‹ L'abbé Rive et ses manuscritsChapitre 3 sur 8 · L.-F. Jauffret, au prefet du Yar · texte numérisé non relu

L.-F. Jauffret, au prefet du Yar

Marseille, 4 avril 1 833 .

Je ne m’étonne plus maintenant que vous preniez un intérêt d’affection à la bibliothèque de Marseille, et que l’idée vous soit venue de tâcher de lui ménager l’acquisition des manuscrits de l’abbé Rive. Dès que M. Floret , ancien magistrat , aujourd’hui notaire , a l’avantage d’être de votre famille, vous êtes en quelque sorte Marseillais vous-même ; et j’en suis d’autant plus flatté que l’académie de Marseille, dont je tiens la plume depuis longtemps , s’honore d’avoir compté autrefois parmi ses membres un de vos parents sans doute, Jacques Floret, qui n’entra dans la compagnie qu’après avoir été couronné plusieurs fois par elle dans ses solennités annuelles consacrées aux lettres...

Si les manuscrits de l’abbé Rive s’étaient trouvés déposés au chef-lieu du département dont le roi vous a confié l’administration , j’aurais peut-être demandé à M. le maire de Marseille la permission d’aller les reconnaître sur les lieux, et j’aurais profité de cette occasion pour aller saluer le préfet d’un département où je suis né.

Dès que j’aurai reçu de vous, Monsieur le Préfet, les renseignements ultérieurs que vous voulez bien m’annoncer relativement aux manuscrits, j’en rendrai compte au digne maire de Marseille, et j’aurai l’honneur de vous faire part de la réponse qu’il m’aura faite. Il n’y aurait que l’exagération du prix demandé qui pourrait éloigner l’espoir de la réussite de cette affaire ; si le mérite des manuscrits répond à l’idée avantageuse que j’aime à en concevoir, et que cette acquisition ne soit pas trop onéreuse à la ville, je me plais à croire que l’administration locale ne refusera pas l’occasion de donner un lustre de plus à la bibliothèque de Marseille.

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