, le chancelier sortait de prison et se disposait à partir pour la France. Il faut lire en quels termes Bossuet remercie Renaudot de lui en avoir donné l'agréable nouvelle. « Vous me donnez, Monsieur, une agréable nouvelle : nous verrons donc à cette fois, s'il plaît à Dieu, milord chancelier d'Ecosse. Je l'ai salué de loin comme un excellent catholique; j'espère l'embrasser comme un confesseur. Les deux pièces que vous m'avez envoyées m'ont fait plaisir à lire. Mille remerciements de votre amitié, à laquelle personne ne sera jamais plus sensible que moi, ni plus rempli d'estime pour vous-. »

Renaudot assista à la première entrevue du chance-

Page 1