LE FLOT SCIT SON COURS
autre ne me reçoive ; que je parcours sans état^ misérable , et en tendant la main , ce trajet qui me sépare encore du tombeau; qu'après une mort infâme, Dieu me maudisse, j'y consens 5 tout est juste , j'accepte tout ; mais toi ! toi , Marie-Kose! pardonne! oh! pardonne-moi!
Je viens de tirer de mon sein les boutons d'oranger qui ont reposé à Notre-Dame, sur Fautel de la Vierge et sur la tête de Marie-Rose, j'ai long-temps pleuré à genoux devant eux, et je suis soulagé.
2Ti:i
<£>n meurt î»cu-t fuie.
O mon âme! pourquoi Jonc êles-vous triste, et pourqnoi me irouM-^z-vous?
PaP.OLHS de Lk MKSSK.
C*EST la dernière fois que je décris , Julien car je n'aurai jamais plus rien a le dire, car ina vie est finie. Je ne sais mcuie pourquoi ce matin je rouvre les yeux, puisque je ne dois plus revoir Maric-Bose,
278 OK MKgKT DEUX FOIS.
Après ia nuit du treize juillet, je passai les premières heures de la matinée chez moi, je t'écrivis quelques lignes, puis je conmiençai à réfléchir à ma situation. Tout sentiment de vertu , m ordonnait de m'éloigner de Marie- Rose, mais je sentis qu^elle souffrait , qu'elle m'attendait tremblante, et je sortis.*
' J'eus peine à arriver à la chambre de mademoiselle de Bellefond; mes jambes ne pouvaient me soutenir, tout mon sang avait quitté mes membres affaiblis , et , retiré vers mon cœur, le faisait battre à coups pressés.
Comme j'entrais , elle était assise dans le fond de la pièce à peine éclairée. Elle était pâle, elle ordinairement si colorée, et ses cheveux débouclés , s'étendaient en tristes bandeaux. Elle avait pris dix années dans cette nuit. A ma vue, soudain couverte de rougeur, elle jeta son visage contre le coussin du canapé et se mit en fondre en larmes. Mais après le mouvement delà judeur, vint ceki de l'amour , ayant ainsi dérobé a mes regards, son
0« MEURT DEIX FOIS. 279
front hinnilié , elle me tendit la main. Je me précipitai îi genoux deyant elle, et je pressai cette main sur mon front, xSttr mes yeux, sur ma poitrine haletante. — A sa vue, à l'amour qui s*exhalait de toute sa personne silencieuse, le bien délicieux pour lequel j'avais commis tant de fautes, en se montrant dans tous ses charmes, sembla m'absoudre de l'avoir acquit à tout prix ; et puis je crus que j'avais assez souffert pour expier ces crimes , que j'étais purifié par l'excès de la passion et du malheur... Soudain l'air qui' me manquait depuis si long-temps entra à plein bords dans ma poitrine ; je crus que je pouvais enfin oublier, aimer, être heureux. Tout ce qui sïtait amassé dans mon sein de tendresse contenues, ;fnt jeté avec une ardente impétuosité , et sans doute avec l'éloquence des paroles vraies, car lorsque j'appelai Marie-Rose, elle releva sa îèle du coussin, elle me regarda, et je sentis qu'elle était consolée... quelle femme aimante pourrait continuer à se repentir eu vovant le bon-
280 ON MEIRT DKLX FOIS.
heur qu'elle a fait? Je me levai de ses genoux, en lui tendant les bras. Mais alors mes forces, minées depuis si longtemps, par tant de coups, ne purent soutenir cette sensation nouvelle ; mon être n'était pas fait aux émotions de bonheur, je tombai sur le canapé, ébloui , n'y voyant plus, et comme frappé de vertige.
Je revins à la lumière, aux paroles deMarie-Rose qui me pressait sur son cœur.
- — Et moi aussi, disait-elle, je t'aime. Pourquoi voulais-tu mourir? pourquoi t'es^tu si longtemps, en silence abreuvé de douleurs ? Hélas ! je sais que tu m'as toujours caché un secret douloureux qui dévorait ton âme. J'ai épié tes angoisses ; j'ai vu cent fois le chagrin peser sur tes sourcils, pâlir ton front, et flétrir tout l'épanouissement de ta jeunesse, qui chaque jour devenait plus languissante...
Je lui montrai par mille baisers que mon malheur était fini.
— 0 toi, dit-elle , mon Dieu, mon unique objet d'adoration , si tu avais pu voir dans
ON MLIKI l)i:r\ F»')T.S. 2S1
mon cœur, si tu avais su coiiibicii je l'aimais, tu n'auiais jamais craint (jue nul aveu put nous séparer...
Elle avait appuyé ma tête sur sa poitrine, et (lisait , en eflleurant mon front de ses lèvres.
— Qu'importe ce qu'il y a eu en arrière dant ta vie, qu'importe qu'un mystère coupa- Lie préside à ta naissance, que l'opprobre ait été à ton berceau, qu'une lâche que j'ignore ait marqué ton nom , qu'importe c'est toi que j'aime, c'est ton front que je touche, tes yeux où je m'enivre, ton haleine que je bois, ta main que je presse de mes lèvres, ta poitrine,
que je veux sentir battre sur la mienne
qu'imparte tout le reste Je te le jure, ami,
il n'y a pas une douleur que l'amour ne puisse
calmer Reste, o reste sur mon cœur, c'est
ta place, je défie le malheur de l'atteindre là !
Julien conçois-tu ce moment! Oh rien ne pourrait le rendre...
Je ne sais si j'aurai la force de conlinuer cequ'il me reste à dire.
282 ON MlUllT DEUX FOIS.
Le bonheur, le bonheur entier et réel se montrait à moi pour la première fois, et, tandis que j*entendai ces délicieuses paroles : reste, ô reste sur mon cœi^r, je défie le malheur de l'atteindre là, tout à coup un son terrible vint battre dans ma poitrine. . . le son d'une cloche. . . c'était rheure de remplir le devoir de chaque jours; c'était la messe qui m'appelait. Éperdu, glacé , frémissant de haine, d'effroi, entraîné par une invincible fatalité, je m'arrachai des bras de Marie-Rose.... En sortant, je lui jetai un dernier regard... Elle restait immobile , frappée de stupeur, sur ce canapé où nous avions été tous deux. Elle voyait cet homme, qui lui avait juré tant d'amour, au moment où elle venait de lui répondre : et moi aussi, je t'aime, se lever pâlissant de ses bras, et s'éloigner comme un fantôme irrité.
Un seul instant de bonheur ! un seul ! pour toute une vie de désespoir ! et je n'ai pu le goûter ! — Oh non! Dieu ne nous regarde pas!
J'allai à l'église, et je rempli les cérémonies
o> Miaur DRTx lois. 285
(lu culte avec une uiachiuaie insensibilité. La
messe finissait Comme je me retournai
vers Fassistance pour la dernière fois , une femme, à genoux devant la grille , leva les yeux, jeta un cri, el s'évanouit.
Julien, je suis resté à cet autel , j'ai laissé sa tête frapper sur ce pavé de marbre, et le tâcher de sang, au lieu de voler et de la soutenir dans mes bras... Oh! c'est avoir assez fait pour le monde et pour ce qu'on appelle mes devoirs; ce moment acquitte tout ce que je leur devais de sacrifices ; c'en est fait, je puis les maudire sans remords.
Maintenant, elle sait tout, je ne la roverrai jamais.
Ici, se terminent les confidences du jeune Olivier , et ses [)laintes contre son sort : comme s'il sentait qu'il doit cesser ses murmures , parce qu'il n'a plus long-temps maintenant à rester dans l'église et sur la terre.
r^rlbbc lliftiuifii.
Oli non ! ne rcjcttci poinr, vous qui rnanjjn k' puin de chaque jour a l.i .sutur df votre froiil, viMis ({iii |>orlrz eu Toirc arno If poids d'iiiif afUioduu sroreie , n»- re|n>ii)isfA poml , avant de lejiiger, le miui>irc du Uku Je» f»au- >r«!. ei dfs .iHliges.
M : RoSLLI.Y D». LORGI ES.
Qc'iL était beau , Tabbo Victorien, dans cette chaire de le^dise Saint-Gerinain-des-Prësî ses cheveux hiisans , empreints au fond de leurs
28G l'abbé victorien.
ondes (Je îa teinte la plus noire, frappés sur le point élevé cFune vive lumière, tombaient jusque sur l'étroit collet noir où ils étaient coupés carrément; son front large avait la plus belle , la plus pure de ces formes sphériques que Dieu, dans Tunivers, a donné à ses mondes et au front de Thomme , qui est aussi un monde. Son teint brun, prêtait plus de majesté à ses traits, comme s'il les eût voilés de tristesse; ses grands yeux bleus bordés de cils noirs, son nez, sa bouche admirablement modelés , avaient tous les charmes de la beauté humaine, mais on eût dit, au rayon qui les éclairait , que cette fois Tesprit divin avait pris en amour cette beauté mortelle, et se plaisait à se fondre aveccile. Tantôt le prédicateur étendait sa grande et belle main sur le front de la foule inclinée , tantôt il relevait vers le ciel, mais, lorsqu'il Tabandonnait à elle-même, elle revenait s'appuyer sur son cœur; comme nous touchons naturellement la partie de notre corps qui nous fait souffrir , cette main se
i/xv.nù vicioniKN. 287
portait à son cœur j)ai[)ilant et épuisé des lloîs d'amour et d'éloquence qui s'en é[)ancbaient. Sa parole retentissante sous les arceaux de l'église séculaire la réjouissait dans ses entrailles fidèles. La vieille nef crevait retrouve!* la chaleureuse piété des Childeberts dont les cendres dorment dans ses caveaux; l'onction de cette parole balsamique guérissait lesblessures qui déchirèrent ses flancs sous l'épéedes Normands et le fouet des révolutionnaires. Les oi)jets du culte les plus fragiles semblaient éprouver la vertu de ce langage : on eut dit que la longue et svelte croix d'or, jetait une splendeur nouvelle; le cierge faisait scintiller plus vivement sa flamme blanche, étoile du sanctuaire; la (leur de Taulel se relevait sur sa tige reconnaissant la voix du Dieu qui rehausse les plus faibles êtres, et les met au-dessus des forts; cette voix allait au cœur de toute chose, y ranimer la vie. Les assistans eux-mêmes, cédant à cette puissance qui s'emparait d'eux, tressaillaient sous ces accens , qui allaient
288 l'abbé victorien.
émouvoir les pierres; leurs esprits revenaient de tous les pointsou ils avait été tentés de s'égarer; ils écoutaient immobiles et enchaînés, au pied de la chaire; ils regardaient le prêtre avec le premier regard que jeta Lazare ressuscité en rouvrant les yeux.
En effet, c'était un grand orateur qui parlait dans le temple : ses argumens étaient des éclairs jetés dans les ténèbres du doute, et la forme dont il se servait, celte parole si belle, si suave, venue des hautes régions de la science théologique et d'une intuition mystérieuse , empruntait les formes les plus modestes du langage des hommes pour arriver à eux : noble reine, elle prenait le voile de sœur de charité , pour pénétrer dans l'hospice où sont les pauvres et les soulTrans.
Le soir de ce jour, après une longue course dans les champs les plus solitaires qu'on puisse trouver dans les environs de Paris , l'abbé Victorien montait, pour rentrer chez lui, la longue allée de l'Observatoire, son livre
i/abbé victoiukn. 2S0
fermé cnlrc ses doilgs. il iiUerroin[)iL sa iii/v ditation, pour regarder les étoiles dont la lueur
dorait légèrement sa roule
— Cette soirée est belle sans doute, dit-il, une des plus belles qui puisse resplendir dans nos climats; mais qu'importe une atmosphère sombre ou lumineuse, qu'importe à mon ame, les soleils des cieux, les verres luisans du galon, ou le phosphore des tombeaux, toute lumière , toute sérénité lui vient de l'astre d*un autre monde...
Victorien rentra dans sa demeure isolée, espèce de tourelle modernt, élevé sur une maison élevée, dominant les alentours déserts du Val-de-Grace, et, de sa petite lampe allumée à toute heure de la nuit , servant de fanal à l'habitant de ces quartiers attardé dans son chemin. Il monta par une longue suite de degrés, s'assit sur une chaise de paille, devant une table de sapin noir , dans une chambre qui n'avait pour luxe et parure que le vaste rideau de ciel bleu magnifiauement étoile qui se
290 L AB6É VICTOUÏEN.
déroulait le long de la croisée. Il pensait avec les premiers disciples, que la richesse convient peu au chrétien, que celui qui sest attaché à peindre la terre comme une tente dressée pour un jour, n'a pu conseiller à l'homme de consacrer ses facultés à parer et enrichir cette tente ; Que cette religion qui, en arrivant, fait sa première demeure dans les Catacombes , quitte la pourpre de l'empire romain pour le sable de la Thébaïde ; ne reçoit de la pompe du vieux monde que la pompe des supplices , combat pour une terre qui ne porte que des souvenirs , et ne veut conquérir qu'un tombeau, ne peut devenir, après quelques siècles, la patrone des affaires d'argent, des remuemens de terrain, des misères opulentes.
Officier de marine h vingt-cinq ans , Victorien aimait la mer , cette mer qui embrasse la plus grande partie du globe, et reste toujours elle, quand tout change sur ses bords. Puis il avait pensé que la religion est l'océan du
L*AbIiÉ VICTORIKN. 29 1
luoiide moral. Elle ;iussi envahissant la plus grande [)artie de ce monde; elle aussi restant toujours, Elle, quand tout change sur son rivage; seulement, comme l'Océan visible, variée dans ses aspects et dans ses bruits, tantôt soulevant des Ilots troubles et méchans, tantôt déroulant une nappe limpide rélléchissant plus ou moins, le ciel , selon que le vent Ta bat et Tagilc, mais au fond toujours Elle, toujours immuable et éternelle; et il avait été entraîné, en fixant ses regards sur l'étoile polaire de tous les cieux, à porter son pavillon sur cet autre océan.
Comme il méditait h son bord les croyances religieuse des terres qui passaient devant son navire, depuis les Indes, qui fuyaient derrière lui, jusqu'à l'Euorpe qui attendait son retour; il était saisi d'admiration devant la perfection morale du christianisme, et jugeait que , loin d'avoir accompli sa mission, il était destiné à reprendre le gouvernement des peuples , dès que ses inlorj»rètes, les hommes destinés à faire de âos
292 l'abbé victorien.
données spirituelles une iniluence active, une
puissance appliquée, prendraient Tintelligence
de leur mission et auraient la force de raccom-
plir.
Venger le christianisme oublié des hommes, en leur rendant le bonheur par lui :
Cette idée Texaltait tellement, qu'à son gré, il fallait mieux mourir à cette tâche que de triompher ailleurs.
Maintenant il a reçu les ordres ecclésiastiques, et exerce depuis six mois les devoirs de la prêtrise, dans l'ombre et dans le silence; car il ne regarde sa position actuelle que comme un noviciat , où il travaille à s'approcher de Fidéal du prêtre, qui est apparu devant ses yeux.
Il divise ses études, en deux parties.
La nuit, à la lueur des étoiles, il médite le passé, il évoque les grandes ombres des pères du christianisme ; dans ce commerce solennel, il aspire Tesprit de sainteté qui les animait. Suivant pas à pas l'histoire qui se déroule de-
puis les premiers siècles, il y cherche les soa^ ches vigoureuses de la doclrine, afin de comprendre par les racines enfoncœs dans la terre la nature des branches qui doivent en sortir dans la saison nouvelle. Le jour, à la clarté du présent, au bruit de l'action , il examine le monde vivant, le temps et les événemens, les hommes et les œuvres; il lit les feuilles imprimées du matin ; il suit sur les places publiques le mouvement des choses; il écoute les discussions des diverses tribunes; mais il assiste h tout cda sans se mêler aijx hommes, sans perdre sa solitude et sortir de son poste retranché. En rentrant dans sa cellule , Victorien prît comme à l'ordinaire les saintes écritures; ce soir-là, ce fut les épîtres de saint Paul. Mais tandis que ses yeux restaient attachées sur lespagesdu subhme converti, sa main, qui tenait un crayon, et reposait sur un feuillet blanc, y laissa tomber quelques pensées, qui traversaient son esprit.
> Que le pn^'lre du dix-neuviènte siècle a<^-
294 x'àBBÊ VICTORIEN.
cepte l'isolement , le dédain , l'indifférence des hommes.
D Sa vie est un long monologue d'amour.
y> îl travaille ^ans dans un champ qui ne rapportera de fruits que pour les autres; il bénit chacun, il prie pour tous, et nul ne viendra prier sur sa tombe.
jf> Il voit les hommes , lorsqu'il passe près d'eux, s'éloigner avec dégoût, éviter le frôlement de sa soutane; le petit enfant du peuple se sauver du vilain jésuite, qui a apporté le choléra dans sa robe pour faire mourir son granc'-père; l'homme du monde le regarder avec mépris, en disant que tous ces prêtres sont des paysans qui viennent endosser la robe noire pour manger leur soupe sans rien faire.
j) Ce qu'il faut aimer et servir , ce sont les hommes qui vous traitent ainsi.
D Le prêtre verra Télé ramener les moissons et les vendanges, il verra les lleuves porter leurs fardeaux de richesses voyageuses, il
i/abdé victoiue.v. 295
verra le chemin de l'é^^ise semé de boutons d'orangers , la fumée qui s'élève du foyer domestique, il entendra les chants qui terminent la paisible journée , et il passera sans murmurer, sans se plaindre de son sort.
» Dès qu'une butte de terre s'est élevée en autel , un chevreau a été sacrifié sur le gazon ; celle idée de sacrilice subsiste même au ciel; Dieu a envoyé son fds sur la terre pour souffrir : le prêtre doit continuer le Christ. Au temps de luttes sanglantes , de dénuement physique , il fallait un sacrifice de chair et de sang; aujourd'hui, au temps de souffrances morales, il faut rimmolation du bonheur, le sacrilice intérieur et secret.
> Tout est bien , la douleur est le pain qui donne la vie éternelle... >
La main de Victorien laissa tomber le crayon; il rejeta en arrière les ondes de ses cheveux noirs qui avaient coulés sur son front incliné, et il alla vers sa croisée ouverte, rafraîchir sa tête dans le calme de la nuit.
296 l'abbé VlCTOllIEN.
il attacha un instant ses regards sur la voiVte céleste.
— Etoiles harmonieuses qui passez sur nos têtes, (lit-il, nos pères pensaient que vous étiez fixées au ciel pour présider à leur naissance, et écrire leurs destinées dans vos lignes de feu ; les astronomes vous regardent comme lobjet de leur science , et vos tourbillons tour* tient dans l'espace pour leur faire décerner leur brevet d'académicien; les amans voient en vous le miroir où leurs yeux se rencontrent; moi , humble , je ne vous contemple que pour m'abîmer dans ma petitesse , devant l'œuvre de Dieu...*.
Soudain , au milieu du silence , le jeune prêtre entendit bien distinctement passer dans l'air ce mot : Vabbé Victorien, — C'était un accent triste et doux que son cœur reconnaissait , sans que sa mémoire put le discerner ; cet accent avait résonné dans l'atmosphère du jeune âge; c'était comme un rayon de ce temps enseveli, qui glissait dans l'espace. Il éprouva une
l'abbé riCTOiiiEN. 297
émotion uiùlëc de troubles et de douceurs ; c«tte voix était pleine de charmes , mais elle le rappelait à la terre dans le moment où il voulait la quitter , et changeait la direction qu'il était venu à bout d'imprimer à son âme.
On frappa dans l'instant à la porte de sa chambre, et un honmie entra.
timJLm^
Tj^omme et U ÎJrètrr.
Je gouîiaite que TOtre âme trouve le honh«ur quelle cherche avec anxiété, et quelquefois avec un amer et lunèbre dégoût.... mais, quel que soit l'ordre de nos idées, à tous, le repos n'est guère de cette vie, et la consolation est impossible' sans croyances.
Amkdée Duq l'es>el (Lettre).
La lampe, vacillante sous le vent de la porte entr*ouverte , éclairait mal la figure de celui^ qui s*avan(,ait : on ne distinguait que la forme
300 l'homme et le pkétre.
que l'ombre iacertaine d'un pâle et beau jeune homme. Cet inconnu s'inclina d'abord respectueusement ; mais , en relevant la tête, il jeta un cri , dans lequel se trouvait le nom de Julien , et se précipita dans les bras de l'abbé Victorien. Ce ne fut qu'en le retrouvant ainsi pressé sur son cœur, que celui-ci recon^ nut son ami d'enfance , qu'il put nommer son cher Olivier.
Le jeune homme, pour mieux voir Victorien, se détacha de son cou , et , le contemplant avec une surprise ineffable , dit d'une voix tremblante d'émotion :
— Julien mon ami ou l'abbé Victorien?... qui vois-je ici?... tous deux peut-être... tous deux réunis... Oh! c'est un rêve de mon cœur , qui confond ainsi en un seul être, les deux hommes que je pouvais appeler à mon secours ? '
En disant cela, il hésitait à embrasser de nouveau son ami, craignant de trop s'enhardir avec le prêtre.
I/UOMME ET LE PRKIRE. 501
Mais Viclorien (it bien vile cesser son trouble.
— Oui , Olivier, dit-il , ton ami Julien, l'officier de marine , est devenu le prêtre Victorien, et tous deux sont près de toi maintenant pour t'aimer et le bénir.
— Tu étais là , à côté de ma demeure , dit en soupirant Olivier , et je l'ignorais.
— Mon ami! mon frère!} hier encore je ne «avais pas non plus quel lieu tu habitais.
— Je l'ai adressé à Marseille un récit... Il se reprit en frémissant : ou plutôt une confession de ma triste vie.
— Ces papiers m'ont été renvoyés de la ville, 011^ tu pensais qu'ils attendraient mon re^ tour , et je les ai reçus ce matin- même. J'ai répondu par une larme à chacune de tes douleurs, et je pensais au moyen de découvrir^ta demeure , et d'aller^ le trouver sans que ma vue t'apportât une émotion dangereuse.
— Et moi, crovant mon ami sur la roule'des lndos,n'altendantmêmepasde lui une'réponso
502 l'homme et le pkêtre.
ponsé que j'eusse le temps de recevoir encore, j'ai pris la résolution de venir trouver cet abbé Victorien, dont la voix publique m'avait fait connaître la sagesse, la piété, les lumières supérieures. Abandonné de tous, et surtout de moi-même, je cherchai cette haute vertu , comme un malade , aux veines glacées , cherche un climat de soleil et de lumière... pour y mourir plus doucement.
— Malheureux ami! puisse-t-il encore te sauver.
— Ne parlons pas de ma vie : elle fut courte et sombre. Mais toi qui étais, lorsque je t'ai quitté, mon bon ami Julien , mon camarade de collège , lieutenant dans la marine royale , comment te retrouvé-je sous la robe ecclésiastique, debout entre le bréviaire et le crucifix, et revêtu dans l'église d'une réputation d'éloquence sacrée.
— Il s'est trouvé qu'au moment où l'homme prend l'âge philosophique, si on peut faire comprendre par cette expression, le temps où
l'uOMME ET LE PrAtAK. .lO.!
il est saisi du désir de connaître et de bien faire, où sa vertu est comme une belle âme en peine, qui ne sait où s'arrêter, une voix a résonné à mon oreille, qui me disait : A'e cherche pas en toi, ni autour de toi, ce qui ncst ni en toi, ni autour de toi. J'ai renoncé aux philosophies Immaines , j'ai étudié le christianisme, j'ai cru en lui , et , loyalement, j'ai dû inscrire ma foi sur ma poitrine : j'ai pris l'habit de prêlre.
— Insensé! dans un moment, où le clergé esl tombé si bas.
— C'est pour cela surtout que j'ai voulu y prendre place. Crois-tu donc, ami, que ce soit lorsqu'une légion triomphe, qu'il faille s« réunir à elle, et l'abondonner quand elle se replie sur elle-même. Non, qu'il meure ou qu'il fuie , c'est au vaincu qu'il faut porter le secours de son bras.
— Mai» tes parens, ton nom, ta fortune.
— Mes parens n'étaientplus. J'ai quitté mon nom, avec toutes les dépouilles de l'homme usé que je laissai tomber, un nom nouveau et
oOi L*HOMME ET LE PRÊTRE.
chrétien m'a conveiiu pour cette vie nouvelle. Pour aia médiocre fortune, je m'en suis séparé, voulant vivre de mon traitement comme le plusjpauvre prêtre : elle, je l'ai placée chez uu banquier; elle en sort peu à peu, pour aller au secours des malheureux que l'argent peut sauver. Je l'ai laissée sur la terre que j'ai quittée ; c'est une épitaphe dorée qui parle encore de moi dans ce monde où je suis mort.
— Et depuis long-temps sans doute la transformation est accomplie, puisque tu as déjà obtenu dans ta nouvelle carrière...
— ^ Il y a un an, à pareil jour, je commandais encore sur l'équipage du Dauphin, dans la mer du Sud.
— Tu possédais encore toute la liberté! dit Olivier dont le regard s'alluma.
— Oui, mais avec la résolution de la sacrifier bientôt.
— Cependant , ami , tu avais vingt - ciuc] ans, tu connaissais tout le prix de celte liberté : c'était trop tard, pour la perdre sans
l'homme ¥.1 LE PKÊTUE. 505
crainlc; troj) lot , pour la perdre sans regret.
— Et cependant, la détermination définitive on fut prise en une minute.
Olivier sourit légèrement.
— Quel miracle, dit-il, a donc amend un vœu au moins hardi? As-tu, un matin, trouvé sous ta main , comme autrefois le chef des croisés entré a Jérusalem, un rosaire a la place où tu avais mis ton épée ? as-tu été jeté par ton brick dans la grotte de «aint Jérôme, et Tombre du père de Téglise est-elle venue te consacrer?,.
— Il n'y avait pas de conversion surnaturelle a opérer, interrompit Victorien. J'étais las depuis long-temps de vivre en dehors; le bruit, le mouvement me fatiguaient; j'avais besoin de me retirer dans le monde intérieur, de ne plus exister que par la pensée, de m*abandonner tout entier à ces méditations religieuses qui venaient sans cesse , malgré moi , envahir et posséder mon âme. Depuis long-tcnips aussi je pensais, en exécutant mes manœuvres d'automate sur les bâti mens où le service me pla-
506 l'homme et le phêtre.
çait, en visitant, par les ordres de nos gouvernans , l'état des forts maritimes , en frappant du pied sur leurs bastions pour connaître s'ils étaient encore bien solides , que le péril n'était pas là , que c'était dans le monde moral où les voiles s'égaraient , où les forts tombaient en ruine; et, chercher a y porter secours, me semblait seul digne d'un homme de courage. Seulement je n'avais pas fixé le moment où j'entrerais dans la voie de réalisation. Ce fut une circonstance fortuite qui en décida.
— Elle se montra donc bien impérieuse?
— Un soir , comme j'étais revenu depuis peu de temps de la mer du Sud , je me promenais seul dans une frêle embarcation , en vue du port de Saint-Tropez. Je laissai reposer ma tête dans ma main, glisser ma petite voile où le vent la promenait , comme , dans le moment de la rêverie, on met à son cheval les brides sur le cou. Bientôt la barque alla toucher à un point assez désert de la rive. Comme je ne voulais pas aborder, je donnai quelques coups de rame,
l/nOMMR ET l.V. PaÛTKE. 307
mais en vain, la nef, dès que je lavais éloignée et la laissai livrée à son cours, revenait d'elle-même vers ce bord préféré. La côte en était rapide , maig le pied d'un homme pouvait la frayer. Décidé par celte espèce d'injonction muette, je gravis la marge de la rive , et je me trouvai dans un endroit inculte et délicieux. D'un côté, une vaste colline, couverte d'arbres en fleurs, semblait offrir une coupe de fraîches émanations au jour brûlant qui passait dans les airs. De l'autre, une plaine chargée d'épis se déroulait jusqu'à la mer, montrait avec fierté ses richesses aux navires que couvraient celles de deux mondes. Mais dans l'étroit espace où je me trouvais, nul moisson n'avait attiréla présence du cultivateur, et cette partie de terre , resserrée entre deux rochers, semblait vierge du pied des hommes. Sur un tapis du plusbeau vert , des roseaux d'une grande hauteur s'élevaient par groupes si pressés , qu'on ne voyait pas a deux pas devant soi, seulement on glissait entre ces masses de verdure luisante, sous les
30^ LHOStME ET LE PRETRE.
ombrages de magnifiques citronniers ; par moment, se répondait la douce senteur des arbustes; par moment, la brise de la mer l'éloignait, afin qu'elle nous revint , un instant après , plus précieuse et plus suave encore. — Là, je rencontrai une croix de bois renversée. Elle avait été haute et belle , mais maintenant elle gisait sur la terre; et la mousse et le lière, voyant sa vétusté, montaient sur elle sans crainte, rampaient sur ce vieux tronc de l'arbre sacré, comme le lézard sur un corps inanimé. Ayant fait quelques pas de plus en suivant le dédale de verdure et en écartant quelques rameaux, je me trouvai en face de deux cadavres. Un homme couché à la renverse , tenait embrassée une jeune femme étendue à cùté de lui, et qui, le visage pressé contre sa poilrinc, semblait lavoir embrassé en mourant. Un pistolet était à côté d'eux tombé sur rherbe. Tous deux blessés au cœur, et depuis quelques heures seulement, avaient conservé leur jeunesse, leur beauté, et cet air de quiétude que laisse
L'hOMAIE et le PRllfKE. 509
le coup (le feu sur les traits de celui dont il tranche si vile l'existence.
Oh 1 qu'il fut imposant pour moi , ce tableau funèbre, a[)paraissant si subitement au milieu de cette terre enchantée !
Ces deux élves seuls dans la mort, ces deux étrangers dont je venais à connaître le plus profond secret. Ils étaient là , et pas un brin d'herbe d'alentour n'avait un vestige de leur passé ; pas un sentier des environs ne me montrait la trace de leur arrivée. J'interrogeais le silence, la solitude. . . rien ! . . . dénouement détaché de sa funeste histoire , désespoir visible dont la cause était voilée, mystère effrayant répandant plus de terreur que le plus horrible récit, car tous les malheurs, tous les crimes pouvaient être derrière ce bosquet! Ils étaient morts; mais pourquoi avaient-ils voulu mourir? Celte terre! quel bien refuse-t-elle a ses enfans? revêtue d'un lustre antique, rehaussée encore de son ancienne rivalité avec Athènes,
son sol est charge de trésors, les floîs qui la
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baignent, lui apportent ceux des autres continens... L'air est si pur!... les fleurs du citronnier se répandent en légers nuages sur ces deux
corps Oh! toute la nature est riche, mais
on y meurt de désespoir... ce qu'il manque à celte terre, cette croix renversée me le dit. Je fus inondé d'une immense persuasion auprès de ce symbole en ruines , et de ces jeunes seins brisés par le suicide; ce jeune homme, sa douce compagne me semblait représenter toute l'humanité, tombant auprès de ses croyances détruites. Je me mis a genoux devant eux pour les contempler , car le malheur impose le respect ; je levais les yeux vers la région céleste; je croisai les mains sur ma poitrine comme pour y retenir à jamais l'ardente ferveur qui bouillonnait en elle, et je jurai de me faire prêtre.
— Maintenant, sans doute, tu es heureux dans une carrière embrassée avec tant d'amour, dit Olivier après avoir écouté avec recueillement cette histoire; avec autant de
l'homme et le PUÛIRE. 511
promptitude que lu en as mis à consommer ton sacrifice , le succès est venu le couronner, depuis si peu de temps, arrivé à la chaire évangélique, tu as déjà acquis par elle une haute renommée.
— Ce que lu appelle ainsi, Olivier, le peu de retentissement qu'a obtenu mon nom , est encore renfermé dans un cercle bien étroit, cependant c'est un bonheur pour moi , je ne le nie pas , de voir la population se porter avec quelque empressement autour de ma chaire , parce que je pense avoir bien des choses à lui dire.
Olivier se tut accablé de tristesse, le prêtre continua :
— Sans doute, la croix n'est plus facile à porter en bannière , comme au temps où couronnée de rayons célestes, elle conduisait les hommes dans leur route. Elle n'est plus légère comme aux temps où dans la main de nos abbés parfumés, elle ouvrait la porte des salons et des boudoirs. Elle est lourde et bat-
312 l'homme et le pu être.
tue de vents divers, qu'il y a quelque mérite à essayer de la soutenir.
Victorien avait été obligé de dire quelques paroles de raison, mais il eut hâte de quitter ces choses, sentant qu'à cette heure, et devant le prêtre qui n'avait pu porterie poids du sacerdoce, la raison était cruelle. Laissant de côté avec joie tout ce qui était de réflexion sévère, il regarda son ami de tout le charme de ses yeux célestes.
Olivier pencha la tête sur la poitrine de Victorien, et laissa tomber des larmes.
— Oh ! si j'avais aperçu la prêtrise sous cette face, dit-il, si elle m'était apparue une seule fois, comme l'objet d'un généreux sacrifice; s'il m'eût été donné de dire seulement
une messe avec espérance Mais que pou-
vais-je attendre d'un humble diacre comme moi^ quand les premières puissances de l'église n'osent rien essayer pour la relever de ses ruines ; quand ces chefs semblent , au contraire , chercher h éterniser son iuîpuissance,
en réduisant au niùnio néant où ils sonteuxnkcnies , toute cette jeune génération de Lévites qui marchent sous leurs lois.
Victorien , dit en souriant un peu :
— Dieu est un supérieur 8i grand , qu'en sa faveur on peut i)ardonner aux autres.
— Les enseigneniens de la lettre sont désormais insufilsans; les écritures n'ont plus la clé des esprits; le bréviaire ne peut plus èlre notre pain de chaque jour.
— Aucune parole ne peut servir d^expression à rame du prêtre; mais ce que la pensée religieuse a perdue de fleur de sainteté en tombant dans des mots vulgaires , que la sainteté le lui rende. Un livre nous apportela nourriture intellectuelle dan.s notre isolément, comme un oiseau apportait à manger au [)auvre ermite; quoiqu'il n'y ait que quelques grains de la bonne semence , recevons-les dans le désert.
— Et puis, quand j'aurais été riche des trésors de la foi, dit encore en réiléchissanl OU-
514 l'homme et le pkétue.
vier , comment les répandre chez les hommes d'aujourd'hui ; une mission chez ces sauvages en religion serait plus didiciie et plus rude que chez les Eskimaux et les ours du Labrador.
— Parce que vous, prêîres, leurs instiîuleurs , vous ne leur parlez pas la langue qu'ils comprennent. Lorsqu'à la Pentecôte, l'Esprit Saint est descendu en langue de i'eu sur chacun des apôtres , et leur a donné l'intuition des idiomes étrangers , lorsqu'il les a fait parler mède, parthe, éîamite, enfin qu'en tous lieux où ils iraient prêcher, ils pussent prendre la parole du pays, n'était-ce pas leur dire aussi , qu'arrivés au fond des siècles, ils devaient parler à ces hommes de lointaine époque l'idiome de leur temps et de leurs mœurs? soyez donc aujourd'hui , non le prêtre du passé imposé violemment au présent , mais l'homme du présent, fait prêtre, sanctifié, épuré dans son esprit, mais non changé.
— Eh ! qu'importe, si la foule le repousse. —Oh ! il sert la foi chrétienne , el celle-ci a un
l'homme et le pui^Tni?. 315
g.'igctrop certain ([ueles hommes ne se retireront jamais d'elle entièrement : elle est la reUgion des malheureux. Quei'homme joue , qu'il se réjouisse un moment, au sein des princi[)C»s faciles, des doctrines voluptueuses, à la première douleur, il reviendra à elle, car dans le monde où il s'ébattait, il n*y aura pas d*abri pour lui, il reviendra à elle, comme Tenfant qui, dans ses jeux, oublie, repousse sa mère, mais qui, à la première blessure, revient pleurant lui montrer la place qui saigne...
— Oh! mon ami , s'écria Olivier, j*ai donc été bien coupable !
— Non, répondit Victorien, tuas suivi la pente du siècle ; sans doute ton âme tendre et sympathyque jusqu'à l'exaltation , n'avait pas reçu la force de résistance qu'il faut pour rompre le courant des choses , et l'élan nécessaire à une hardie et dangereuse initiative.
Olivier se recueillit un instant dans le triste souvenir de son passé, et dit rêveusement :
— Pour moi, il imjiorte pou qu'à cette heure
ôJ6 l'homme et le prêtre.
je finisse , satisfait de mes jours , où brisé et plein, de remords; une douleur de plus ne compte pas sur la terre. Mais elle! grand Dieu! elle! qu'avait-elle fait pour qu'un être maudit se trouva sur son chemin , et vint détruire sa fraîche destinée, la plus pure , la plus belle que le ciel ait jamais créé en souriant.
Ce retour au sujet direct qui appelait Olivier auprès du saint consolateur, ouvrit la voix à répanchement qui devait s'établir entr'eux. Victorien avait lu dans la matinée , le journal du jeune prêtre que nous venons de rapporter. Ils restèrent plongés dans les minutieuses confidences qui tombaient une h une avec les minutes paisibles de la nuit , et le jour les surprit dans ces doux soulagemens de la douleur.
JkmJimt^ •
Ce illariaige et U Êiacrrî»aix
N'aioious pas sur la terre, car Vamonr est un angr, Qui perd sa beauteloiu du cii-l.
Ciin iquc de Salomon.
Au malin , Olivier partagea le déjeuner do son ami. Le café réparateur des forces de TCwS- ])rit aulaut que de celles du corps, fut pris sur la table de travail , oii les saints livres, les ser-