‹ L'abbé Holmes et l'instruction publique [microforme]Chapitre 4 sur 7 · RS DAS · texte numérisé non relu

RS DAS

[aosseLin] L'INSTRUCTION PUBLIQUE 141

Ce qui nous frappe d'une manière toute spéciale en parcourant les lettres adressées à M. Holmes par ses amis de Nicolet, de Saint-Hya. cinthe et d’ailleurs, c'est l'entière confiance, la sincère estime, la touchante et respectueuse familiarité qu’on entretient à son égard :

Le secrétaire du diocèse, M. Cazeau, le curé de Québec, M. Bail. largeon, sont aveæ: lui dans les termes de la plus affectueuse amitié. M. Raimbault et M. Leprohon, de N icolet, lui écrivent des lettres charmantes, où respire l’agréable souvenir des trop courtes années qu'il a Passées au milieu d'eux. M. Prince, le futur évêque de Saint-Hyacinthe, lui adresse familièrement ses lettres: “V °Yageur aux terres étrangères.” Il lui écrit un jour de la part de M. Raymond! pour lui demander de lui prêter “ l’histoire de Napoléon racontée Par un de ses soldats dans une grange, représentée aux derniers examens AE C'était un écrit de Balzac que l'acteur Alcide Tousez avait rendu populaire en France : Puis il ajoute:

“M. Raymond vous fait exprimer ses bons sentiments d'une manière encore plus particulière que nos autres messieurs, mais pas plus affectueusement que votre très dévoué serviteur.” 2

Mais le plus éclatant et le plus précieux témoignage de la confiance et de l'estime générale dont jouissait M. Holmes dans tout le pays, c’est certainement Ja lettre de recommandation que lui donna Je gouverneur

du Canada, lord Gosford,’ à veille de son départ pour l’Europe. NôüE Tavons rouvée aux archives, et nous x d’en. ]

oyons pas, en effet, que cette lettre ait jamais été publiée. Elle était adressée au

lg, auquel M. Holmes

“ Château Saint-Louis, Québec, 9 mai 1836.

Seigneur—Cette lettre vous sera remise John Holmes, directeur du séminaire de Québec. Partir pour l'Angleterre, et je tiens à lui donner toute l'assistance possible pour le succès de sa mission. M. Holmes est hautement estimé Par ici; il a consacré sa vie à une grande œuvre, l’éducation de la jeu-

nesse, et mis le cours d’études, au séminaire de Québec, sur le haut pied

où il est à présent. Dans cette vieille institution religieuse, l'instruction

par le révérend Il est à la veille de

?Plus tard monseigneur Joseph-Sabin Raymond, l’un des distingués du séminaire de Saint-Hyacinthe.

?Lettre de M. J.-C. Prince à M, Holmes, avril 1836.

* Gouverneur général du Canada, de 1835 à 1838.

“Dans le ministère de lord Melbourne, chef des whigs, qui avait succédé à sir Robert Peel l’année précédente, Lord Melbourne était le beau-frère de lord Palmerston (Henry-John Temple), qui était ministre des Affaires-Etrangères.

prêtres les plus

était en arrière de notre époque: M. Holmes y a introduit un cours d'études, basé sur les mathématiques, et s'élevant à une grande hauteur, toujours appuyé sur elles, dans les différentes branches de la philo-ophie naturelle,

“ L'objet qu'il a en vue, dans son voyage, est de s'enquérir de la naturd et du mécanisme des diverses institutions littéraires et scientifiques de la Grande-Bretagne et de l'Irlande, d'acheter des instruments de physique, et d'engager des maîtres, afin de jeter les fondations d’une école normale, qui puisse fournir des instituteurs aux districts ruraux du Bas-Canada, qui en sont complètement dépourvus. Tous ceux qui portent quelque intérêt aux différents objets que je viens de mentionner, ne manqueront pas d'aider M. Ilolmes dans l’accomplissement de sa mission, en lui procurant toutes les informations qu’ils pourront lui donner.

“J'ai parlé ici à plusieurs personnes qui connaissent M. Holmes depuis longtemps, et ce qu'elles m'ont dit de son caractère et de son œuvre me confirme dans tout ce que je viens d'écrire à son sujet.

“Si vous pouvez lui donner des lettres d'introduction pour quelques personnes en état de lui procurer des informations sur les différents objets qu’il a en vue, vous m’obligerez beaucoup.

“M. Holmes emmène avec lui en Angleterre trois jeunes compagnons, Elzéar-Alexandre Taschereau, fils de feu le juge Taschereau, jeune homme de grands talents, David Ross,! un autre jeune homme qui promet beaucoup, et Joseph-Octave Fortier? fils d’un respectable marchand de Québec.

“ Croyez-moi, mon cher Seigneur, votre tout dévoué, Gosrorn.”

M. Holmes quitta Québec le soir du jeudi 12 mai, en route pour Nicolet, Montréal et New-York. 11 prit passage sur le vapeur British America en même temps que Mgr l’évêque de Québec, qui devait descendre à Nicolet, Il s'y arrêta lui aussi; et ses amis, qui le pressaient depuis longtemps de prendre plutôt la route de Nicolet que celle de Kennebec pour se rendre à New-York, furent heureux de le revoir.

On lit dans le Canadien du 13 mai: “ La barque à vapeur British America, qui a hiverné à Québec, est le premier bâtiment qui a laissé

Le jeune David Ross était protestant. Il devint plus tard conseiller législatif de la province de Québec, et l'un des ministres du gouvernement Mercier — Il devait passer en Europe en même temps que M. Holmes, mais nous ne croyons pas qu’il ait fait le voyage.

*M. Fortier entra dans l’état ecclésiastique, et mourut à l'Age de 26 ans, en 1842, des fièvres typhoïdes qu’il avait prises à la Gr »8sc-[le, où il était mission: na,re.

laéiétiéhaier sminiiäedit | iii disaiinsénessé ani cb

[GomsELIN] L'INSTKUCTION PUBLIQUE 148

Québec pour Montréal cette année. Elle est partie la nuit dernière avec le Canada de Greenock en remorque, Il ÿ avait environ soixante pussagers dans la chambre, parmi lesquels se trouvaient Mgr l’évêque de Québec, et le révérend Messire Holmes, du séminaire, ainsi que MM. Fortier et Taschereau, qui passent en Europe avec lui.”

Le lendemain, samedi, 14 mai, la Gazette de Québec disait: “ Mgr l'évêque de Québec a pris passage sur le stesmboat British America, en visite pour quelques jours au collège de Nicolet... .

“ Le révérend messire Holmes est parti aussi jeudi soir, à bord du British America, avec MM. Alexandre Taschereau, fils du défunt juge, at Joseph Fortier, fils de Louis Fortier, tous deux étudiants en philosophie. Ce soir, un troisième compagnon doit partir pour rejoindre ces messieurs, et voyager avec eux: c’est M. Edouard Parent, aussi étudiant en philosophie. Ce dernier monsieur est frère de l'éditeur du Canadien. Ils doivent visiter les Etats-Unis, l'Angleterre, l'Irlande, l’Ecosse, la France, l'Italie, la Suisse et l'Allemagne. Ces messieurs ont eu l’honneur d’être présentés à lord Gosford, avant leur départ; et Son Excellence a bien voulu leur donner différentes lettres de recommandation, parmi lesquelles s'en trouve une Pour son fils le vicomte Atcheson, à Armagh, en Irlande.”

Edouard Parent, frère du célèbre publiciste Etienne Parent, remplaçait le jeune David Ross comme compagnon de voyage de M. Holmes. Il faisait le voyage aux frais de sa tante, Mme Clouët, veuve d’un riche marchand de Québec.?

Parent, Taschereau et Fortier achevaient bientôt leur dernière anne de philosophie au sémiaire de Québec, et ce voyage d'Europe était à la fois comme le complément de leurs études et la récompense de leur travail ardu. Quel avantage de faire ce Voyage en compagnie d’un homme aussi distingué que M. Holmes, qui les connaissait si bien et avait été si longtemps leur directeur, qui les aimait comme ses enfants et leur portait le plus vif intéréi !

Il faisait lui-même le Voyage pour la première fois, mais nulle part il n’était en pays inconnu. I] y avait déjà plusieurs années qu’il avait publié son admirable manuel de géographie, qui dénote tant de connais. sances, et ne sera, croyons-nous, jamais surpassé.® Que de fois n’avonsnous pas entendu dire à M. Parent lui-même, que dans le voyage il les émerveillait sans cesse par ses réflexions, toujours si à propos, sur les

! Thomas Taschereau, époux de Marie Panet, sœur de l’évêque Panet. * M. Etienne Parent était le père de Mme Benjamin Suite.

* La première édition date de 1832,

“Il était curé de la Pointe-aux-Trembles, près de Québec, et nous avions par

conséquent l’avantage de l'avoir pour voisin à Sainte-Jeanne de Neuville.

monuments qu’ils visitaient, sur les endroits célèbres qu'ils parcouraient !

On voit par la correspondance de M. Holmes qu’ils l’accompagnèrent partout, e Angleterre, en Ecosse, en Irlande, en France, dans les Pays- Bas, en Allemagne, en Suisse, en Italie, Leurs parents les lui avaient confiés: il ne les perdit pas de vue, et eut pour eux, durant tout le voyage, la plus touchante et la plus paternelle attention. 11 n’écrit pas une fois au Canada sans donner de leurs nouvelles :

“ Nos jeunes gens profitent de toute manière, dit-il.... Les enfants se portent bien.... Les enfants se portent à merveille, Saluez leurs bons parents de ma part....”

11 les chérit tous les trois; mais T'aschereau, le mieux doué de tous, sémillant, alerte et sérieux à la fois, le plus jeune, —il n’a que seize ans—est évidemment l’objet de ses complaisances spéciales :

“Taschereau grandit, grossit, noircit à vue d’œil.... C’est un enfant bien précieux. Ah! qu’il a grandi depuis quelque temps sous tous les rapports....!

Du reste, les trois jeunes gens ne lui donnèrent que du contentement durant tout le voyage, à commencer par la traversée de l'océan. Le paquebot sur lequel ils étaient montés renfermait, entre autres passagers, un certain nombre de libres penseurs qui, malheureusement, tenaient souvent des propos injurieux contre la religion et les mœurs:

“ Fortier et T'aschereau, écrit M. Holmes, leur ont livré une bataille rangée, l’autre jour, et assez heureusement. Je m'’efforce de saisir toutes les occasions propres à les affermir dans les bons sentiments qu’ils ont puisés tant au séminaire qu’au sein de leurs familles. Priez pour leur persévérance.”

Le frère aîné du jeune Taschereau, Jjean-Thomas, celui-là même qui devint plus tard juge à Québec, ne tarda pas d’aller le rejoindre à Paris. M. Holmes écrit à M. Demers le 15 septembre: “ M. Thomas Taschercau est venu se joindre à notre petite communauté. Il est comme nous logé aux Missions-Etrangères. Tous se portent à merveille et parlent souvent de leurs anciens directeurs et professeurs.”

Au printemps de 1837, nos jeunes gens n’avaient pas encore quitté M. Holmes; mais il fallut alors se séparer pour la première fois. M. Holmes écrit à M. Demers: “M. Thomas Taschereau part pour Rome. Mes jeunes compagnons me tourmentent pour que je les Jaisse aller aussi.... Ils s’impatientent de m’attendre, et ils n’ont pas tort. Il faut qu’ils partent pour Rome... .”

Ils partirent en effet pour Rome le 22 février. M. Holmes alla les y rejoindre quelques mois plus tard ; et écrivant alors à M. Demers: “Nos jeunes gens se portent bien, lui dit-il, et vous présentent leurs

Ars

rate

Litthébtantanchamédesiusntneut | bdd voeu co

[aossx11] L'INSTRUCTION PUBLIQUE 145

meilleurs souvenirs de respect et d'attachement, Tous ont été tonsurés, et très gracieusement accucillis d. Souverain Pontife, Dites, s'il vous plaît, à M. Philippe Panet ! que les parents de Taschereau ne se troublent pas du projet qu'it a conçu d'entre dans un ordre régulier, Je le ramènerai, 1] fern ensuite ce que le Ciel lui inspirera, . , ,"

Le jeune Taschereau suivit en cTet les conseils de celui qui Jui avait servi de mentor durant son voyage: il remit à plus tard à se décider définitivement sur le projet qu'il avait concu de se faire Bénédictin; il revint au Canada, renonça à son projet, devint l'un des directeurs les plus distiagués du séminaire de Québec, puis archevêque, puis enfin le ‘premier cardinal canadien,

Mais revenons à New-York, pour le départ de M, Holmes et de ses compagnons.

M. Holmes s’embarqua à New-York le 8 juin, et arriva à Liverpool le 25, à six heures du soir. Nous avons de lui une longue Jettr

e au supérieur du séminaire

+ Qu'il commença à écrire dans la matinée du 21 juin, sur “l'océan Atlantique, vis-üvis Cape Clear, et à laquelle il ajouta quelque chose de jour en jour jusqu'à son départ de Birmingham, le 30 juin, en reute pour Londres,

Citons-en quelques extraits :

ils nous donneront une idée de sa m

anière d'écrire, au fil de Ja plume ; et les impressions d'un homme de la valeur de M. Holmes n'ont jamais rien de banal :

“Et déjà les côtes cette nuit une longue sr.

ec demain au soir nous

inde, dit-il, commencent à sortir des flots: of forts majestueux vont guider notre course :

ü Liverpool. Benedictus Dominus Deus Israel! Que la divine Prwidence nous à été aimable, paternelle, sensible, durant la traversée! Priez Dieu pour nous, et demandez nous la continuation du même bonheur.

“Ce fut le 8 juin, à 10 heurcs du matin, que nous laissämes en bateau à vapeur le port de New-York, Cinq où six paquebots partirent en même temps, dont trois pour Liverpool, Le nôtre, le Sheffield, était au Join dans la rivière Hudson ;

pour

nous y arrivämes vers une heure p.m., et nos voilà aussitôt assis à une table garnie de viandes, de vins et de boissons de toute espèce, I buvait avec les amis qui é

s'est dit adieu, et le batear

Ææ champagne coulait à grands flots, chacun taient venus les conduire à bord, Puis o: 1 à vapeur nous ayant remorqué au delà d:

Le juge Panet, oncle du jeune

Taschereau, et frère de Mgr Bernard-Claude Panet, douzième évêque de Québec.

Sec. I, 1907, 10.

Sandy Hook, nous abandonna au gré des vents, Nous entrâmes sur l'Atlantique en même temps que le Columbus et le George Washington, qui faisaient voile pour le même port, et bientôt nous perdîmes de vue cette terre Amérique, notre berceau, et, nous l’espérons, notre torabeau futur, séjour qu’habitent tout ce que nous aimons et tout ce qui pense à nous...

“ Nous eûmes pendant huit jours le temps le plus charmant qu'on puisse imaginer: vent favorable et paisible, ciel serein, bon courage, et surtout bon appétit. Alors survint un de ces spectacles qu'il faut avoir vus pour en avoir une juste idée: l’océan en fureur, les vagues s’élevant jusqu'au ciel et formant des abîmes devant nous, les sombres nuages, la pluie à verse, la tempête, enfin. Plus d'un passager fut malade, Une fois, vers l'entrée de la nuit, la frayeur nous saisit tout de bon pour quelques instants. Pendant que les flots venaient se briser avec force sur les flancs du vaisseau, ou qu'ils inondaient le pont et tout ce qui le couvrait, nous entendîmes un craquement horrible, comme d'un arbre qui se fend en éclats an milieu d’un ouragan, suivi des cris prolongés des matelots. Nos mâts sont-ils emportés? La mer a-t-elle enlevé une partie de l’équipage?.... Non: ce n'était que le déchirement des cordages d'un des haubans et le contre-coup d'une voile qui se retournait au vent. Le capitaine monte sur le pont, crie, jure, tempête; l'ordre se rétablit, et les passagers se tranquillisent ou se retirent dans leur chambre pour prier. Le vent s'apaisa, mais ce fut à ce moment que l'océan parut le plus admirable. L’agitation des vagues était d’abord plus grande que jamais. Le vaisseau se mit à rouler sur tous les sens; tout était “ par les places ;” vaisselle, chaises, valises se précipitaient d'un côté du vaisseau à l’autre, C'était une affaire que de pouvoir se tenir même à plat ventre. “Votre vaisseau est changé en berceau.” disait au capitaine un original de la Caroline,

“Au moment du calme dont je viens de parler, nous étions très près du Columbus, qui nous tint compagnie pendant dix jours entiers. T1 n’y avait rien de plus beau que de voir ces deux gros paquebots paraître et disparaître, l’un au sommet d'une vague, l'autre au fond: un instant, de voir jusqu'à la quille de son rival, et l'instant d'après, ne lui voir que le haut du grand mât, ou le perdre de vue tout à fait. Après trois jours de temps paisible, nous fûmes assaillis d'une forte brise voisine de la tempête (a gate), qui nous poussa jusque dans le canal Saint-Georges. Nous n'allions que trop vite presque sans voile. Je vois arriver la fin de cette navigation avec un véritable regret. La mer m'est extrêmement favorable. Reste à savoir si les climats européens me seront aussi salutaires, surtout ave: le travail accablant qui m'attend à Londres ct ailleurs...

Ve

ddide vét tés ans

La N SRE rs

1 ét mb des : murs aé ace nd bi

{aossELIN] L'INSTRUCTION PUBLIQUE 147

“9 heures du soir.—Maintenant les phares brillent à nos yeux tout le long de la côte d'Irlande. Chacun a sa position, sa forme, sa couleur. Le plus beau est le T'uscan Light, à l'entrée du détroit qui mérite particulièrement le nom de canal Saint-George. Ce sont trois lumières tournantes, blanche, jaune, rouge, qui se montrent et s’éteignent de minute €n minute,

“25 juin, à 10 heures du matin.—L'Irlande s’est éloignée, et les montagnes du pays de Galles l'ont remplacée. Elles ont l'aspect, tantôt de la rive nord du fleuve Saint-Laurent vers la Rivière-du-Loup et Ca- Couna, tantôt de la côte Beaupré, excepté qu'il n'y a point de bois, et que les champs, très soigneusement cultivés, sont séparés par des haies et des fossés. Les montagnes sont couvertes de bruyères et nourrissent le petit bétail noir des gallois.

“Nous approchons de Holyhead, où nous prendrons un pilote, Notre signal est au sommet du grand mât. Dans dix minutes, on saura à Liverpool que nous arrivons. On a dû être fort inquiet sur notre compte, nous croyant partis depuis trente ct un jours. Ce qui excite notre cu. riosité, à nous, c’est de savoir si le George Washington et le Columbus nous ont devancés.... Nous nous dépêchons de notre mieux.

“Si j'apprends à Liverpool que les vacances des universités de Dublin, de Glasgow et d'Edimbourg ne sont Pas encore overtes, je tâcherai d’y aller immédiatement, dans l'intérêt des écoles normales. Dans le cas contraire, je me hâterai d'arriver à Londres, et d'y arranger toutes mes affaires d'argent... La présence du très saint Sacrement nous à merveilleusement soutenus et encouragés durant la traversée. Les dames ? ct le lieutenant Gordon font leur visite chaque jour. Ma petite chambre sert de chapelle... 6 keures P.m.—Nous arrivons.... Le port ct les quais de Liverpool se déploient À nos yeux. Tout est convert de fumée ct noirci de charbon. -.. Quel contraste avec le port de New- York! Des guenilleux qui n'ont presque pas la forme humaine... De vilains ânes qui n'ont pas trois pieds de haut.... Des fourneans de briques... Des quais en méchante pierre à sablon.… de

“Les terres de la campagne sont belles. Plus d'arbres, ici, que Ceux qui ont été plantés. Les coteaux qui bordent la mer sont couverts de bruyères. Plus de clôtures en bois; des haies avec des fossés en tiennent la place. La végétation est moins avancée qu'à New-York, L’agriculture se montre ici dans toute sa perfection. Les arbres sont des espèces les plus intéressantes : chênes, hôêtres, ormes, plaines, novers, pins (sales ou gris, Pourtant), sapins, et le reste, Point de vergers, dans

Far + ss ne mm

‘Une demoiselle Perreault, et quelq'es autres dont les noms ne sont pas donnés.

cette partie du pays. Le Worcestershire et le Somersetshire sont les pays aux pommes.

“26 juin, dimanche.—Nous sommes logés en ville. Tous nos effets sont à bord, en attendant la visite des douanicrs.... Visite aux prêtres, qui sont fort aimables. Il y en a treize, dont six réguliers, et sept séculiers. Soixante mille catholiques dans Liverpool, qui compte cent soixante cinq mille âmes. Messe bien chantée, offices dévots.-

“27 juin.—Examen des écoles. On suit généralement dans celles s'ü sont élémentaires, le système de Bell. Départ pour Manchester par le chemin à lisses (trente-deux milles en quatre-vingt-dix minutes), une partie en {onnelle sous Liverpool même...

“28 juin.—Visite aux prêtres, et à une école de frères de la Doctrine Chrétienne irlandaise. C’est adinirable. 220 enfants, enseignés par deux frères. Système de Lancaster modifié... Si monseigneur (de Québec) veut y pourvoir, il aura une colonie de Frères au Canada. J’achèterai un #xemplaire de leurs livres.... Autres visites d’écoles, d’imprimeries, ete. Demain, nous irons à Birmingham...

“29 juin.—Messe à 54 heures du matin! Départ à midi pour Birmingham. Qelle suite de manufactures dans ce Manchester que nous laissons! Nous en avons visité quelques-unes: ee sont surtout des fil:tures de coton. Et sortant de là, quelle suite de campagnes riches, fertiles, admirablement cultivées! Jamais je n’ai rien vu de si beau.

“Déjà nous avons passé Newcastle et ses mines de charbon, Wolverhampton, Bilston, etce., tout couverts de fourneaux et de mines de charbon. D'aussi loin que l'on peut atteindre dans toutes les directions, et bien au delà, ce sont des feux allumés, des machines à vapeur, qui font monter et descendre les boîtes chargées ct vides tour à tour. Le tout, à l’entrée de la nuit, présente l’aspect d’une ville immense incendiée, ou plutôt réduite en cendres, car on ne voit que des cheminées de brique d’une hauteur prodigieuse vomissant feu et flammes.

“30 juin.—Nous voici à Birmingham.... Je pense rester ici une journée, et ensuite gagner l’université d'Oxford, d’où je me rendrai à Londres.

‘2 heures p.m.—Je viens de visiter le plus magnifique établissement de son espèce qu’il y ait au monde: argenterie plaquée, métal britannique, ustensiles de table, boutons, etc., etc., etc. Nous avons parcouru toutes les boutiques particulières, et l'on nous a donné les explications les plus complètes sur chaque espèce d'ouvrage. J’en écriroi probablement l’histoire. Je prendrai probablement sur moi d’acheter des collections de médailles en étain et en bronze, dont les unes trouve

Fête de la Saint-Pierre, alors d'obligation.

a té rmé aa

Ba Date hu 2

Ati stendsobatés ré DEN

Panda À bé singe ota bécane add bi Lee

{aossEL1x] L'INSTRUCTION PUBLIQUE 149

raient place dans notre cabin

ment intéressants... ..

Adieu. Je pars pour Oxford.”

Nous n'avons, malheureusement, rien trouvé, dans la correspondance de M. Holmes, sur sa visite à l'université d'Oxford, rien que la mention de la vicille abbaye, qu'il avait trouvée “ magnifique.”

En arrivant à Londres, où il prit logement, 5. rue King William, il n'eut rien de plus pressé que de demander une audience à lord Glenelg, secrétaire d’Etat pour les colonies, et l'ayant obtenue, il lui remit la lettre:de recommandation qu’il avait reçue du gouverneur du Canada ; puis au bout de quelques jours il lui écrivit pour lui rappeler l'objet principal de sa mission en Europe :

ix extrême-

“ Notre législature provinciale, dans sa dernière session, disait-il, a pourvu à l’établissement de deux écoles normales, une à Québec, l’autre à Montréal, et l'on m'a confié l'organisation de ces écoles. On désire que je leur procure des professeurs, des livres, des appareils scientifiques, et que je m’enquière avec soin"æes meilleures méthodes pratiques de conduire ces institutions.

“Afin de faciliter ma tâche, je demande humblement à Votre Scigneurie de vouloir bien m'obtenir du principal secrétaire d'Etat de S. M. pour les Affaires Etrangères une lettre de recommandation pour le continent.

“ Comme la tâche qui m'est confiée par les comités de nos écoles normales m’oblige à visiter immédiatement Paris, Edimbourg, Dublin, et peut-être quelques-unes des écol»s d'Allemagne, je désirerais obtenir le plus tôt possible cette lettre de rec -1mandation.” *

Le ministre des Affaires Etrangères, lord Palmerston, s’empressa de donner satisfaction sur ce point à M. Holmes, comme on le voit par une lettre subséquente de celui-ci à lord Glenelg :

“Les recommandations, dit-il, que Votre f'eigneurie a bien vouln me procurer pour l’ambassade anglaise de Paris, de la part du principal secrétaire d'Etat de S. M. pour les Affaires Etrangères, m’ont été extrêmement utiles...

“T'ambassadeur de S. M. me donna une lettre d'introduction au

Gr de linstruction publique et celui-ci m’accorda immédiate-

1Le musée numismatique de l’université Laval compte aujourd’hui plus de sept mille monnaies et médailles, renfermées dans vingt-quatre vitrinrs, (Annuaire pour 1907-8, p. 139).

*Lettre de M. Holmes à lord Glenelg, Londres, 5. King William, 16 juillet 1836.

*Le ministre de l'instruction publique en France était alors M. Guizot.

ment l’honneur d’une audience personnelle. 11 donna des ordres pour que l’on me procurât toute facilité de visiter les écoles normales primaires de France, et d'étudier les détails de leur organisation, aussi bien que leur régie extérieure. 11 me donna aussi des lettres pour les directeurs de deux de ces écoles, ceile de Melun et celle de Versailles. En même temps, avis public fut donné dans la Gazette officielle de Paris, que j'étais envoyé par les autorités coloniales du Bas-Canada pour recueillir des informations sur les meilleurs systèmes d'instruction primaire, et pour engager, si possible, des professeurs en qui on pourrait reposer toute confiance pour leur habileté, pour la solidité de leurs principes moraux et religieux, et pour leur loyauté.

“A la faveur de ces avis et de ces lettres, j’ai fait connaissance avec plusieurs chefs d'institutions qui me paraissent bien qualifiés et disposés à accepter les avantages que nos faibles ressources nous permettent de leur offrir. Mais avant de conclure, j'ai pensé qu’il était expédient de visiter l'Ecosse, pays où l'instruction primaire anglaise passe généralement pour être la plus avancée et la mieux conduite, afin que, dans le cas où je ferais quelque arrangement avec .… ou deux instituteurs, notre population anglaise ne soit pas et ne paraisse pas avoir été négligée.

“A mon retour d’Edimbourg et de Glasgow, je prendrai la liberté d'informer Votre Seigneurie du résultat de mon voyage, que je regarde comme lié d’une manière très importante aux intérêts présents et futurs de notye colonie.” :

C’est dans ce voyage en Ecosse, qu’il fit en novembre, et sur lequel, malheureusement, nous n'avons aucun détail, qu'il engagea pour l’école normale de Montréal M. Findlater, un écossais, muni d'excellentes recommandations. Il engagea en France un autre professeur, M. Re- &naud, qui était principal d’une école normale à Montbrison : ?

“Ces messieurs, écrit M. Chauveau, établirent une école normale de garçons à Montréal, tandis que les filles étaient confiées aux religieuses Ursulines de Québec et des Trois-Rivières. L'insurrection (de 1837) ayant éclaté peu après, ces écoles durent être abandonnées. M. Findlater retourna en Ecosse; mais M. Regnaud resta au pays et devint plus tard un des professeurs de l'école normale Jacques-Cartier, charge qu’il occupa depuis la date.de la fondation de cette institution

en 185%, jusqu’à sa mort arrivée en 1872.” #

‘ Lettre de M, Holmes à lord Glenelg, Londres, G Leicester P'ace, Leicester Square, 2 novembre 1836.

? Chef-lieu d'arrondissement, dans le département de la Loire, 8 L'Instruction publique au Canada. Sir

[GossELIN] L'INSTRUCTION PUBLIQUE 181

Chargé par les différents : collèges de Ja province de leur acheter des livres et des instruni@nts pour leurs biblioe ques et leurs cabinets ecientifiques, M. Holmes avait à cœur de leur obtenir les meilleures conditions possibles. Sur ce sujet, il écrivait à lord Glenelg dans sa lettre du 16 juillet que nous venons de citer:

“Les collèges de Québe:, de Nicolet, de Saint-Hyacinthe et de Sainte-Anne m'ont chargé de leur acheter, durant mon voyage, un choix de livres, des appareils de physique et de chimie, des spécimens de gélone et de minéralogie, toutes choses dont ils ont grand besoin, et pour lesquelles notre législature provinciale, ces institutions ellesmêmes et les amis de l'éducation au Canada ont épuisé leurs ressources pécuniaires sous forme de prêts ou de dons généreux. Comme les droits de douane, surtout sur les articles qu'il pourrait être nécessaire d’acheter en dehors du royaume, ainsi que les fortes primes à payer sur les lettres de change de Québec à Londres, réduiraient beaucoup la somme déjà si modique à ma disposition, une pétition a été présentée à Son Excellence le gouverneur général du Canada en avril dernier, pour obtenir la remise des droits provinciaux. On priait en même temps Son Excellence de tâcher d'obtenir des Très Honorables Commissaires du Trésor de S. M. la remise des droits impériaux sur les livres et appareils qui pourraient être achetés à l'étranger. Son Excellence a eu la bonté de répondre qu'Elle transmettrait avec grand plaisir une copie de cette pétition au principal secrétaire d'Etat pour les colonies et le prierait de la recommander à Ja considération favorabie des lords commissaires du trésor de S. M. Quant aux droits provinciaux, Son Excellence ajoutait qu’Elle donnerait les ordres nécessaires pour qu'on en fit remise, aussitôt que la liste des objets importés scrait soumise à sa considération.

“Depuis mon arrivée à Londres, j'ai fait application aux Très Honorables Lords Commissaires du Trésor de S. M. pour la remise des droits impériaux, ci-dessus mentionnés, et le cas a été référé au départenent des douanes, où l’on doit s'assurer si l’on peut légalement acquiescer à la demande en question. Comme il y a beaucoup de précé. dents pour de semblables remises en faveur d'institutions publiques, j'ai confiance que cette faveur nous sera facilement accordée.

“Je suis heureux de dire qu'une faveur d'un caractère beaucoup plus inusité a été accordée à nos écoles et à nos collèges par les nobles lord de la trésorerie: avec beaucoup de bienveillance et de générosité, ils ont fait remise des primes sur toutes les lettres de change tirées sur le trésor de S. M. pour les achats que j'a: mentionnés. Nous ne manquerons pas de signaler cet acte d'extrême libéralité: il prouvera de la

manière la plus frappante aux amis de l'éducation en Canada combien les différents départements du gouvernement de S. M. s’intéressent à la prospérité et à l’avancement de cette province,

“Tout ce que j'ai maintenant à demander à Votre Seigneurie, c’est qu'Elle veuille bien, dans le cas où le département des douanes hésiterait à accorder notre demande, plaider en notre faveur la cause sacrée de l'éducation. Nulle part cette cause ne mérite plus d'encouragement que dans le Bas-Canada.” /

La remise des droits impérianx fut accordée: et M. Holmes, quelque temps après, écrivait avec honheur au supérieur du séminaire de Québec: “....Et cette pétition pour la remise du taux de change? Cette faveur n’a point coutume de s’accorder à personne. Eh bien, les prières de tant de saints prêtres, religieuses, écoliers, et pensionnaires Ursulines ent valu la remise . Les lords de la trésorerie ont donné ordre qu'on me rendît une somme de plus de cent soixante louis sterling de premium, Je viens d'écrire aux comités des écoles normales ? que ce serait ingratitude de la part des intéressés que de laisser ignorer cet acte de libéralité, qui est un don véritable fait à la totalité de nos maisons d'éducation. Cette somme de £160 couvrira, à elle seule, tous les frais du voyage, ceux des écoles normales exceptés. ...

“ La remise des droits impériaux sur les effets de manufacture étrangère a été aussi accordée, après quelques difficultés...

“Æt les boutiques d'instraments? Je les ai parcourues, comme vous pouvez le croire, avec tout le soin qui m’a été possible. ... Je recevrai, pour la plupart des instruments de physique et de chimie, une remise de vingt pour cent (20%) sur les prix de catalogue. Joignez ensemble tous ces rabais de commission, de premium, de droits, et d’escompte pour argent comptant, vous avouerez que nous avons un profit d'au moins cinquante pour cent (50%), outre l'avantage de voir et de choisir, avantage que je reconnais être inestimable, et qui est tellement senti que c’est devenu un usage aux Etats-Unis et en Europe d’envoyer un professeur toutes les fois qu’on a quelque achat considérable à faire Que d'instruments qui ne valent rien, et que j'aurais demandés! Et que d’autres que je ne connaissais point, et qui sont admirables!.. ,” ?

? Ce passage et quelques autres des lettres de M. Holmes prouvent—ce dont il était impossible d’ailleurs de douter—qu’il a écrit plusieurs fois, dans son voyage, aux comités de régie des écoles normales. On le sait d’ailleurs par le registre du comité de régie de Montréal, qui signale à plusieurs reprises les lettres reçues de M. Holmes. Malheureusement, cette correspondance, non plus que son rapport, n’a pu être retrouvée.

* Lettre de M. Holmes au supérieure du séminaire de Québec, Londres, 24 juillet 1336.

mbien t à la

Leur1e, )uanes

cause coura-

quelire de EE n, les naires ordre ng de que ce er cet maius les

icture

pomme ue , une 1gnez d’esprofit et de ment voyer faire n|MEt

», ére

lont il )yage, tre du 1ee de pport,

dé

dsditéubtetadiié dbtee 1 béaviladnanness:

[GossE LIN] L'INSTRUCTION PUBLIQUE 183

Dans sa lettre du 16 juillet à lord Glenelg, M. Holmes lui parlait longuement de deux autres affaires importantes qu'il avait à traiter à la cour de Londres pour le séminaire: la question de certains empiètements qu’on avait faits sur les grèves de la seigneurie du Sault-au- Matelot, appartenant au séminaire;! puis celle des réclamations d’une indemnité pour la confiscation, par les révolutionnaires, de certaines propriétés que le séminaire avait en France. Ces deux questions occupèrent beaucoup M. Holmes durant son voyage en Europe: il adressa mémoires sur mémoires à la cour. Citons le passage de sa lettre à Jord Glenelg qui a rapport à l'indemnité:

“ Le séminaire de Québec, dit-il, a envoyé à Sa Majesté, par l'on tremise de S. E. le gouverneur du Canada et le département colonial. une pétition et un mémoire touchant une Propriété que nous avions en France et qui nous a été confisquéc durant les guerres de la Révolu. tion...

“La justice de notre réclamation est évidente: et les Commissaires nommés en vertu de la convention de 1855 n'ont pu en différer le règlement que parce que l'agent du séminaire de Québec ? n'a pas été capable de produire en temps certains documents demandés.

“Le point principal qu'il fallait prouver et sur lequel les Commissaires demandaient plus de lumière, c'était que notre propriété nous avait été confisquée à cause de notre qualité de sujets anglais. Ce fait, notre mémoire et de nombreuses preuves que je ferai valoir, quand j'y særai invité, le démontrent amplement,

“Une circonstance que le conseil de $. M. voudra bien, je l'espère, se rappeler, c’est que notre propriété en France a été confisquée et vendue par les révolutionnaires au moment même où le séminaire de Québec faisait tous ses efforts, et avec succès, pour entretenir au Canada des sentiments de loyauté envers le gouvernement de S. M. et pour refouler le torrent révolutionnaire qui, en 1792, avait envahi notre province comme la France Notre propriété a été confisquée quelques années seulement après cette autre période où professeurs et élèves du séminaire de Québec prirent les armes contre les Américains et les

1Voir Henri de Bernières, p. 56.

* L'abbé Thavenet, du séminaire de Saint-Sulpice».

*Allusion au mouvement anvexioniste que l’on essaya de créer au Canada, À cette époque, et qui était encouragé par des émis .ires francais. L'évêque de Québec et le séminaire aidèrent efficacement lord Dorchester à enrayer ce mou-

vement.

Français pour la défense de la colonie! Il n’y aurait pent-être pas d’exagération à dire que la conservation de Québec à l’Angleterre, au siège de 1775, fut due principalement aux efforts physiques et moraux du séminaire de Québec. Je ne mentionne ce fait que comme une preuve additionnelle que les directeurs du séminaire de Québec étaient bien connus des révolutionnaires français pour être, de nom et de cœur, sujets anglais.

“J’ajouterai seulement que cet esprit d’affection et de loyal attachement au gouvernement de S. M. a toujours caractérisé le séminaire de Québec, la première, la plus fréquentée, et de beaucoup la plus influente de nos institutions littéraires,” et que, dans la situation si précaire et si dangereuse où se trouve présentement notre province,t aucune mesure de la part du gouvernement de S. M. ne serait plus propre à exciter dans cette institution et dans la colonie en général un grand dévouement et une ferme détermination de rester toujours attaché à la Grande-Bretagne comme à notre mère patrie, que celle par laquelle on accorderait au séminaire de Québec sa part des indemnités payées par la France pour la saisie injuste et la confiscation des propriétés appartenant aux sujets anglais... .”

Comme nous l’avons dit, M. Holmes se donna un mal immense pour recueulir tous les documents en faveur de la réclamation du séminaire, Il n’épargna ni peines ni fatigues. Ecrivant un jour de

‘11 y avait dans la milice de Québec une compagnie dite ‘ Compagnie des Ecoliers du Séminaire de Québec.” Cette compagnie eut l'honneur de posséder quelque temps dans ses rangs MM. Papineau, père, et Lamothe, de Montréal. Or sait que ces deux messieurs, affrontant le risque de tomber entre les mains des Bostonnais, descendirent, au printemps de 1776, de Montréal à Québec, porteurs d’un message très important du gouverneur Howe, de New-York, pour le gouverneur du Canada. ‘ Comme il n'était pas nécessaire, écrit Jacques Viger, que nos deux messagers revinssent de suite à Montréal, et que leur acte de dévouement n'avait point épuisé leur ardeur à servir leur pays, ils prirent tous deux du service dans la ‘ Compagnie des Ecoliers du Séminaire de Québec,” que commandait le capitaine Marcoux, jusqu’au mois de mai suivant.” (l/a Sa- Lerdache, M., Petits Manuscrits, No. 38, vol. I.).

2 Voir une lettre de Mgr Briand citée dans la Revue Canadienne, t. VIII, p. 446.

# De son côté, M. Roux, supérieur du séminaire de Montréal, dans une lettre au secrétaire du duc de Richmond, gouverneur du Canada, en date du 14 juillet 1813, appréciant le collège de Montréal, tenu par les Sulpiciens, disait: “ Un collège nombreux, regardé comme le premier établis ement en ce genre dans le pays, et peut-êtr. dans toute l'Amérique Septentrio.ale....” (Christie, History of Canada, t. VI, p. 381). Tant il est vrai que chacun regarde avant tout son clocher, et le trouve plus haut et plus beau que les autres!

“ Allusion aux mécontentements politiques qui devaient aboutir aux troubles de 1837.

e pas e, au oraux » une taient cœur,

attainaire 18 in- | pré- * auropre yrand à la le on 8 par

ppar-

nense lu séur de

ie des sséder ntréal.

our le Viger, de dét tous 1ébec,” Ia Sa-

Page 1