‹ L'Abbé Eusèbe RenaudotChapitre 60 sur 138 · COLLEGE · texte numérisé non relu

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et modernes qui affirment cette opinion. Il discute ensuite Topinion de l'anglais Marsham, partisan de Torigine égyptienne de notre civilisation, qui faisait venir d'Egypte les lettres grecques et les rites judaïques. Le second mémoire a pour but de confirmer le premier par rhistoire des transformations que les lettres de l'alphabet grec ont subies. Ce n'est plus l'origine phénicienne, mais hébraïque qu'il affirme ; car il professe « que les saintes Ecritures surpassent en antiquité tout ce qu'il y a eu de plus ancien parmi les Payens » (p. 267), que les fables sont toutes tirées de Tllistoire sainte, et qu'on peut « prouver par des raisons de vraisemblance que toutes les Lettres du monde sont venues de celles des Hébreux » (p. 271). 11 n*est pas mieux inspiré en affirmant que la circoncision n'eut aucunement un caractère étranger et profane, et qu'il était non seulement invraisemblable, mais encore impossible que ce rite eût été emprunté par le peuple de Dieu à un peuple idolâtre.

On reconnaît, à ces théories, le disciple trop fidèle de Bossuet; et l'on peut comprendre, par l'ascendant que l'évêque de Meaux exerça sur un esprit aussi éclairé que Renaudot, l'influence néfaste que ses principes exégétiques ont dû avoir sur la masse de ses contemporains. De nouvelles découvertes viennent chaque jour donner un démenti nouveau à certains principes du Discours siw V Histoire universelle et aux thèses de l'abbé Renaudot.

11 y a lieu d'être surpris encore plus de ce que notre auteur avance dans son Mémoire sur les Irscriptions découvertes princijpalement par les Anglais à Palmyre

et à Ilëliopolis ou Baalbeck\ Il ne craint pas de parler de l'inutilité complète qu'il y a de passer son temps à la recherche de ces inscriptions, ot d'affirmer « qu'avec un plus grand recueil de pareilles inscriptions, on ne ferait pas de grands progrès dans l'histoire de Palmyre; et c'est se tromper à plaisir que de supposer qu'il se puisse trouver en langue et en caractères du pays quelque chose de plus particulier que ce qui en reste dans les auteurs grecs et latins » (p. 513) ; et, ajoute-t-il: « Quand il y aurait eu des histoires écrites en langue palmyrienne, on ne doit pas s'imaginer qu'elles nous apprissent [sic) d'autres faits que ceux qui se trouvent dans les historiens grecs et latins » (p. 516). II prend ensuite à partie les savants qui ont voulu publier ces inscriptions, surtout l'allemand Jacques Rhenferd, qui, dans son Periculum Palmyrenum^ avait hasardé plus que tous les autres des interprétations arbitraires. La critique de Renaudot était légitime, en ce qui concerne le déchiffrement des inscriptions palmyréniennes ; les copies imparfaites que les explorateurs anglais avaient rapportées de Palmyre ne permettaient pas d'arriver à un résultat satisfaisant. Mais il dépassait la mesure en généralisant cette critique. Les recueils d'inscriptions publiés depuis ont montré quelle importante contribution les monuments épigraphiques ont apportée à la connaissance de l'histoire ancienne et tout particulièrement de l'histoire des peuples sémitiques. Cette dissertation est suivie d'un appendice concernant les inscriptions trouvées à Baalbeck (Héliopolis de Syrie), « lesquelles sont

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