L'abbé Holmes et l'instruction publique [microforme]
ITI.—L'abbé Holmes ei l'Instruction Publique. Par M. l'abbé Aucusre GOsSELIN, docteur ès lettres. (Lu le 23 mai 1906.)
Qui ne connaît l'abbé Holmes, l'illustre prédicateur de Notre- Dame de Québec, l'orateur distingué dont la parole éloquente enthousiasmait les hommes de son temps, et dont les savantes conférences 8° lisent encore aujourd'hui avec tant d'intérêt? L'église où il devait prononcer un sermon se remplissait longtemps d'avance, comme on sait que la chose se faisait habituellement à Paris pour le P, Lacordaire, et comme nous en avons été témoin nous-même pour le P, Didon? Anglais d’origine, l'abbé Holmes * possédait admirablement tous les secrets de l& langue française, et la maniait avec une pureté exquise; protestant converti, il avait des accents pénétrants et convaincus qui remuaient les cœur<: prêtre éminemment vertueux, sa parole n'éclairait pas seulement, elle purifiait et sancuiliait les âmes,
Comme Lacordaire, pourtant, auquel on la si justement com-
paré, il était avant tout un grand éducateur de Ja jeunesse. Lorsque
nous entrâmes au séminaire de Québec en 1854, il Y avait deux ans que l'abbé Holmes n'était plus: retiré depuis quelque temps à l’Ancienne Lorette pour cause de maladie, il y était décédé le 18 juin 1852. Mais son souvenir était encore bien vivant, et l'on racontait des choses merveilleuses sur sa manière de diriger, de soutenir, d'encourager ses élèves, sur son habileté à donner de l'attrait à l'enseignement des choses les plus arides, sur son aptitude à former des hommes d'intelligence, de volonté et de caractère. 11 avait renouvelé dans le vieux séminaire de Mgr de Laval les méthodes d'enscignement qui y étaient un peu ar-
Archives du Canada, Papiers d'Etat, Bas-Canada,—Archives du Séminaire
de Québec, Correspondance de l'abbé Holimes.—Archives du Parlement de Québec. *A Dijon, aux fêtes mémorables du huitième centenaire de saint Bernard,
en juin 1891.
Né à Windsor, Vermont, en 1799, d'une vicille famille puritaine, John
. Holmes passa au Canada en 1N15 à l’âge de 16 ans, fil abjuration du protestantisme, à Yamachiche, en 1817, entra au séminaire de Nicolet, y enseigna la philo-
sophie et fut ordonné prêtre le 5 août 182%. Successivement vicaire à Berthier,
diocèse de Montréal, et missionnaire dans les Cantons de l'Est, il entra au sémi-
naire de Québec en 1827, et y demeura agrégé jusqu'à sa mort. Son nom figure,
dans la charte royale de l'Université Laval, au nombre des neuf fondateurs de
cette grande institution. (Constitufions et Riglements de l'Université Laval,
Québec, 1853, p. 3).
riérées ; il avait relevé le niveau des études et jeté infiniment d'éclat sur cette maison, où il vivait, pourtant, de la manière la plus humble et la plus modeste. Nous avons connu, depuis, les travaux et les œuvres admirables du P. Lacordaire à Sorèze;! et nous croyons pouvoir affirmer sans exagération que sur un théâtre moins brillant et moins élevé, sans doute, mais avec non moins d'efficacité et de succès, M. Holmes joua au milieu de nous un rôle analogue à celui de l’illustre Père Dominicain.
Sa biographie n'est plus à faire: elle a été écrite avec beaucoup de talent par son neveu, notre éminent collègue de la Société Royale, le savant bibliothécaire du parlement, M. DeCelles Elle fut complétée ensuite par un des élèves les plus distingués de M. Holmes, un de ceux qui avaient le mieux profité de ses leçons, —on dit même que le léger accent anglais qu'il avait dans ses discours provenait de limitation de M. Holmes—l'honorable M. Chauveau, qui y ajouta une foule de détails intéressants sur la carrière de son maître comme professeur, et éducateur de la jeunesse.# MM. Chauveau et DeCelles n'ont pas manqué de faire ressortir le patriotisme éclairé de M. Holmes, qui, tout anglais qu’il était d’origine, s'était attaché à notre race, et était devenu Canadien-français de cœur. Cet homme était, de toutes manières, en avant de son siècle: rien de ce qui pouvait intéresser l'avenir de notre pays ne lui était indifférent: il avait même prévu la confédération; et il voulait que dans ce travail de formation d'un grand peuple nous ne fussions inférieurs aux autres races, ni pour l'instruction, ni pour l'esprit d'entreprise: de là l'impulsion qu’il donna au mouvement colonisateur, de là son zèle à promouvoir la cause de l'éducation, Il est un des premiers qui conçurent l'idée de fonder une université à Québec. Un ancien recteur de l'Université Laval a écrit:
“ [’un des hommes dont notre pays s'honore le plus, M. Holmes, s’en était sérieusement occupé, comme d'une institution que le temps finirait par rendre nécessaire.” *
Mais avant de créer l’enseignement supérieur, il voulait établir sur un bon pied l’enseignement primaire et procurer à notre pays de bons instituteurs. Voilà pourquoi il contribua efficacement à la fondation
1 Le P. Lacordaire à Sorèze, dans le Correspondant de 1881 et 1882.—Dans notre voyage en Europe, en 1883, nous rencontrâmes à Burgos, à la Fonda del Norte, un magistrat espagnol très distingué, qui avait étudié à Sorèze, et nous fit le plus bel éloge du P. Lacordaire. Cet espagnol parlait admirablement le français.
2 Préface des Conférences de N.-D. de Québre, 2 édition, Québec, 1873.
s L'abbé Jean Holmes et ses Conférences de Notre-Dame, Québec, 1876.
4“ Notice biographique sur M Louis-Jacques Casault, par M.-E. Méthot, dans l'Annuaire de l’Université Laval pour 1862-65, p. 32.
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de nos écoles normales: et c'est un point de la carrière de M. Holmes que ses biographes n’ont peut-être pas mis assez en relief,
On se prépare à célébrer en 1907! le cinquantième anniversaire de la fondation des écoles normales dans la province de Québec! C'est en effet en 1857 que furent inaugurées les trois écoles normales Jacques- Cartier, MeG'll et Laval, en vertu d’une loi passée l’année précédente par le parle. nt-uni du Haut et du Bas-Canada. Cette loï de 1858 avait été pr , urée sous l'inspiration de M. Chauveau et présentée en chambre par Georges-Etienne Cartier. Mais sait-on que MM. Chauveau et Cartier, en préparant et présentant cette loi, ne faisaient qu’en ressusciter une autre, qui avait été passée vingt ans auparavant, en 1836, par la législature du Bas-Canada? La loi de 1856 modifiait, sans doute, d’une manière importante, en l’améliorant, celle de 1836; elle avait un caractère permanent, tandis que celle de 1836 était transitoire. La loi de 1836 était ce qu'on pourrait appeler une loi d'essai, les fonds qu’elle affectait aux écoles normales n’étaient votés que pour cinq ans: au bout de cinq années, tout était à recommencer: mais eniin cette loi avait existé; elle avait donné naissance à plusieurs écoles normales. On conserve À Montréal ® un registre précieux, celui du comité de régie de la première école normale de cette ville, indiqusat l'endroit où elle se tenait, les noms des professeurs et des élèves, ete. Cette école était pour les garçons ; elle fonctionna cinq ans, et ne disparut qu’en 1842, les fonds qui l'avaient fait subsister ne pouvant être renouvelés par la législature qui avait cessé d’exister elle-même.
Depuis que ceci a été écrit, la célébration s'est faite avec beaucoup de solennité, et À Montréal, at à Québec.
? L'école normale supérieure de France célébra en 1895 son premier centenaire. Or, il paraît qu’elle aurait dû attendre A 1910 pour le célébrer, car, par une singulière analogie avec la nôtre, elle n'aurait reçu en 1795 qu’une existence éphémère, et n'aurait vécu alors que quelques mois, sa véritable fondation datant de 1810. Du moins, c’est ce que nous apprend un écrivain du Correspondant :
“Il semble qu’à la rigueur, dit-il, on aurait pu ajourner jusqu'en 1910 la célébration de ce centenaire. Par son décret de brumaire an III. la Convention nationale n'avait proprement fondé qu'un nom. L'institution à laquelle ce nom était attaché ne dura pas plus de six mois, et ce ne fut qu’un météore....”
L'écrivain ajoute: “On en sera quitte pour recommencer Ja fête dans une quinzaine d'années, ce qui ne portera tort à personne, et fera pluisir à beaucoup de monde.” (Le Correspondant du 10 avril 1895, p. 64).
* A l'Ecole Normale Jacques-Cartier. Nous l'avons parcouru nous-même, avec la bienveillante permission de M. le Principal Dubois. Du comité de régie de Québec, il y a peu de chose, les procès-verbaux, seulement, de deux ou trois séances.
Sec. L., 1907. 9,
A Quélec, également, une école normale commença en 1836; elle était pour les filles, et, comme aujourd’hui, sous la direction des Ursulines, Nous le savons par les annales du monastère Il y en avait une autre pour les filles, aux Trois-Rivières, aussi sous la direction des Ursulines, et une troisième à Montréal, confiée aux Sœurs de la Congrégation. ‘l'outes ces écoles provenaient de la loi de 1836.
Et qui avaient été les inspirateurs de cette loi de 1836, sinon dans tous les détails, du moins dans les grandes lignes? Nous ne croyons Pas nous tromper en affirmant que MM. Demers ? et Holmes, du séminaire de Québec, contribuèrent beaucoup x faire adopter la première loi des écoles normales, et qu'on doit les regarder comme les véritables fondateurs de ces institutions dans notre pays. Ecoutons M. Demers lui-même rendant témoignage devant le comité parlementaire nommé pour la préparation de la loi: l'on sait d’ailleurs que MM. Holmes et Demers ne faisaient qu’un en matière d'éducation :
“ Ne pensez-vous pas, demande-t-on à M. Demers, qu’il serait nécessaire d’établir des écoles normales, d’où l’on pourrait tirer des maîtres pour être mis à la tête des écoles primaires et supérieures dans les paroisses et comtés de cette province ?
“Je le crois d'autant plus volontiers, que jusqu’à présent il a été très difficile de se procurer des instituteurs et des institutrices suffisamment qualifiés pour que l’on pût les placer à la tête des écoles que l’on a établies dans les différentes paroisses de la province.
“Quel serait, dans votre opinion, le mode le plus avantageux que lon devrait suivre pour l'établissement d'institutions de ce genre, et pour leur organisation et régie ?
“Je suis porté À croire que le moyen le plus avantageux serait d'établir dans chacune des deux villes de Québec et de Montréal une bonne école normale, où l’on pourrait former des instituteurs et des institutrices capables d'être mis à la tâte des écoles primaires et supérieures,” que l’on pourrait établir par la suite dans les paroisses et dans les comtés de la province.
“On devrait enseigner dans chacune de ces deux écoles les principes de la langue française et de la langue anglaise, l’arithmétique dans toutes ses parties, le toisé, la tenue des livres de compte, la géon-
mm =
Notes de l’archiviate, la R. Mère Marie de l’Assomption, à l’auteur.
* Jérôme Demers, vicaire général du diocèse. qui avait été déjà supérieur du séminaire une douzaine d'années À deux reprises, ne l'était pas À cette date: il fut cependant nommé supérieur du séminaire. pour la troisième fois, dans l’automne de cette année 1836.
*On appelait à cette époque écoles supérieures celles que l'on nomme aujourd’hui écoles modèles ou académiques.
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métrie e, la trigonométrie pratiques, le dessin linéaire, la méchanique pratique, surtout duns ce qui a rapport aux forces mouvantes, ete. Il faudrait aussi donner dans chacune de ces écoles des leçons d'histoire, de géographie, d'architecture civile, ete. Il serait bon d'y ajouter l'usage des globes et les premiers éléments de la littérature, de la rhétorique, et de la logique, de Ja physique, de l'astronomie, ete. Les aspirants à l’ensvignement public, que l’on admettra dans ces écoles, devraient être exercés à la composition. Le style épistolaire et la rédaction des mémoires et des rapports dont on a le plus besoin dans Je commerce de la vie civile ne devraient point être négligés.1
“Je suppose que dans chacun de ces deux établissements il faudrait, outre les professeurs chargés de la partie grammaticale et Jittéraire, en avoir d’autres qui donneraient des leçons sur les différents sujets que l’on voudrait enseigner. Ces leçons devraient être données à des jours et à des heures fixés de manière que tous et les seuls aspirants à l’enseignqment public pussent y assister,
“Je pense que chacune de ces deux écoles devrait être administrée et régie par un comité qui serait chargé de la nomination des professeurs, de la surveillance tant générale que particulière sur la conduite morale et religieuse des maîtres et des élèves.
“Je suis porté à croire qu’il devrait y avoir quatre examens per année afin que chaque comité pût juger d’une manière plus certaine des progrès et de la capacité de chacun des aspirants en particulier. Ce serait d’après ces exwmens qu’un sous-comité nommé à cet efTet donnerait des certificats de bonnes mœurs, de capacité et d'aptitude à ceux que le comité général jugerait dignes de les recevoir. Personne à l'avenir ne devrait être placé comme instituteur ou institutrice à la tête des écoles primaires ou supéricures, reconnues comma telles par Je gouvernement, à moins qu’il ne fût muni d’un tel certificat, dans lequel on aura mentionné à la tête de quelle espèce d'écoles l’aspirant peut être placé,
“Comme prêtre et comme citoyen inviolablement attaché à mon pays, je crois qu’il est de mon devoir d'observer, en terminant ces réponses, que dans mon opinion l’objet principal que l’on devrait avoir en vue en établissant les deux écoles dont je viens de parler, devrait être dr former des citoyens industrieux, probes, honnêtes et sincèrement religieux, et que l’éducation industrielle que l’on donnera dans ces éta-
Quelle bonne et pratique recommandation! Que de gens, même instruits, n'ont pas la moindre notion de ce que c'est qu'une lettre! Que de rapports vraiment étranges on trouve quelquefois dans les livres bleus, dans les documents publics, et renferment tout autre chose que ce qu'on devrait y trouver!
blissements ne devrait pas nuire à ce que l’on appelle, dans tous les états civilisés, la haute éducation.” 1
Qui n’admirerait l'esprit pratique, la hauteur de vues et la sagesse de cet ancien directeur du séminaire de Québec? Il met toutes choses au point, dans son témoignage; il dit bien ce qu’il veut dire, et ne dit que ce qu’il faut dire, observant le précepte d’Horace:
“Ut jèm nunc dicat, jàm nunc debentia dici.” ?
Faut-il -’étonner de ce qua M. Chauveau écrit quelque part, en parlant de ce prêtre vénérable :
“Jamais peut-être homme aux dehors aussi modestes, à la vie aussi hamble, n’a exercé une plus souveraine influence Dans la ville comme au séminaire, dans tout le diocèse et on peut dire dans tout le pays, quand M. Demers avait prononcé, il n’y avait plus rien à dire.” *
On le vit bien en 1836: la loi des écoles normales fut votée à sa recommandation et en grande partie basée sur son témoignage; c’est à peu près son programme d’études qui fut adopté. La loi décrétait établissement de deux écoles normales, une à Québec, une autre à Montréal: elles devaient être sous la direction de deux comités, cgmposés chacun de dix personnes, et nominés par un certain nombre d’électeurs, catholiques et protestants, désignés par la loi lesquels électeurs devaient être convoqués par les deux maires de Québec et de Montréal respectivement.5
Le gouvernement se montrait généreux à l'égard des nouvelles institutions qu’il créait, et leur allouait une somme considérable, l’éducation devant y être donnée gratuitement :
“Les dites écoles normales, était-il dit dans la loi, seront exclusivement consacrées à recevoir et à instruire gratuitement les jeunes gens qui voudront se destiner à l’enseignement, soit dans les écoles primaires ou dans les écoles supérieures, et aussi les maîtres d’écoles qui voudraient se perfectionner et s’instruire sur la meilleure méthode
* Appendice (0.0) des Journaux de la Chambre d'Assemblée du Bas-Canada.
3 Epist. ad Pisones.
* L'abbé Jean Holmes. p. 7.
“Voici ceux qui, d'après la loi, avaient qualité d'électeurs, à Québec et À Montréal: les évêques, les vicaires-généraux, les archidiacres. les recteurs, les curés, pasteurs et autres prêtres et ministres des cultes ayant droit de tenir les registres de l’état civil, les supérieurs et directeurs des collèges et les professeurs de belles-lettres, rhétorique, histoire naturelle, de cs collèges, les juges des cours du Banc du Roi, les membres de la législature du district, et les maires des deux villes.
“Le maire de Québec, en 1836, était René-Edouard Caron. qui devint plus tard lieutenant-gouverneur de cette province; le maire de Montréal, Jacques Vigor.
bon + rite rit
[aosseLix) L'INSTRUCTION PUBLIQUE 188
d’enseigner et de conduire une école.... Dans le cas où il serait constant qu’un élève admis à l’école normale est hors d'état et n’a pas les moyens de se pourvoir de livres et autres objets de papeterie nécessaires pour suivre les cours de l’école, le comité de régie est autorisé à les lui procurer à même les sommes appropriées pour les dépenses contingentes des écoles... .”
Le défaut principal de la loi de 1836—il était grave, et devait disparaître dans celle de 1856,—<'est qu'elle n’établissait pas d’école normale spéciale et séparée pour les protestants. Les écoles qu’elle créait étaient pour les jeunes gens, en général, qui y seraient admis par les comités de régie, sans égard à leur foi religieuse. Les auteurs de la loi, dans leur désir de voir adopter le plus tôt possible une mesure qui leur paraissait de première nécessité, pour le bien de l’éducation dans le pays, avaient écarté, avec trop de facilité peut-être, la question religieuse, espérant qu'en pratique tout s’arrangerait pour le mieux. Mais les protestants de Québec, prévoyant qu’ils n’auraient pas la majorité dans les comités, et craignant que ces comités ne leur rendraient pas justice, jetèrent les hauts cris et adressèrent une pétition au gou verneur Gosford pour que la loi fût réservée à la sanction royale. On ne tint pas compte de cette pétition, la loi, passée le 21 mars, entra en vigueur, et les électeurs furent. convoqués en assemblée, à Québec et à Montréal, par les maires respectifs de ces deux villes, MM. René- Edouard Caron et Jacques Viger, pour le choix des membres des deux comités de régie.
A Québec, aucun électeur protestant ne se présenta à l’assemblée :? ce qui n’empêcha pas les catholiques de faire entrer plusieurs protestants dans le comité de régie. Voici les noms des dix membres de ce comité:
“MM. J.-A. Stayneré John Neilson, le très révérend archidiacre
‘Papiers d'Etat, Bas-Canada, Série Q.. vol. 228, p. 183, Pétition de 388 habitants de Québec au gouverneur Gosford. contre la loi des Ecoles Normales, 9 mars 1836.—Cette pétition est aux archives, mais les noms des signataires ne s'y trouvent pas.
*Le Canadien au 29 avril 1836.
* M. Stayner n'ayant pas voulu accepter la charge, fut remplacé par un autre protestant, M. Wm. Henderson. (Zbid.) M. Stayner était président, et Jeffry Hale, secrétaire d’une espèce d'école normale, appelée ‘“ Ecole britannique et canadienne,” qui se tenait à Québec. ‘“ faubourg Saint-Roch. près du Parc.” Dans une annonce publiée dans le Canadien du 6 novembre 1837, ces messieurs prétendaient que leur école avait déjà fourni à la province ‘46 maîtres capables d’enscigner d'après le système de l’enseignement mutuel.” Au cours de “ quato z* ans d'opération utile,” Jeur école avait reçu “2360 enfants des deux sexes et de
Mountain, le révérend M. Baillargeon, curé de Québec,! Messire Holmes, MM. Huot, Vanfelson, Caron, Besserer et Daly.”
Le commité nomma M. Caron son président, M. Neilson, viceprésident, M. Huot, secrétaire, et M. Daly, trésorier.
On ne voit pas que les protestants de Montréal aient soulevé autant d’objections à la loi que ceux de Québec. C’est probablement qu’ils s’y sentaient plus forts que ces derniers ne l’étaient à Québec. Par contre, Mgr Lartigue,? évêque de Telmesse, voyait la loi d’un très mauvais œil:
“ Vous savez, écrivait M. Holmes au maire de Montréal, que Mgr Lartigue est opposé au principe de cette mesure, le mélange des clergés dans le corps des électeurs.”
Et M. Holmes engageait Jacques Viger à faire tout en sen pouvoir pour donner satisfaction à l’évêque au moins quant au choix des membres du comité de régie:
“Tâchez donc, lui disait-il, de préparer un choix qui convienne le mieux à tous les intéressés, de vous assurer que les électeurs les agréeront et que les élus accepteront la charge. Tâchez surtout d’engager monseigneur à y concourir, au moins pour le choix, avec son clergé. Si Sa Grandeur voulait donner place à l’école normale ‘chez lui, sans déranger la sienne, Elle y aurait toute l'influence qu’Elle pourrait désirer. EÆncore une fois, puisque la chose a lieu, tâchez de toutes les manières de la faire agréer à monscigneur, Vous avez besoin de Ini pour qu’elle réussisse.... Je vous en prie, ajoutait-il, faites ce qui dépendra de vous pour que Sa Grandeur sit à se louer de votre choix."*
Voici les noms de ceux qui furent élus pour composer le comité de régie de l’école normale de Montréal :
toutes dénominations religieuses.” A bout de ressources, on convoquait une assemblée des citoyens de la ville pour demander des secours, et l'éditeur du Canadien n'hésitait pas à écrire: ‘ Cette école se recommande sous trop de
rapports pour que les directeurs en appellent au public en vain’ (Le Canadien du 6 novembre 1837).
? Nommé en 1851 évêque de Tloa, il devint en 1867 archevêque de Québec, et mourut en 1870. Voir dans l'Annuaire de l'Universi’é Laval rour 1871-72, p. 39, sa biographie par M. l'abbé Cyrille Legaré.
* Jean-Jacques Lartigue n'était encore qu'évêque auxiliaire de l'archevêque de Québec, Mgr Signay; mais il était sur le point d'être nommé évêque en titre de Montréal; il le devint le 13 mai 1836.
* C'est-à-dire, “dans la belle maison par lui bâtie pour cette fin (les écoles) en ligne parallèle au palais épiscopal.” (Mémorial de l'Education du Dr Meilleur, p. 251.)
“Archives du Séminaire de Québec, Lettres de M. Holmes à Jacques Viger, Québec, 27 février et 28 mars 1836.
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