CN COUP DE FAULX
qu'elle ne pouvait être unie à Thomme qu'elle aimait , sans connaître encore l'obstacle qui la séparait de lui , elle avait formé le projet de prendre le voile dans un couvent, et avait même prononcé mentalement des vœux qui la liaient à la profession religieuse. Elle pensa que maintenant, brisée, anéantie, elle n'avait plus rien à attendre de mieux que le repos dans ce sanctuaire. Elle en avait terminé brusquement avec toutes les magnificences des rêves du jeune âge, et, dans toutes les corbeilles de la vie où elle avait voulu puiser à pleines mains, elle ne prenait plus maintenant qu'un pain de pénitence et un voile de bure. Elle résolut d'entrer dans le cloître. Sans doute il eut été plus généreux et plus digne de vivre pour son père , de cacher ses remords sous une apparente sérénité, de s'imposer la feinte cruellepour punition , de porter des fleurs et des rubans comme si on pouvait encore mener son cœur à une fête , d'avoir encore l'air de sourire h la vie, quand on n'espérait plus en l'amour, d'en-