‹ L'Abbé Eusèbe RenaudotChapitre 54 sur 138 · L ACADÉMIE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

L ACADÉMIE FRANÇAISE

rang- dans le tableau ; le sort intervertit Tordre du scrutin, Caillières fut inscrit le premier, succédant à Qiiinault, Renaudot prenait la place de Doujat'.

La séance publique de réception fut tenue le 7 février 1G(S9. Le doyen, Charpentier ^, présidait en l'absence du directeur; Racine remplissait les fonctions de chancelier. Caillières lit le premier son remerciement, puis l'abbé Renaudot prit la parole. Il présenta les compliments d'usage avec modestie et non sans délicatesse. Toutefois, sa harangue ne sort pas des traditions banales de ce genre d'éloquence :

« Messieurs, dit-il, Thonneur que vous me faites était tellement au-dessus de mes espérances que, comme je croirais m'en être rendu indigne, si j'avais osé y prétendre, j'en suis encore confus; et j'ai peine à trouver des termes capables de vous exprimer mon extrême reconnaissance. La haute réputation de l'Académie, et tout ce qu'elle a d'éclat extérieur, sont à la vérité des motifs assez puissants pour inspirer à ceux qui se sentent quelque mérite une noble ambition de se voir unis à un corps qui a produit tant d'excellents hommes, que nous considérons comme les ornements de notre siècle. Mais ceux qui, comme moi, n'ont à vous offrir que des qualités fort médiocres, ne peuvent, à mon avis, se flatter d'une pensée si avantageuse sans manquer au respect qui vous est dû. » Puis, le récipiendaire fait l'éloge obligé de Richelieu, du roi, du dauphin, et en douze ou treize

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