A. Launay, 07). cit., p
3. Charles Maigrot (1652-1730), docteur de Sorbonne, de la Société des Missions Etrangères, nommé, en 1688, vicaire apostolique de Fokien.
compétence que lui dormait sa profonde connaissance de la langue et des usages chinois, se prononça contre les usages acceptés par les Jésuites, sans cependant blâmer ceux qui avaient agi autrement que lui. Cet acte mit le feu aux poudres. Les évoques de France se rangèrent du côté de M. Maigrot. Les Jésuites s'agitèrent. Ils obtinrent d'abord un décret doctrinal de Tempereur de Chine, Kang-Hi, qui leur donnait raison. A ce propos, Renaudot écrivait: « Ce... novembre 1701... Les Pères Jésuites n'ont sans doute tant poussé le temps avec l'épaule que pour avoir cet acte qui leur donne gain de cause... De cette manière, les Jésuites n'ont jamais eu le tort... Avouez, Monsieur, que ces Pères sont habiles gens. Le reste des hommes ne peuvent tenir avec eux^ » Puis, craignant que cet acte émané de l'empereur d'un pays lointain n'eût pas en Europe tout le retentissement qu'ils désiraient, les Jésuites déléguèrent le P. de La Chaise pour écrire à un certain nombre d'évêques français une lettre qui protestait de leur dévouement à la religion et annonçait quel efîet déplorable pourrait produire la condamnation par le pape des rites qu'ils approuvaient en Chine. Fléchier reçut une « de ces lettres mendiées », comme parle l'évêque de Meaux ^. Cette manœuvre n'était pas de nature à concilier aux Jésuites les sympathies de Bossuet ni de Renaudot. La nouvelle des mauvais traitements dont le cardinal de Tournon, envoyé comme légat en Chine, fut victime de la part de l'empereur Kang-Hi et des Portu-