‹ L'Abbé Eusèbe RenaudotChapitre 55 sur 138 · Ber/islrcs de l'Académie, t. I, p · texte numérisé non relu

Ber/islrcs de l'Académie, t. I, p

2. Le fjros Ch'trpeniier d'une épigranime de Boileau (1620-1702), premier président de lAcadémie des Inscriptions ; il était du clan des modernes avec les Perrault.

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lignes remplit son devoir envers son prédécesseur, le jurisconsulte Doujat, dont il vante surtout la science juridi([ae et Tinépuisable charité envers les pauvres. Charpentier répondit. A lire sa réponse, on comprend £011 embarras. « Il trouva son sujet plein de récits tout nus. )) De fait, les nouveaux académiciens n'avaient que des titres littéraires assez minces. Gaillières n'avait encore publié qu'un Panégyrique historique de Louis XI V^ qui lui avait valu son élection. Renaudot avait des litres réels ; il rédigeait la Gazette. C'était là tout ce ([ue Charpentier, peu au courant de la vie scientifique, connaissait de ses œuvres; cela ne l'empêcha pas de lui faire un compliment pompeux et plein de gracieux eHorls; et,

Après en avoir dit ce qu'il en pouvait dire, Il se jette à côté, se met sur le propos De Castor et Pollux,

c'est-à-dire du roi Louis le Grand ! Voici d'ailleurs un spécimen du morceau : u Messieurs, disait-il à ses nouveaux collègues, si votre réputation était moins établie, les deux excellents discours que vous venez de prononcer feraient assez connaître ce que l'on doit penser de vous, et justifieraient pleinement le choix de l'Académie, Mais la grande opinion que toute la France a conçue de votre mérite avait déjà prévenu nos vœux, et la voix publique vous avait nommés depuis longtemps aux places dont aujourd'hui vous prenez possession. Ce grand concours de personnes distinguées, accourues pour vous ouïr ; ce silence qui n'a été interrompu que

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par des exclamations; celte joie universelle répandue sur tous ceux qui forment cette Compagnie, vous en sont un témoignage indubitable. » Après Téloge de Caillières, « qui n'a pas demandé aux cabales de l'imposer à FAcadémie », Charpentier s'adressa à Tabbé Renaudot; le passage fit sensation, et fut agréablement relevé par le Journal des Savants ^ : « Il en est de même de vous, Monsieur. Toute la France qui vous lit depuis si longtemps, et qui vous lit avec applaudissement, a demandé pour vous ce que TAcadémie se fait gloire de vous accorder. Je considère ce grand ouvrage que vous conduisez avec tant de capacité et de prudence comme le Berceau de la Vérité. V'^ous la recevez au moment de sa naissance, et vous lui donnez des forces pour voler par toute la terre. Vous faites une image de Louis le Grand qui n'est pas moins précieuse que celle des orateurs et des poètes, quoique vous y employiez moins d'or et de pierreries. Vous Fexposez à nos yeux avec la même adresse que ceux qui nous donnent un moyen pour regarder le soleil sans qu'il nous éblouisse. Vous jetez les plus solides fondements de l'histoire qui consiste principalement dans la fidèle narration des faits... Mon Dieu, le beau siècle que vous avez à peindre! Les beaux matériaux que vous préparez pour ceux qui travailleront après nous aux monuments immortels de la gloire de Louis le Grand ! Combien de fois vous nous l'avez fait voir à la tête de ses armées... Tantôt vous l'avez fait paraître en législateur, donnant de nouvelles lois à ses peuples... Si les Barbares de l'Afrique, si les nations

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